Sécurité

Le Liban renforce le contrôle de ses frontières alors que les sanctions entrent en vigueur

Nohad Topalian à Beyrouth

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Des soldats libanais ferment les passages illégaux avec la Syrie dans la région d’al-Mushrif, dans la chaîne de montagnes au nord-est du pays. [Photo fournie par la Direction de l’orientation du commandement de l’armée libanaise]

L’armée libanaise a intensifié les mesures de contrôle aux frontières et les efforts pour fermer les passages illégaux avec la Syrie pour s’aligner sur le Caesar Act, qui est désormais en vigueur et impose des sanctions à ceux qui traitent avec le régime syrien.

En plus de pénaliser les entreprises du monde entier qui traitent avec le régime syrien, ces sanctions bloquent l’aide américaine à la reconstruction jusqu’à ce que les auteurs des exactions dans la guerre en Syrie soient traduits en justice.

L’armée a fermé plusieurs passages illicites, dont celui utilisé par les contrebandiers à Qanafez, dans Hermel, a déclaré le 6 juin la Direction de l’orientation de l’armée.

Ce point de passage a été bloqué par un talus de terre de 60 mètres, et deux autres points de passage de la région de Hermel-Bekaa ont été bloqués de la même manière le 18 juin.

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Des soldats libanais ferment un poste-frontière illicite à Hermel en juin dans le cadre de l’intensification des efforts pour mettre fin aux opérations de contrebande vers la Syrie. [Photo fournie par la Direction de l’orientation du commandement de l’armée libanaise]

« Le processus de contrôle des frontières et de fermeture des passages illégaux sur toute la longueur de la frontière avec la Syrie se poursuit », a fait savoir à Al-Mashareq une source du commandement de l’armée.

Les nouvelles mesures mises en place « comprennent la confiscation des véhicules et la saisie des marchandises de contrebande par décret gouvernemental », a-t-il rapporté, contrairement au passé, lorsque l’armée se contentait de saisir les marchandises et de laisser le camion.

Cela a permis une baisse significative des opérations de contrebande, a-t-il ajouté.

« Malgré le terrain difficile de la chaîne de montagnes orientale, l’armée a pu mettre en place des positions stratégiques équipées de tours d’observation », a indiqué la source, notant que celles-ci lui permettent de contrôler les frontières et d’endiguer la contrebande.

En raison de cette topologie, le contrôle de la frontière nord à Hermel « reste relativement difficile », a-t-il déclaré.

« Il en va de même pour une section de 35 km de la frontière où la contrebande a lieu, car les territoires syrien et libanais s’imbriquent », a-t-il ajouté, soulignant que certains Libanais possèdent des terres des deux côtés de la frontière.

Contrôle renforcé des frontières

L’armée a resserré son emprise sur la frontière, avec un soutien international, suite à l'aboutissement de l’opération Fajr al-Jurud (Aube d’al-Jurud) en août 2017, a déclaré la source.

Il a noté que l’une des principales missions de l’armée consiste à « se déployer sur la frontière et la défendre », ce qu’elle a fait, bien qu’elle ait besoin d’équipements logistiques supplémentaires pour contrôler les frontières du nord.

Il a également souligné la nécessité de combiner l’effort de contrôle des frontières avec « des peines sévères contre les contrebandiers », ajoutant que le Conseil suprême de la défense avait parlé de l’augmentation des peines qui leur sont imposées.

Les nouvelles mesures mises en œuvre par l’armée libanaise « viennent compléter les mesures précédentes prises par le commandement militaire », a déclaré le général de brigade Maroun Hitti, ancien conseiller de l’ancien Premier ministre Saad al-Hariri pour les affaires de défense et de sécurité.

Tout ce qui se passe aux frontières est surveillé et filmé, a-t-il fait savoir à Al-Mashareq, précisant que sans les régiments frontaliers terrestres, renforcés par les investissements américains et britanniques, il serait impossible de contrôler la frontière.

« Un projet est en cours pour améliorer et moderniser les capacités de surveillance, de suivi et de contrôle de l’armée », a-t-il poursuivi.

Passages gérés par le Hezbollah

Le contrôle des frontières est devenu une question urgente, surtout avec les nouvelles sanctions, a-t-il déclaré, notant que les régiments frontaliers terrestres ont la situation en main, à l’exception de deux points de passage gérés par le Hezbollah.

« Le premier est à Hawsh al-Sayyed Ali, entre la localité libanaise d’al-Qasr et la bourgade syrienne d’al-Qusayr, et le second est le passage Sarghaya-Nabi Sheath, utilisé pour la contrebande de carburant vers la Syrie », a-t-il fait savoir.

« Le Caesar Act pourrait mettre un terme à la contrebande, à condition qu’un décret soit pris par le président de la République ordonnant la fermeture de ces passages. »

L’armée libanaise « prend très au sérieux la question du contrôle des frontières, surtout compte tenu du Caesar Act »,a déclaré Michel Nasr, qui couvre les questions de sécurité

« L’armée accorde la plus grande importance au contrôle des frontières et à la fermeture des passages illégaux depuis les combats sur la chaîne de montagnes orientale », a-t-il déclaré à Al-Mashareq, bien que le contrôle de certains points de passage par le Hezbollah reste un problème.

De plus, a-t-il ajouté, certains points de passage illicites sont difficiles à fermer en raison de la topographie difficile et du nombre limité de soldats.

« Le contrôle de la frontière et des passages illicites nécessite d’énormes ressources en équipements et technologies que l’armée ne possède pas », a-t-il conclu.

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