Politique |

La belligérance des Houthis va leur coûter très cher, déclarent les observateurs

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

image

Des panneaux arborant des photos de miliciens houthis tués au combat sont exposés dans une rue de Sanaa. [Haitham Mohammed/Al-Mashareq]

En continuant à combattre les forces yéménites et de la Coalition arabe et en ne participant pas sérieusement au processus de paix, les Houthis (Ansarallah) pourraient continuer à perdre leurs chefs et leurs combattants, expliquent des observateurs à Al-Mashareq.

Samedi 14 décembre, les affrontements armés entre les forces yéménites et les milices soutenues par l'Iran dans le district de Razih de la province de Saada ont fait 18 morts et 27 blessés parmi les miliciens houthis, ont rapporté les agences de presse locales.

Un nombre indéterminé de véhicules armés des Houthis ont également été détruits.

image

Des panneaux arborant des photos de miliciens houthis tués sont alignés dans une rue de Sanaa. [Haitham Mohammed/Al-Mashareq]

Les combats auraient éclaté lorsque les Houthis tentèrent de s'infiltrer dans les positions qu'ils avaient perdues ces deux derniers mois à Bani Maeen et dans la montagne stratégique al-Aznab du district de Razih.

La semaine dernière, les Houthis ont reconnu que deux de leurs commandants de terrain, Jaafar Abdoullah Habra et Hassan Abdoullah al-Shehari, avaient été tués lors d'une attaque aérienne de la Coalition arabe à Saada, principal bastion de la milice dans le nord du Yémen.

Le 10 décembre, les médias des Houthis ont annoncé que des funérailles avaient eu lieu pour les deux officiers dans le district de Sahar de la province, sans donner plus de détails sur la date ou le lieu de leur mort.

Des sources sur le terrain ont cependant indiqué qu'une attaque aérienne de la Coalition arabe avait visé un rassemblement des Houthis dans le district de Kitaf, à Saada, et que plusieurs miliciens avaient été tués, dont ces deux officiers.

Habra était le commandant du bataillon d'intervention rapide de la milice, et al-Shehari était un commandant de terrain, ont-elles précisé.

Le 11 décembre, les Houthis ont également organisé dans la province centrale d'Ibb les funérailles de six miliciens tués lors d'affrontements dans le nord d'al-Dhale, à la suite des funérailles, la veille, de quatre autres tués sur le même front.

Un autre officier des Houthis, le lieutenant-colonel Saleh Masaad al-Gharbani, a été tué à al-Fakher, dans le district de Qataba de la province d'al-Dhale, et ses funérailles ont eu lieu à al-Ahram, dans le district de Damt.

Les Houthis subissent de lourdes pertes

Au cours des quatre dernières années, les Houthis ont perdu des milliers de commandants et de miliciens dans les combats contre les forces yéménites soutenues par les avions de la Coalition arabe, a déclaré le politologue Faisal Ahmed à Al-Mashareq.

« Les pertes humaines sont énormes, mais le fait que les Houthis insistent pour poursuivre les affrontements militaires les exposera à d'autres pertes humaines et militaires », a averti Ahmed.

« Les murs des écoles et les panneaux d'affichage dans les rues ne suffisent plus pour afficher les photos de leurs éléments tués sur les champs de bataille », a-t-il rapporté.

« Les milices offrent quotidiennement les fils du Yémen comme chair à canon pour servir les intérêts de l'Iran et réaliser les objectifs du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) au Yémen et dans la région », a ajouté Ahmed.

L'Iran et l'influence du CGRI « n'ont apporté au Yémen que davantage de souffrances, de meurtres et de déplacements », a-t-il déploré.

Ahmed a conseillé aux Houthis de tirer les leçons du passé, après qu'ils eurent détruit la population et les réalisations du Yémen, et de s'engager sérieusement dans le prochain cycle de négociations de paix, afin de mettre fin aux souffrances et aux tueries.

Aimez-vous cet article?
2
NON
0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire
form.captcha