Terrorisme

De récentes attaques prouvent l'état de faiblesse d'al-Qaïda au Yémen

Par Abou Bakr al-Yamani à Sanaa

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Des forces yéménites se dirigent vers Zinjibar, capitale de la province d'Abyan, pour lancer une offensive afin de reprendre la ville à al-Qaïda sur cette photo du 14 août 2016. Un an plus tard, al-Qaïda en est réduit à mener des attaques sporadiques dans la province, indiquent des experts à Al-Mashareq. [Saleh al-Obeidi/AFP]

L'utilisation prononcée d'embuscades et d'assassinats aléatoires par al-Qaïda pour tenter d'affirmer sa présence au Yémen prouve que sa capacité à mener des attaques majeures a été compromise, déclarent des chercheurs à Al-Mashareq.

Au cours des dernières semaines, des éléments d'al-Qaïda ont mené des assassinats sporadiques contre des soldats et des officiers, comme le 29 juillet lors de l'attaque d'un véhicule transportant un haut-gradé de l'armée alors qu'il traversait la région de Muhaidan, dans le district Loder est d'Abyan.

Le colonel Nasser al-Jaari, qui a trouvé la mort dans l'attaque, avait participé aux opérations militaires qui ont permis de libérer Abyan d'al-Qaïda en août 2016.

Des éléments d'al-Qaïda ont également pris en embuscade et tué trois membres des forces de sécurité yéménites le 25 juillet près d'un poste de contrôle de l'armée du district d'Adh Dhliaah, dans la province d'Hadramaout.

Le 22 juillet, des hommes armés ont également tué par balles Nasser al-Humeiri, chef de la sécurité du district de Rodum, dans la province de Shabwa. Selon des sources de la sécurité locales, il a été attaqué par al-Qaïda dans le district de Ghail Bawazeer, dans la province de l'Hadramaout.

Malgré ces attaques sporadiques, il est devenu évident qu'al-Qaïda n'est plus en mesure de planifier et de mener des attaques frontales au Yémen, a affirmé l'analyste politique Tareq al-Zuraiqi à Al-Mashareq.

Attaques opportunistes

« Les opérations qu'al-Qaïda mène ces temps-ci au Yémen n'ont aucun impact et sont destinées à faire savoir que le groupe existe toujours », a-t-il expliqué.

Ces attaques simples et aléatoires contre des postes militaires avancés ou ces embuscades visant des commandants militaires sont loin des attaques massives que le groupe menait par le passé, a-t-il indiqué.

Parmi celles-ci se trouvait l'attaque du 5 décembre 2013 contre l'hôpital al-Ordhi, dans le complexe du ministère de la Défense, lors de laquelle al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) a tué 56 personnes et en a blessé plus de 150 autres, parmi lesquelles des médecins, des infirmiers, des patients et des visiteurs civils et militaires.

Des éléments d'al-Qaïda avaient aussi attaqué une base militaire sur l'aéroport yéménite d'Aden le 6 juillet 2016 très tôt le jour de l'Aïd al-Fitr, tuant au moins dix soldats.

« Al-Qaïda n'est actuellement actif que lorsqu'une opportunité se présente, à cause de la répression qu'il a subie et de son expulsion des zones qu'il contrôlait », a indiqué le chercheur Saeed al-Jamahi, qui étudie les groupes extrémistes armés.

Beaucoup de ses chefs importants ont été tués dans des frappes aériennes, a-t-il rapporté à Al-Mashareq, et les attaques sporadiques que le groupe mène font partie d'une stratégie pour le laisser reprendre son souffle et se regrouper, a-t-il ajouté.

Ressources en diminution

Al-Zuraiqi a attribué la faiblesse actuelle du groupe à ses « ressources en diminution » et sa « perte de la base de soutien social locale qui lui servait de refuge ».

« Al-Qaïda a utilisé une partie des fonds qu'il a reçus pour étendre son influence parmi les tribus », a-t-il expliqué, mais cette influence est en déclin constant, les tribus s'en prenant aux poches restantes d'al-Qaïda dans leurs régions.

Des attaques lancées par l'armée yéménite contre des bastions d'al-Qaïda avec le soutien de la coalition ont éradiqué les capacités restantes du groupe, a-t-il fait savoir, notant qu'il lui est désormais impossible de se regrouper .

L'analyste politique Adnan al-Humeiri a affirmé qu'al-Qaïda mène désormais des opérations sans stratégie ni objectif, ce qui indique « qu'il est en difficulté ».

Les ressources financières d'al-Qaïda se sont épuisées, a-t-il ajouté, faisant remarquer que la faiblesse du groupe pourrait le forcer à s'allier avec « l'Etat islamique en Irak et en Syrie» (EIIS).

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