Sécurité

La coalition arabe s'attaque au nouveau système de défense aérienne des Houthis

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Les forces progouvernementales yéménites dans la banlieue est d'al-Hodeidah le 14 novembre 2018. [Saleh al-Obeidi/AFP]

La coalition arabe s'attaque à un système de défense anti-missiles sol-air récemment révélé par les Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran, ont fait savoir des responsables de la coalition et du Yémen.

La supervision du développement du nouveau système de défense aérienne des Houthis aura été l'une des dernières activités menées par Qassem Soleimani, commandant de la Force al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique avant sa mort le 3 janvier.

Les Houthis ont confirmé le nouveau système de défense aérienne le 23 février, environ une semaine après avoir attaqué un avion de la coalition arabe dans la province d'al-Jawf.

Ce système comprend quatre systèmes de défense antimissile sol-air : Thaqib 1, Thaqib 2, Thaqib 3 et Fitr 1, selon un organe de presse affilié aux Houthis.

Le porte-parole militaire des Houthis Yahya Saree a décrit le tir contre le Tornado de l'Armée de l'air royale saoudienne comme « le test d'un missile du système de défense aérienne ».

« Cette année sera l'année de la défense aérienne », s'est-il vanté.

La coalition arabe a déclaré que les agissements des Houthis « enfreignaient le droit humanitaire international ».

L'avion s'est « écrasé » lors d'une opération de soutien aux forces yéménites, a rapporté la coalition dans un communiqué du 15 février diffusé par Saudi Press Agency (SPA).

Les deux officiers de l'avion se sont éjectés de l'appareil avant qu'il ne s'écrase, mais les Houthis ont alors ouvert le feu sur eux, a précisé la déclaration.

« Le commandement des forces conjointes de la coalition tient la milice terroriste houthie pour responsable de la vie et du bien-être de l'équipage du Tornado en vertu du droit humanitaire international », a-t-il déclaré.

Destruction de cibles militaires

La coalition arabe et ses partenaires internationaux intensifient leurs actions visant à réduire la capacité militaire des Houthis à la lumière de la contrebande d'armes de l'Iran vers la milice.

Le 23 février, la coalition a ainsi lancé des frappes aériennes visant des cibles militaires houthies à Sanaa, a rapporté la SPA.

Parmi ces cibles se trouvaient une usine d'assemblage de missiles balistiques et de drones de fabrication iranienne, ainsi que des zones de stockage et de lancement d'armes dans le district de Faj Attan, le camp d'al-Amad dans la région de Sinhan (au sud de Sanaa), et la montagne d'al-Nahdain.

Les Houthis utilisaient ces zones pour assembler, stocker et tirer des missiles balistiques et des drones « pour cibler délibérément les villes et les civils », a déclaré le colonel Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition.

Le commandement des forces conjointes « a pris toutes les mesures préventives et les précautions nécessaires pour protéger les civils », a-t-il fait savoir, notant que la coalition arabe répondra à toutes les menaces et demandera des comptes aux coupables.

Le même jour, les forces navales de la coalition arabe ont déjoué une tentative d'attaque des Houthis, détruisant un bateau chargé d'explosifs dans le sud de la mer Rouge.

Et le 20 février, la coalition a intercepté des missiles tirés par les Houthis depuis le Yémen visant des villes d'Arabie Saoudite.

Un système lié à Soleimani

La mort de Soleimani a été « un tournant majeur » pour la sécurité au Yémen et dans le Golfe, selon le Centre Abaad d'études et de recherches de Sanaa.

L'abattage de l'avion de chasse Tornado confirme que « la dernière mission de Soleimani au Yémen était de superviser la livraison d'un système de défense aérienne aux Houthis », a affirmé Abdousalam Mohammed, directeur du centre Abaad, à Al-Mashareq.

L'affirmation des Houthis selon laquelle 2020 sera « l'année de la défense aérienne », a-t-il poursuivi, est « basée sur les capacités que l'Iran leur a fournies pour cela ».

Cela comprend le transport illégal de pièces jusqu'au Yémen, le développement et l'assemblage du système de missiles, et la formation des éléments houthis à son l'utilisation, a-t-il précisé.

Les Houthis ont profité de l'accalmie des combats suite aux négociations de paix sous l'égide des Nations unies et des frictions entre le gouvernement yéménite et les séparatistes du sud « pour réorganiser leurs priorités militaires », a-t-il déclaré.

Ils se sont lancés dans le recrutement, l'entraînement et l'armement, a-t-il indiqué.

« L'une des priorités majeures était le développement de systèmes d'armes sans pilote, comme les drones aériens et les bateaux télécommandés, ainsi que les missiles », a déclaré Mohammed.

« Les Houthis ont réussi à faire entrer clandestinement un système de missiles capable d'abattre les avions de la coalition, ce qu'une étude d'Abaad a révélé un mois avant que l'avion militaire saoudien ne soit abattu », a-t-il indiqué.

« Ils ont également pu se procurer en contrebande des missiles antichars guidés et des missiles balistiques et à moyenne portée, comme l'ont révélé les forces américaines », a-t-il déclaré.

Les Houths sont « un outil de l'Iran »

Donner ce système aux Houthis était un objectif stratégique pour l'Iran « afin d'équilibrer les forces entre la coalition et les Houthis », a expliqué Mohammed.

Cela illustre que « l'Iran fait tout ce qu'il peut pour aggraver [le conflit] contre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis par l'intermédiaire des Houthis au Yémen », a-t-il ajouté.

La livraison aux Houthis de ces armes qui changent la donne montre que ce groupe « est devenu un outil que l'Iran utilise à ses propres fins dans sa tentative d'étendre son influence dans la région », a-t-il déclaré.

L'Iran a notamment intérêt à mettre fin au blocus économique qui lui est imposé et à reprendre ses exportations de pétrole, a-t-il noté.

« Les conseillers militaires iraniens et du Hezbollah dirigent les opérations militaires des Houthis au Yémen », a déclaré l'analyste politique Faisal Ahmed à Al-Mashareq.

Parmi eux se trouve « Abdoul Reza Shahlai, qui a supervisé l'installation de cinq stations de surveillance aérienne dans les provinces de Sanaa, Saada et Amran », a-t-il fait savoir.

Le rôle de Shahlai « était de nature technique, et comprenait la formation sur la mise en place du système de défense aérienne et la supervision de la formation des éléments houthis ainsi que l'assemblage et le développement des pièces de missiles », a-t-il déclaré.

Le but ultime était de « cibler des installations en territoire saoudien », a-t-il conclu.

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2 COMMENTAIRE (S)
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Les membres des Frères musulmans à al-Islah ont quitté le nord pour les Houthis et ont commencé à se battre dans le sud à cause du pétrole. Tant que les membres des Frères musulmans seront au pouvoir, tout le Yémen sera remis aux Houthis soutenus par l'Iran.

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Qu'ils cessent leur agression contre nous et leurs frappes aériennes et le meurtre de nos enfants et de nos femmes, et après cela, si une balle est tirée sur le méchant voisin de l'Arabie saoudite, nous serons alors des agents de l'Iran. Mais pour que vous me tuer et détruire mon pays jour et nuit et m'attendre à ce que je ne me défende pas, c'est de la naïveté.

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