Politique

Le Yémen salue l'échange de prisonniers et demande aux Houthis de s'y conformer

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden et AFP

Hadi Haig (au centre), responsable gouvernemental yéménite du comité d'échange de prisonniers, assiste à une réunion pour discuter d'un accord d'échange de prisonniers entre le gouvernement yéménite et les Houthis le 17 janvier 2019 à Amman. [Khalil Mazraawi/AFP]

Hadi Haig (au centre), responsable gouvernemental yéménite du comité d'échange de prisonniers, assiste à une réunion pour discuter d'un accord d'échange de prisonniers entre le gouvernement yéménite et les Houthis le 17 janvier 2019 à Amman. [Khalil Mazraawi/AFP]

Mardi 18 février, des représentants du gouvernement yéménite ont salué un accord d'échange de prisonniers à grande échelle conclu avec les Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran, lors d'une réunion d'une semaine à Amman, la capitale jordanienne.

Cet accord, annoncé dimanche, est le premier accord d'échange de prisonniers à grande échelle depuis le début de la guerre qui dure depuis cinq ans.

Dans une déclaration commune, les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge ont qualifié cette initiative de « pas vers la réalisation de l'engagement pris par les belligérants de libérer progressivement tous les détenus du conflit, conformément à l'Accord de Stockholm ».

Le nombre de prisonniers à libérer n'a pas été précisé, ni le calendrier, mais les deux camps ont convenu d'échanger près de 15 000 détenus selon les termes de l'accord négocié par les Nations unies en Suède en 2018.

« Il s'agit d'une mesure purement humanitaire qui doit être mise en œuvre sans délai », a affirmé le ministère des affaires étrangères yéménite dans un message sur les réseaux sociaux.

Un porte-parole des Houthis a annoncé à son tour que « 1400 prisonniers, dont des Saoudiens et des Soudanais, seront libérés ».

L'envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen Martin Griffiths a exhorté les deux camps à poursuivre l'échange qu'elles ont convenu « de toute urgence ».

Le comité qui supervise l'accord d'échange de prisonniers de 2018 prévoit de se réunir à nouveau fin mars « pour discuter de nouveaux échanges », a ajouté la déclaration.

Ces derniers mois, les deux camps ont libéré des centaines de prisonniers dans le cadre d'échanges sporadiques.

« Malgré les affrontements en cours, nous avons vu que les parties prenantes ont trouvé un terrain d'entente humanitaire qui permettra à de nombreux prisonniers de retrouver leurs proches », a fait savoir Franz Rauchenstein, qui dirige la mission du CICR à Sanaa.

« Tout dépend du respect par les Houthis »

Les responsables yéménites qui se sont entretenus avec Al-Mashareq ont déclaré que le succès de l'accord d'échange de prisonniers dépendrait du respect par les Houthis des conditions de mise en œuvre, et les ont avertis de ne pas manipuler les listes de prisonniers.

Dans un premier temps, a fait savoir le vice-ministre des Droits de l'homme Majid Fadail, 1420 prisonniers seront échangés.

« Le mécanisme actuel stipule qu'une fois qu'un accord a été conclu sur les prisonniers inclus dans la première phase, les listes seront échangées », a déclaré Fadail dans un communiqué.

« Une fois approuvées, une coordination sera mise en place pour la logistique afin de terminer l'échange avec l'envoyé spécial des Nations unies au Yémen et le CICR », a-t-il ajouté. « Après quoi, l'échange aura lieu. »

Fadail a fait savoir que la mise en œuvre de l'accord d'échange de prisonniers dépendrait du respect rapide de l'accord par les Houthis.

Le vice-ministre des Droits de l'homme, Nabil Abdoul Hafeez, a déclaré qu'il doutait que les Houthis respectent les termes de l'accord, mais a souligné l'importance de libérer les détenus des prisons des Houthis.

Il a noté que certains des prisonniers des Houthis avaient été torturés.

« Avec cet accord, l'objectif du gouvernement est purement humanitaire, pour alléger les souffrances des prisonniers et rendre leurs familles heureuses après une longue période de détention et de disparition forcée », a-t-il indiqué.

« L'échange sera achevé sur la base de la libération de tous les prisonniers des deux camps, dans le cas où les Houthis se conformeraient à la mise en œuvre de l'accord d'Amman », a-t-il ajouté.

« Avec cet accord, l'envoyé spécial des Nations unies au Yémen cherche à relancer l'Accord de Stockholm dans un effort pour revitaliser le processus de paix et raviver son rôle et celui des Nations unies dans la recherche d'une solution pacifique à la guerre au Yémen », a-t-il conclu.

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