Sécurité

Une étude montre que les plans de l'Iran au Yémen sont compromis après la mort de Soleimani

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des combattants houthis récemment recrutés scandent des slogans à bord d'un véhicule militaire lors d'un rassemblement le 3 janvier 2017 à Sanaa, la capitale du pays, pour mobiliser davantage de combattants sur les champs de bataille contre les forces progouvernementales dans plusieurs villes du Yémen. [Mohammed Huwais/AFP]

Une étude récente a révélé que le dernier acte au Yémen de Qassem Soleimani, commandant de la Force al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (FQ-CGRI), a été de superviser la livraison d'un système de défense aérienne aux Houthis (Ansarallah).

Une étude du Centre Abaad d'études et de recherches publiée le 16 janvier examine l'influence de l'Iran au Yémen après la mort de Soleimani et indique que les plans de la République islamique pour le Yémen sont désormais compromis.

Soleimani a été tué lors d'une frappe aérienne américaine le 3 janvier à Bagdad. Sa mort représente « un tournant majeur » pour la sécurité du Yémen et du Golfe, a indiqué l'étude, prévoyant que l'Iran cherchera à accroître son influence au Yémen afin de renforcer ses lignes de front.

Le nouveau commandant de la force al-Qods, Esmail Qaani, a déjà montré un vif intérêt pour le Yémen, tout comme son prédécesseur, a précisé l'étude.

L'Unité 190 de la Force al-Qods, dont la mission est de faire passer illégalement des armes aux Houthis, était sous la supervision directe de Soleimani et de Qaani, a fait savoir l'étude.

Cependant, « les plans de l'Iran au Yémen sont désormais perturbés parce que l'Arabie saoudite a réussi à persuader certains dirigeants houthis de reconsidérer leur alliance avec l'Iran », a-t-elle indiqué.

Certains dirigeants houthis, en particulier ceux issus de familles hachémites, ont reconsidéré leur alliance avec l'Iran, a rapporté Abdoul Salam Mohammed, directeur du centre Abaad.

Cela a déclenché des représailles de la part de la milice, qui a récemment souffert de conflits internes, a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

Changements après la mort de Soleimani

L'étude a révélé que la milice houthie est devenue une partie essentielle de la perspective régionale du CGRI, et que « l'organisation, l'armement, l'entraînement et le financement du groupe proviennent de l'Iran », a ajouté Mohammed.

On s'attend à ce que Qaani suive la même stratégie agressive au Yémen que Soleimani, car il considère le Yémen comme « une bataille à faible coût pour l'Iran », a-t-il poursuivi.

« Après Soleimani, l'Iran va essayer de faire du Yémen un front avancé pour se préparer à toute escalade avec les États-Unis », a déclaré Mohammed.

« La proximité du Yémen avec des zones stratégiques de la région du Golfe, en particulier l'Arabie Saoudite, ainsi que l'accès du pays à Bab-el-Mandeb permettent à l'Iran de menacer les couloirs commerciaux internationaux [par le biais des Houthis] s'il décide de fermer le détroit d'Ormuz, » a-t-il déclaré.

Il a fait savoir que les Houthis pourraient tenter d'aggraver les tensions non seulement en représailles à la mort de Soleimani, mais aussi pour se donner plus de poids dans les futures négociations de paix avec le gouvernement yéménite et la coalition dirigée par l'Arabie saoudite.

« L'escalade des tensions par les Houthis ont déjà allumé la mèche de la guerre avec le tir d'un missile contre un camp à Marib, qui a tué [116 personnes] et en a blessé des dizaines d'autres », a-t-il rapporté.

La milice soutenue par l'Iran a également repris les combats à al-Dhale au sud, et à Nahm et Sirwah, près de la province de Marib, à l'est de Sanaa.

Et le 22 janvier, un missile houthi a frappé le domicile du député yéménite Mossad Hussein al-Sawadi à Marib, tuant sa belle-fille et sa petite-fille de 16 ans.

Pour le politologue Faisal Ahmed, ces attaques visent à « attirer l'attention sur le fait que les intermédiaires de l'Iran dans la région, et les Houthis en particulier, possèdent toujours des capacités de missiles qui leur permettent de mener des attaques ».

Cependant, Ahmed a dit être sceptique quant à l'avenir des Houthis, soulignant que « la période post-Soleimani apportera des changements » pour les Houthis.

Technologie de défense aérienne

« L'Iran construit des stations de défense aérienne dans les zones contrôlées par les Houthis, dont cinq stations de brouillage », a rapporté le colonel et expert militaire Yahya Abou Hatem, à Al-Mashareq.

Une utilisation efficace du système de défense aérienne par les Houthis neutraliserait la puissance aérienne dans la bataille pour reprendre le Yémen à la milice et changerait l'issue de la guerre en faveur de l'Iran, a-t-il déclaré.

La coalition arabe et l'armée nationale du Yémen doivent continuer à travailler pour empêcher les Houthis d'utiliser de tels systèmes, a conseillé Abou Hatem.

Faisal Ahmed a expliqué que l'Iran était en train de transférer la technologie de défense aérienne aux Houthis, notant que « l'une des tâches du commandant militaire iranien Abdoul Reza Shahlai au Yémen est de superviser la mise en place et l'installation du système de défense aérienne ».

Si l'Iran réussit, a-t-il poursuivi, « cela renforcera son emprise militaire et constituera une plus grande menace pour la sécurité de la région et la stabilité de la navigation internationale ».

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