Diplomatie

Le Yémen souhaite que soit appliqué pleinement l’accord d’échange de prisonniers

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des membres des forces yéménites pro-gouvernementales emprisonnés par les Houthis font des signes lors d’un échange de prisonniers le 19 décembre 2019 à Taz, la troisième ville du Yémen. [Ahmad al-Basha/AFP]

Le gouvernement yéménite a confirmé mercredi 5 août son engagement à mettre pleinement en œuvre l’Accord d’Amman sur l’échange de prisonniers et de détenus avec les Houthis (Ansarallah) soutenus par l’Iran .

Cette confirmation intervient alors que les Houthis tentent d’appliquer l’accord par étapes plutôt que de s’engager à libérer le nombre total de prisonniers inclus dans la première étape.

L’Accord d’Amman prévoit la libération de 1420 personnes dans une première phase.

Mais les Houthis souhaitent diviser la première phase en deux parties, avec une première libération de 700 prisonniers des deux côtés, a indiqué jeudi le responsable houthi de la commission des affaires des prisonniers, Ahmed Abou Hamra.

Mardi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déclaré que le gouvernement yéménite et les Houthis étaient en pourparlers sur un accord d’échange de prisonniers « assez important », a rapporté l’AFP.

« Aujourd’hui, les deux camps parlent d’une libération de prisonniers assez importante, mais des accords doivent encore être trouvés sur les listes » et la mise en œuvre, a déclaré Franz Rauchenstein, dirigeant de la délégation du CICR au Yémen.

Il a ajouté que l’agence travaille en étroite collaboration avec les deux parties pour trouver un accord.

« Nous avons bon espoir d’aboutir d’ici quelques jours ou quelques semaines, et le CICR sera naturellement prêt pour une mise en œuvre sur le plan logistique », a déclaré Rauchenstein lors d’un entretien ce week-end.

« Mais il reste encore quelques points à finaliser », a-t-il poursuivi.

Les deux camps ont libéré des centaines de détenus fin 2019 et début 2020 dans le cadre d’échanges sporadiques.

Tout cela a été fait après que le gouvernement et les Houthis ont accepté d’échanger près de 15 000 détenus dans le cadre de l’Accord de Stockholm négocié en 2018 par les Nations unies en Suède.

Non-respect de la mise en œuvre

Les Houthis sont restés évasifs et ont fait traîner en longueur les négociations pour la mise en œuvre de l’Accord d’Amman, a déclaré à Al-Mashareq le vice-ministre des Droits de l’homme Nabil Abdoul Hafeez.

« Cela a une incidence sur les obligations des Houthis en vertu de l’Accord de Stockholm, qui demande la libération de tous les prisonniers par les deux parties », a-t-il déclaré.

Les agissements des Houthis ont également un impact sur l’Accord d’Amman, qui prévoit la libération initiale de 1420 prisonniers par les deux camps, dont l’un des quatre prisonniers désigné nommément dans une résolution du Conseil de sécurité, a-t-il ajouté.

« Comme à leur habitude, les Houthis tentent de contourner l’application des accords à moins qu’ils ne soient en leur faveur », a indiqué Abdoul Hafeez.

Le CICR tente de jouer un rôle de médiateur dans le conflit, a-t-il déclaré, mais le gouvernement souligne la nécessité de mettre en œuvre intégralement la première phase, suivie de l’échange de tous les prisonniers.

Les Houthis obéissent aux ordres du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) d’Iran, a-t-il affirmé, « ce qui ne débouchera pas sur une paix réelle ».

De l’avis du politologue Faisal Ahmed, les Houthis tentent de diviser la première phase de l’accord d’échange de prisonniers pour éviter la libération de l’un des quatre prisonniers cités dans la résolution du Conseil de sécurité.

Il a identifié le prisonnier comme étant le général de brigade Nasser Mansour, le frère du président Abdrabbo Mansour Hadi.

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