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Analystes: Pour le Yémen, les Yéménites doivent rechercher la paix

Par Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Un jeune yéménite regarde les portraits de combattants houthis qui auraient été tués au combat lors d'une exposition célébrant le «Jour des martyrs» à Sanaa le 22 janvier. [Mohammed Huwais / AFP]

Pour le peuple yéménite, qui a énormément souffert de la guerre, les Houthis (Ansarallah) doivent se débarrasser de l'influence iranienne et rechercher un règlement pacifique avec le gouvernement, ont annoncé des analystes politiques.

Les Houthis étant confrontés à des reculs importants, ont-ils déclaré à Al-Mashareq, il serait prudent que les dirigeants de la milice prennent sérieusement en considération la perspective de la paix et se réconcilient avec le peuple et le gouvernement yéménites.

Il est temps, ont-ils souligné, d'abandonner le Corps des gardes de la révolution islamique (CGRI), qui a cherché à prolonger la guerre au Yémen pour servir le programme régional de l'Iran.

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Un homme yéménite passe devant les portraits de Houthis qui auraient été tués au combat le 27 février 2016 à Sanaa. [Mohammed Huwais / AFP]

Revers militaires

Les Houthis ont subi d'importants revers militaires ces dernières semaines, ce qui rend de plus en plus improbable la victoire sur le champ de bataille.

Fin octobre, 70 combattants de la milice ont été tués en deux jours lors d'affrontements avec les forces yéménites dans les provinces de Saada et de Hajja.

Avant cela, le 19 octobre, les forces conjointes yéménites avaient fait une avancée considérable sur le front al-Dhale, prenant le contrôle de quatre positions stratégiques après avoir repoussé plus de 30 offensives des Houthis.

Le 5 octobre, 16 Houthis, dont deux commandants, ont été tués lors d'affrontements avec les forces yéménites à Qaataba, une ville de la province d'Al-Dhale.

Et le 5 octobre également, les forces yéménites ont abattu un drone Houthi dans la direction de Hayran, dans la province de Hajjah, qui aurait été fabriqué par l'Iran.

L'analyste politique Faissal Ahmed a confié à Al-Mashareq que les Houthis avaient subi de lourdes pertes pendant la guerre, avec des photographies d'officiers supérieurs tués omniprésents dans les rues et les places publiques de Sanaa.

"Il est important que les Houthis réévaluent leurs responsabilités et accordent la priorité aux intérêts du peuple yéménite en acceptant la paix et en renonçant à l'Iran, quelles que soient les conséquences, afin de mettre un terme à la guerre et aux meurtres", a-t-il dit.

Les Houthis ont le pouvoir de "mettre fin aux souffrances du peuple yéménite, qui sont devenues tragiques", a-t-il affirmé, ajoutant qu'ils devaient se réconcilier avec le peuple yéménite et "abandonner le patronage du CGRI".

La milice ne peut pas continuer à combattre la coalition arabe et les forces yéménites, a-t-il ajouté, et sera obligée d'accepter la paix tôt ou tard.

Redevable à l'Iran

En tant que mouvement armé, les Houthis ont jusqu'à présent été enclins à utiliser la force des armes plutôt que la politique pour atteindre leurs objectifs, a déclaré le directeur du Centre Abaad pour les études stratégiques, Abdulsalam Mohammed, à Al-Mashareq.

La milice soutenue par l'Iran a des objectifs à la fois intermédiaires et stratégiques, a-t-il expliqué.

"Les objectifs provisoires comprennent le contrôle du processus politique et le contrôle du Yémen par la force des armes", a-t-il souligné, tandis que l'objectif stratégique est de donner à l'Iran un moyen de pression sur la péninsule arabique, "en particulier sur les États du Golfe, riches en pétrole".

En réalisant ces objectifs, les victimes de la guerre et de la pauvreté "ne présentent aucun intérêt pour les milices", a déclaré Mohammed.

Bien que les Houthis agissent en coordination avec l’Iran, ils peuvent gagner du temps par la négociation et avoir accès à de l’argent et des armes pour poursuivre leur combat.

Cela leur donne une apparence d'indépendance, a-t-il noté, mais "lorsqu'il s'agit de prendre une décision cruciale, telle que mettre un terme à la guerre ou entamer des négociations", l'influence de l'Iran prévaut.

Les Houthis sont redevables à l'Iran, de même que leur processus de prise de décision, a déclaré Nabil Abdul Hafeez, vice-ministre yéménite des Droits de l'Homme, à Al-Mashareq.

Mais les défaites militaires que continuent de subir les Houthis "les forceront à accepter des solutions pacifiques", a-t-il affirmé.

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