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Les États-Unis sont « prêts à agir » après les attaques contre les installations pétrolières saoudiennes

AFP

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Une photo prise le 15 septembre montre une installation pétrolière d'Aramco près d'al-Khurj, au sud de Riyad. L'Arabie saoudite s'est empressée de relancer les opérations dans les usines pétrolières touchées par les attaques de drones, alors que les États-Unis ont affirmé que l'Iran était derrière l'attaque. [Fayez Nureldine/AFP]

Le président Donald Trump a déclaré dimanche 15 septembre que les États-Unis sont « prêts à agir » pour répondre aux attaques contre les infrastructures pétrolières saoudiennes que Washington a imputées à l'Iran, ce qui a fait flamber les prix du pétrole.

C'est la première fois que le président fait allusion à une réponse militaire américaine potentielle aux attaques de drones, qui ont réduit de moitié la production pétrolière saoudienne et conduit le royaume et les États-Unis à annoncer qu'ils pourraient utiliser leurs réserves stratégiques.

« L'approvisionnement en pétrole de l'Arabie Saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, nous sommes prêts à agir dans l'attente des vérifications nécessaires, mais nous attendons des nouvelles du royaume quant à la cause de cette attaque et aux conditions dans lesquelles nous allons procéder ! », a écrit Trump sur Twitter.

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Cette capture d'écran d'une vidéo de l'AFPTV tournée le 14 septembre montre de la fumée s'échappant d'une installation pétrolière d'Aramco à Abqaiq, à environ 60 kilomètres au sud-ouest de Dhahran, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, après que des attaques de drone ont déclenché des incendies dans deux installations pétrolières de Saudi Aramco.

Lundi, la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite a affirmé que les armes utilisées pour attaquer deux usines pétrolières avaient été fournies par l'Iran.

« L'enquête se poursuit et tout indique que les armes utilisées dans les deux attentats proviennent d'Iran », a déclaré le porte-parole de la coalition, Turki al-Maliki, à des journalistes à Riyad, ajoutant qu'ils enquêtaient maintenant pour savoir « d'où elles ont été tirées ».

Les Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran au Yémen ont revendiqué les attaques de samedi contre les deux usines appartenant au géant énergétique public Aramco.

Mais le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a clairement pointé Téhéran, affirmant qu'il n'y avait aucune preuve que cette « attaque sans précédent contre l'approvisionnement énergétique mondial » avait été lancée depuis le Yémen.

« Les États-Unis vont travailler avec leurs partenaires et alliés pour s'assurer que les marchés de l'énergie restent bien approvisionnés et que l'Iran est tenu responsable de son agression », a fait savoir Pompeo.

Certaines spéculations laissent aussi penser que cette attaque avait pu être lancée depuis l'Irak, qui abrite plusieurs milices et factions paramilitaires soutenues par l'Iran.

Bagdad a nié dimanche tout lien avec les attaques, mais le Koweït a déclaré lundi qu'il enquêtait sur des informations indiquant qu'un drone aurait pénétré dans son espace aérien samedi.

Lundi, le Premier ministre Adel Abdoul Mahdi a déclaré à Pompeo que l'objectif de Bagdad était « d'interdire que le territoire irakien soit utilisé pour lancer des attaques contre tout pays voisin, frère ou ami ».

« La volonté et la capacité de répondre »

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a déclaré que le royaume a « la volonté et la capacité » de répondre à cette « agression terroriste ».

Suite à une conversation téléphonique entre Trump et le prince Mohammed, la Maison-Blanche a condamné les attaques contre des « infrastructures vitales pour l'économie mondiale ».

Les ministres des Affaires étrangères des 57 membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) ont condamné dimanche les attaques.

« Les ministres ont exprimé leur condamnation de cette attaque terroriste et ont salué les déclarations des organisations régionales et internationales qui ont rejeté cette agression visant à déstabiliser l'Arabie saoudite », a rapporté le secrétaire général de l'OCI, Yousef al-Othaimeen, dans une déclaration publiée par les médias publics saoudiens.

Les ministres ont également exprimé leur solidarité avec l'Arabie saoudite et leur soutien aux « mesures qu'elle a prises pour faire face au terrorisme et pour préserver sa sécurité et sa stabilité », a-t-il ajouté.

Une liste croissante de pays a publié des déclarations condamnant les attaques, certains pays et entités, dont l'UE, appelant à une « retenue maximale » suite à l'incident.

L'Arabie saoudite va rétablir la production

L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, devait rétablir lundi au moins un tiers de la production perdue, selon les experts et les rapports.

Les frappes de samedi contre la station de traitement d'Aramco à Abqaiq et le champ pétrolier de Khurais ont éliminé 5,7 millions de barils par jour (b/j), soit plus de la moitié de la production de ce pays majeur de l'OPEP, provoquant des ondes de choc sur les marchés.

Le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdoulaziz ben Salmane, a déclaré dimanche que le royaume utiliserait ses importants stocks pour compenser en partie la perte de production, et les États-Unis ont également autorisé la libération de leurs réserves.

Mais les prix du pétrole ont connu une flambée record lundi, des contrats clés augmentant de plus de 10 %, la mise en accusation de l'Iran ayant alimenté de nouvelles craintes géopolitiques.

Le bulletin spécialisé de l'intelligence énergétique a cité des sources de l'industrie affirmant qu'Aramco était « sur le point de rétablir jusqu'à 40 % » de la production perdue.

Le Wall Street Journal a cité des sources qui connaissent bien les estimations des dégâts comme ayant déclaré qu'il faudrait des semaines pour que les installations touchées retrouvent leur pleine capacité de production.

Toutefois, l'une de ses sources a déclaré au journal : « Nous devrions pouvoir rajouter deux millions de barils par jour » d'ici lundi.

Energy Aspects, un consultant du secteur, a également estimé que le pays était en mesure de restaurer près de la moitié de la production perdue dès lundi.

Un reportage de la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya a déclaré lundi qu'Aramco était prête à redémarrer l'usine de Khurais, qui produit 1,5 million de b/j.

L'Arabie saoudite pompe 9,9 millions de b/j, soit près de 10 % de la demande mondiale, dont sept millions sont destinés à l'exportation.

Le royaume dispose également d'une capacité de réserve d'environ deux millions de b/j qu'il peut utiliser en période de crise.

Les marchés resteront « bien approvisionnés »

Les prix du pétrole ont grimpé de 10 % lundi matin sur les matchés asiatiques, alors que l'Arabie Saoudite se concentrait sur le rétablissement de la production des usines.

Les explosions de samedi ont déclenché des incendies qui ont englouti l'usine d'Abqaiq, la plus grande station de traitement de pétrole au monde, et celle proche de Khurais, qui abrite un énorme champ pétrolier.

Aucune victime n'a été signalée, mais l'étendue des dégâts restait incertaine.

Samedi, le PDG d'Aramco, Amin Nasser, a déclaré que « les travaux sont en cours » pour rétablir la production, mais l'incident pourrait affecter la confiance des investisseurs avant l'arrivée en bourse d'Aramco.

Trump a déclaré sur Twitter qu'il avait « autorisé l'utilisation de pétrole de la réserve stratégique de pétrole, si nécessaire, dans une quantité à déterminer » qui est « suffisante pour maintenir les marchés bien approvisionnés ».

Le président a également « informé toutes les agences compétentes d'accélérer l'approbation des oléoducs actuellement en cours d'autorisation au Texas et dans divers autres États », sans nommer de projets spécifiques.

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