Terrorisme

L'attaque sanglante des Houthis à Marib suscite l'indignation

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden et AFP

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Des membres de la police militaire des Houthis, soutenus par l'Iran, défilent dans les rues de la capitale, Sanaa, le 8 janvier pendant la semaine des « Martyrs ». Les Houthis ont attaqué un camp militaire à Marib le 18 janvier, tuant plus de 100 soldats. [Mohammed Huwais/AFP]

Les Yéménites ont fermement condamné une attaque des Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran qui a tué plus de 100 soldats yéménites samedi 18 janvier.

La mosquée d'un camp militaire de la province de Marib a été touchée par un missile et la frappe d'un drone pendant les prières du soir, tuant 116 personnes et en blessant plus de 60 autres, selon des sources militaires et médicales.

Le camp d'entraînement militaire d'al-Istiqbal et le camp proche d'al-Nasr ont été visés par l'attaque, qui a été largement imputée aux Houthis, bien que la milice ne l'ait pas immédiatement revendiquée.

Sur la longue liste de victimes à Marib, cette attaque est l'une des plus meurtrières depuis que le conflit au Yémen a éclaté en 2014.

La chaîne de télévision saoudienne Al-Hadath a diffusé une vidéo qui, selon elle, montrait les terribles conséquences de l'attaque.

On peut y voir des morceaux de corps sur le sol parmi les débris. Le sang s'est accumulé sur le tapis et a été projeté contre les murs.

Un porte-parole de l'armée a déclaré que des soldats et des civils faisaient partie des morts, et que les Houthis subiraient une riposte « impitoyable » à la frappe.

Le président yéménite Abdrabbo Mansour Hadi a dénoncé une attaque « lâche et terroriste » de la mosquée, ont rapporté les médias locaux.

Cette attaque confirme que les Houthis « n'ont aucun désir de paix, car ils ne sont doués que pour la mort et la destruction, et sont un outil bon marché au service des ambitions de l'Iran dans la région », a-t-il déclaré.

« Nous condamnons fermement l'attaque terroriste contre une mosquée par les milices houthies », a déclaré le ministère yéménite des Affaires étrangères sur les réseaux sociaux.

Les Houthis sont sous pression

Dans un communiqué, le ministère de la Défense yéménite a décrit l'attaque comme « une tentative houthie pour se venger » de la mise à mort de Qassem Soleimani, commandant de la Force al-Qod du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) à Bagdad le 3 janvier.

Les intermédiaires de l'Iran en Irak et au Liban souffrent des manifestations nationales, a expliqué l'analyste politique Faisal Ahmed à Al-Mashareq, notant que cette attaque des Houthis « semble être une réponse à la mort de Soleimani ».

Le régime iranien veut montrer que ses intermédiaires régionaux « sont capables de mener des opérations de haut niveau contre des parties hostiles à l'Iran », a-t-il déclaré.

« La réponse de l'armée [yéménite] sera dure sur le champ de bataille », a déclaré le général de brigade Abdo Abdoullah Majali, porte-parole de l'armée yéménite.

« L'attaque a été menée en réponse à la mise à mort et aux blessures de dizaines de Houthis sur le front de Nahm, où les combats sont entrés dans leur cinquième journée », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Cette frappe de drones et de missiles est survenue un jour après que les forces gouvernementales soutenues par la coalition ont lancé une opération de grande envergure contre les Houthis dans la région de Nahm, au nord-est de Sanaa.

Lundi, 80 Houthis avaient été tués et 100 autres capturés lors d'affrontements avec l'armée yéménite alors qu'elle poursuit sa progression pour libérer la région, selon les médias.

Une attaque qui défie les principes humanitaires et islamiques

Cette attaque prouve que les Houthis « ne sont pas différents des autres groupes terroristes qui ciblent les fidèles dans les mosquées », a déclaré Majali.

« Les Houthis poursuivent leurs pratiques terroristes, en ciblant les soldats dans les camps lors de défilés ou de sessions d'entraînement, et en ciblant les civils avec des missiles et des mines terrestres et marines », a-t-il déclaré.

Le ministre des Dotations et de l'Orientation, Ahmed Attiyah, a également condamné le « crime terroriste » contre les soldats yéménites, exhortant les érudits religieux à « révéler au grand jour le programme des Houthis soutenus par l'Iran ».

Les Houthis ont « fait sauter des mosquées et les ont transformées en entrepôts de nourriture et d'armes et en zones de consommation de khat », a-t-il rapporté à Al-Mashareq.

Cette attaque est « un crime terroriste qui va à l'encontre de toutes les valeurs et principes islamiques et humanitaires », a affirmé le ministre de l'Information Mouammar al-Eryani à Al-Mashareq.

Dans le même temps, le directeur du Centre Abaad d'études stratégiques, Abdoul Salam Mohammed, a déclaré que l'armée nationale du Yémen a perdu plus de soldats lors des attaques de missiles des Houthis contre les camps que sur les champs de bataille contre la milice.

Les Houthis ont « profité de l'Accord [de Stockholm] et de l'arrêt des opérations de libération d'al-Hodeidah pour se regrouper et déployer leurs loyalistes et leurs éléments sur d'autres fronts », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Condamnation régionale et internationale

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, acteurs clés de la coalition arabe qui combat les Houthis au Yémen, ont condamné lundi l'attaque de la milice contre le camp militaire.

« L'Arabie saoudite condamne fermement l'attaque terroriste menée par la milice houthie », a annoncé le ministère des Affaires étrangères du royaume dans un communiqué.

Cette agression « reflète le mépris de cette milice terroriste pour les lieux sacrés et [...] pour le sang yéménite », a-t-il précisé.

Les Émirats arabes unis ont également condamné une attaque « criminelle », déclarant qu'ils « rejettent toutes les formes de violence qui visent la sécurité et la stabilité ».

L'Égypte, le Koweït, Bahreïn et la Ligue arabe ont également fermement condamné l'attaque.

L'envoyé des Nations unies Martin Griffiths a dénoncé l'attaque et ce qu'il a qualifié d'escalade des activités militaires dans trois provinces « où des frappes aériennes, des missiles et des attaques sur le terrain auraient eu lieu ».

« J'ai déjà dit que les avancées durement gagnées par le Yémen en matière de désescalade sont très fragiles. De telles actions peuvent faire dérailler cette progression », a-t-il déclaré.

Pour Peter Stano, porte-parole de la politique étrangère de l'Union européenne, « toutes les parties doivent faire preuve de retenue et s'engager de manière constructive avec l'envoyé spécial des Nations unies pour mettre fin au conflit ».

« L'UE continuera de soutenir les Nations unies pour y parvenir avec tous les outils à sa disposition », a-t-il conclu.

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1 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire

Qu'ils s'entretuent pour en terminer.

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