Sécurité

Les exercices maritimes des États-Unis et de l'Arabie saoudite renforcent la sécurité du Golfe

Sultan al-Barei à Riyad

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Des navires militaires saoudiens assurent la sécurité d'un navire de commerce dans les eaux du Golfe. [Photo fournie par la Saudi Press Agency]

Les exercices conjoints qui se déroulent entre la marine royale saoudienne et la marine américaine arrivent à un moment crucial pour la sécurité maritime dans le golfe Persique, dans un contexte de tensions dans la région et de la menace permanente du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien, déclarent des analystes militaires.

Ces manœuvres, baptisées « Marine Defender », visent à renforcer la sécurité dans le Golfe et à atteindre le plus haut niveau de coordination directe entre les deux puissances navales pour être prêtes à répondre à toute urgence.

L'exercice de deux semaines a débuté lundi 24 février dans la base navale du roi Abdoulaziz à al-Jubail, dans la province de l'Est.

Les forces seront entraînées à affronter divers scénarios en utilisant des munitions réelles. Les forces aériennes et terrestres participeront également à l'exercice.

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Des officiers de la marine royale saoudienne dans la salle des opérations d'un vaisseau de la marine saoudienne. [Photo fournie par la Saudi Press Agency]

Assurer la stabilité de la région

« Ces exercices ont pour but d'accroître l'état de préparation au combat de ces forces navales en arrivant à l'harmonie entre elles afin de garantir une réaction rapide à toute urgence qui pourrait survenir et menacer la sécurité maritime dans la région du Golfe », a déclaré le major général (retraité) et expert militaire saoudien Mansour al-Shehri à Al-Mashareq.

La coopération maritime « est une partie essentielle de la coopération militaire » entre les États-Unis et l'Arabie saoudite, qui vise à assurer la stabilité et la sécurité de la région et à contrer toute menace qui pèse sur elle, a-t-il affirmé.

« Il n'est pas possible de parvenir à une coordination militaire complète sans renforcer la coordination navale militaire, car la géographie de la région fait de sa zone maritime un point stratégique qui doit être protégé pour dissuader les menaces, en particulier du côté iranien », a-t-il poursuivi.

Ces menaces vont des bateaux rapides et des tentatives d'infiltration aux tentatives de contrebande d'armes ou de produits illicites, a indiqué al-Shehri.

La coopération militaire américano-saoudienne s'inscrit dans le cadre du « partenariat stratégique que les États-Unis ont établi avec les États du Golfe, sous la direction de l'Arabie saoudite, pour protéger leur sécurité et celle des voies maritimes », a-t-il déclaré.

Le 9 février, un navire de la marine américaine opérant dans le cadre d'un groupe de combat de surface basé au quartier général de la 5e flotte de la marine américaine à Bahreïn a saisi des armes de fabrication iranienne sur un boutre en mer d'Arabie.

Ce boutre se dirigeait vers le Yémen et il a été déterminé que les armes étaient destinées aux Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran, a fait savoir l'armée américaine.

Les systèmes d'armes saisis sont « identiques à une cargaison d'armes saisie en mer d'Arabie par un autre navire de la marine américaine le 25 novembre, a déclaré le commandement central américain (CENTCOM), qui gère les affaires militaires américaines au Moyen-Orient.

Tarissement des sources de financement du CGRI

Les exercices conjoints entre les marines américaine et saoudienne « sont essentiels », a affirmé Yahya Muhammad Ali, expert militaire et stratégique.

« Du point de vue militaire, ces entraînements, qui comprennent des manœuvres et des exercices, sont essentiels à la coordination conjointe et à son élévation au plus haut niveau, et à l'augmentation de la préparation au combat », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Une réponse rapide à toute urgence, avec l'implication de plusieurs forces, ne peut pas porter ses fruits sans exercices d'entraînement, a-t-il déclaré.

Les derniers exercices permettent une « flexibilité dans la mise en œuvre d'une action rapide en cas de passage d'une cargaison suspect dans ces eaux, qu'il s'agisse d'armes, de drogues ou de contrebande », a précisé Ali.

« Ils sont donc très utiles pour mettre un terme au soutien que reçoivent les affiliés du CGRI, en particulier le soutien financier », a-t-il déclaré.

« Ceci, bien sûr, s'inscrit dans le cadre des efforts entrepris par les États-Unis et l'Arabie saoudite pour tarir les sources de financement du CGRI et l'empêcher de fournir à ses affiliés des armes, des munitions et des missiles », a-t-il indiqué.

Amélioration de la sécurité maritime et de la stabilité économique

« Le CGRI et ses milices sont récemment allés trop loin avec leurs attaques contre des navires marchands et des sites commerciaux et pétroliers dans les États du Golfe, et la sécurité de cette zone maritime ne peut donc être assurée que par une force militaire dissuasive pouvant mettre fin à toutes ces actions folles de l'Iran », a déclaré le chercheur politique Abdoul Nabi Bakkar.

La sécurisation des eaux de la région du Golfe « est la préoccupation non seulement des États du Golfe, mais de tous les pays du monde », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Cette région « est l'une des zones stratégiques les plus importantes pour le commerce et l'approvisionnement en pétrole mondiaux », a-t-il expliqué.

« Toute perturbation du flux de la navigation commerciale perturberait le commerce mondial, provoquerait une flambée des prix du pétrole et des marchandises et entraînerait une hausse des assurances maritimes, et par conséquent une augmentation des prix des marchandises dans le monde entier », a-t-il conclu.

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