Droits de l'Homme

Les Houthis obligent les anciens de la ville à envoyer des jeunes au combat

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Un Yéménite porte une mitrailleuse PK lors d’une réunion tribale à Sanaa le 21 septembre 2019, alors que des membres d'une tribu distribuent des rations et des fonds aux combattants fidèles aux Houthis. [Mohammed Huwais/AFP]

Les Houthis soutenus par l’Iran (Ansarallah) obligent les chefs communautaires à faire pression sur de jeunes hommes de leur communauté pour qu’ils s’engagent dans les rangs de la milice, une démarche qui a suscité de fortes critiques.

Les détracteurs déclarent que les Houthis ont l’intention d’utiliser les nouvelles recrues comme boucliers humains sur les champs de bataille, et indiquent que ces actions se font dans un contexte de crise sanitaire mondiale.

« Les mercenaires iraniens obligent les leaders communautaires de Sanaa à enrôler quatre civils de chaque quartier, à les former au maniement des armes et à les envoyer au front », a rapporté Muammar al-Eryani, ministre yéménite de l’Information.

Les Houthis cherchent ainsi à « compenser la perte de centaines d’éléments dans les provinces d’al-Jawf, Marib et al-Bayda », a-t-il expliqué aux médias locaux le 4 mai.

La milice utilise ces recrues « comme boucliers humains pour ses combattants au service du projet d’expansion iranien », a-t-il indiqué, notant que de nouveaux combattants sont nécessaires « pour compenser l’attrition constante de ses éléments sur les lignes de front ».

Il est injuste de faire pression sur les civils pour qu’ils se battent, a-t-il déclaré, surtout au vu des appels internationaux en faveur d’un cessez-le-feu destiné à unifier les efforts pour lutter contre la pandémie du nouveau coronavirus (COVID-19).

Médecins sans frontières (MSF) a mis en garde que six années de guerre ont détruit le système de santé du Yémen et l’ont laissé face à la « catastrophe » de la pandémie.

Recrutement forcé des jeunes

Aziz Saleh, fils d’un leader communautaire du district administratif de Sanaa, a déclaré à Al-Mashareq que les Houthis avaient déjà tenté d’enrôler des jeunes de force.

Les miliciens ont forcé les dirigeants locaux à livrer leurs jeunes hommes, a-t-il rapporté, ajoutant que des enfants sont souvent recrutés à l'insu de leurs parents ou sans leur consentement.

« Beaucoup de familles de ces enfants sont choquées lorsque leurs enfants leur sont rendus morts et dans un cercueil ou blessés, et parfois les parents sont informés que leurs enfants sont devenus des martyrs au front », a-t-il déclaré.

« Les Houthis suivent le modèle iranien dans le recrutement des enfants et les utilisent comme carburant pour alimenter la guerre, tout comme le régime iranien a utilisé les enfants comme outils de meurtre et de destruction dans les guerres passées », a déclaré le vice-ministre des Droits de l’homme Nabil Abdoul Hafeez.

Chaque fois que les Houthis perdent des combattants, a-t-il précisé, ils forcent les familles à envoyer leurs fils pour renforcer leurs rangs, et on sait même qu’ils enlèvent des enfants et les envoient au front.

Ce faisant, a-t-il poursuivi, les Houthis violent les conventions des Nations unies et les accords internationaux sur la protection des enfants.

Alors que le monde entier s'efforce de contenir la pandémie de coronavirus, les Houthis « dissimulent la vérité sur la situation sanitaire et le nombre réel d’infections dans les zones sous leur contrôle », a-t-il déclaré.

« Les Houthis ont aggravé la souffrance des habitants des zones sous leur contrôle en suspendant le paiement des salaires et en arrêtant toute activité professionnelle afin de faire pression sur les familles pour qu’elles acceptent la conscription de leurs fils », a déclaré l’analyste politique Faisal Ahmed.

La majorité des enfants et des jeunes qui sont envoyés au combat dans les rangs des Houthis sont soit tués soit blessés, a-t-il conclu pour Al-Mashareq.

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Politique Commentaire

Nous espérons que l'ONU réconciliera les Yéménites. Merci.

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