Économie

Effondrement des ventes de pétrole de l'Iran sous la campagne de pression maximale

Behrouz Laregani

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La campagne américaine de pression maximale a eu un effet énorme sur le secteur pétrolier iranien, réduisant considérablement sa production et ses exportations. [Photo de Tasnim News]

Ces derniers mois, la « campagne de pression maximale » des États-Unis a eu un effet énorme sur le secteur pétrolier iranien, réduisant considérablement sa production et ses exportations.

Bien que le gouvernement iranien ait estimé sa production de pétrole à environ 1 million de barils par jour et ses revenus pétroliers à près de 50 millions de dollars pour l'année en cours, les médias ont cité des experts affirmant que les exportations de pétrole du pays s'élèvent actuellement à environ 100 000 barils par jour.

En 2018, le gouvernement américain a annoncé qu'il rétablissait les sanctions précédentes et en imposait de nouvelles afin d'exercer une pression maximale sur l'Iran.

Il a déclaré que l'un des principaux objectifs de cette campagne de pression maximale était de réduire à zéro les exportations de pétrole et les revenus pétroliers de l'Iran.

Le but final est de forcer Téhéran à choisir entre sa viabilité économique et ses activités déstabilisatrices dans la région.

Fariborz Etemad, un économiste vivant à Téhéran, a indiqué à Al-Mashareq que les nouvelles sanctions contre l'Iran ont fait chuter les exportations de pétrole, qui sont passées d'environ 2,5 millions de barils à une moyenne de 150 000 par jour.

Échange de pétrole contre des produits essentiels

Des responsables ont indiqué qu'ils espèrent échanger le pétrole iranien contre des produits essentiels.

Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, qui a été personnellement sanctionné par les États-Unis le 26 octobre, a appelé à un échange de pétrole contre des produits essentiels afin de contourner les sanctions.

À ce titre, Zanganeh a demandé la création d'une commission composée du ministre iranien de l'Industrie, des Mines et du Commerce, ainsi que d'économistes et d'autres membres du gouvernement afin de discuter de la logistique et des détails de l'échange.

Suite à l'appel de Zanganeh, le gouverneur de la Banque centrale d'Iran (BCI), Abdolnaser Hemmati, a déclaré que l'échange du pétrole contre des produits de base pour le pays pourrait être lancé et se dérouler sous la direction du ministère du Pétrole.

L'accent mis sur l'obtention de biens à travers l'échange de pétrole paralysera davantage le secteur privé iranien et augmentera l'ingérence du gouvernement dans l'économie, deux éléments qui endommageront fondamentalement la structure de l'économie à court et à long terme, a affirmé l'économiste Etemad.

Le coût de l'expansion des programmes nucléaires et de missiles menaçants de l'Iran est principalement couvert par les ventes de pétrole. La campagne de pression maximale a pour but d'empêcher la poursuite et l'expansion potentielle de ces programmes.

Avant les nouvelles sanctions, l'Iran produisait 4 millions de barils de pétrole par jour, dont elle exportait 2,5 millions de barils. Ces chiffres sont aujourd'hui nettement inférieurs.

Dans le même temps, les sanctions ont également entraîné une réduction des exportations non pétrolières de l'Iran.

Le quotidien national Taadol a rapporté que le volume du commerce extérieur de l'Iran au cours de la période de 150 jours se terminant le 31 août, par rapport à la même période de l'année précédente, montre que le volume des échanges de marchandises sans pétrole était d'environ 24,6 milliards de dollars, soit une baisse de 31 % par rapport aux 35,6 milliards de dollars de la même période de l'année dernière.

« Pression maximale pour aider l'Irak et la région »

À travers le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), le régime iranien a utilisé une grande partie de ses recettes d'exportation de pétrole pour mettre en œuvre ses politiques expansionnistes régionales par le biais d'intermédiaires comme la Kataeb Hezbollah en Irak, qui constitue une menace pour la stabilité de ce pays, font savoir des experts irakiens.

Intifadh Qanbar, président du Parti constitutionnel de l'avenir irakien, a déclaré à Al-Mashareq que « la Kataeb Hezbollah, dont les éléments profitent des ressources irakiennes pour servir les intérêts du CGRI, ne sont pas moins menaçants pour la sécurité et l'avenir de l'Irak que 'l'État islamique en Irak et en Syrie' (EIIS) ».

Il a ajouté que la milice soutenue par le CGRI intimide les investisseurs qui souhaitent entrer sur les marchés irakiens, « car ils craignent que s'ils investissent en Irak, le pays se détournera des importations depuis l'Iran ».

« La campagne de pression maximale des États-Unis contre l'Iran aide la région, car si elle n'existait pas, les activités du CGRI seraient plus envahissantes et hostiles en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen », a-t-il conclu.

Hassan al-Obeidi a contribué à cet article.

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