Sécurité

Les sanctions contre l'industrie pétrolière iranienne visent à endiguer le CGRI

Sultan al-Barei à Riyad

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Un tanker iranien transporte des produits pétrochimiques vers le Venezuela. [Photo via Mehr News]

Les récentes sanctions américaines contre des entités qui achètent des produits pétroliers à l'Iran continueront d'affaiblir le régime iranien et de restreindre les activités du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et de ses intermédiaires, ont expliqué des experts à Al-Mashareq.

« Au lieu d'utiliser la richesse de ses ressources naturelles pour améliorer les conditions de vie du peuple iranien, le régime iranien préfère utiliser son pétrole pour financer la Force al-Qods du CGRI », a déclaré le secrétaire d'État américain Mike Pompeo le 26 octobre.

« Nous ne laisserons pas cela se produire », a-t-il ajouté.

Le 29 octobre, le département d'État, le département du Tréser et le département de la Justice ont pris des mesures pour lutter contre les ventes de pétrole et de produits pétrochimiques iraniens.

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Le président-directeur général d'Aria Sasol Polymer Company, Amir Hossein Bahreini, sur cette photo, a été sanctionné par les États-Unis, en même temps que sa société, pour avoir traité des produits pétrochimiques de provenance iranienne. [Photo via le site web d'Arya Sasol Polymer]

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Les États-Unis ont confisqué des envois d'armes et de missiles iraniens en route vers le Yémen. [Photo via Mehr News]

Le département de la Justice a annoncé qu'il avait déposé une plainte pour permettre la saisie de deux envois de missiles iraniens que l'US Navy avait saisis en transit entre le CGRI et les groupes de militants au Yémen.

Il a indiqué qu'il avait vendu environ 1,1 million de barils de pétrole iranien saisis à bord de quatre tankers battant pavillon étranger en route pour le Venezuela, dont un pourcentage des recettes ira au fonds américain pour les victimes du terrorisme d'État.

Ces mesures constituent les plus importantes actions de confiscation par le gouvernement des États-Unis d'envois de pétrole et d'armes depuis l'Iran.

Pour sa part, le département d'État a imposé des sanctions à Arya Sasol Polymer Company, Binrin Limited, Bakhtar Commercial Company, Kavian Petrochemical Company et Strait Shipbrokers PTE Ltd.

Ces entités basées en Iran, en Chine et à Singapour « se sont consciemment engagées dans une importante transaction portant sur l'achat, l'acquisition, la vente, le transport ou la commercialisation de produits pétroliers originaires d'Iran », a expliqué le département d'État.

Ont également été désignés les individus suivants, qui occupent des positions directoriales dans les compagnies sanctionnées : Amir Hossein Bahreini, Lin Na Wei, Mourtouza Moustafamunir Basrai, Hosein Firouzi Arani et Ramezan Oladi.

De son côté, le Trésor a désigné huit entités « pour leur implication dans la vente et l'achat de produits pétrochimiques iraniens négociés par la société Triliance Petrochemical Co. Ltd.".

Le Trésor avait déjà sanctionné Triliance en janvier de cette année.

Affaiblir la contrebande du CGRI

Malgré les tensions dans la région, « le régime iranien continue d'étouffer tout espoir d'une voie menant au dialogue et loin de la rhétorique guerrière », a ajouté Abdoullah al-Dakhil, maître de conférence à la faculté de science politique de l'Université du Roi Saoud.

« Il utilise les ressources naturelles du pays, qui appartiennent en droit au peuple iranien, au bénéfice de ses intermédiaires dans la région », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Traquer les envois du CGRI ou de ses affiliés est « une mesure légitime, parce que le régime iranien est devenu une vaste menace régionale et mondiale », a-t-il poursuivi.

Sanctionner les sociétés qui facilitent les opérations de vente et de transport pour le compte du CGRI aboutira en fin de compte à la dissolution de ce réseau, a ajouté al-Dakhil.

Cela affaiblira les efforts et les capacités du CGRI au point qu'il ne sera plus en mesure de trafiquer quoi que soit d'Iran vers d'autres pays, a-t-il expliqué.

Les intermédiaires du CGRI dans la région, notamment les Houthis (Ansarallah) au Yémen, pâtiront également de la perturbation de ces réseaux de contrebande, a-t-il expliqué.

« Tous ces fonds qui sont confisqués en raison de leur mauvaise utilisation par le CGRI appartiennent de fait au peuple iranien et ont été volés par lui et par les institutions affiliées sous de faux slogans religieux, sectaires et politiques », a-t-il ajouté.

Soutien du CGRI aux Houthis

« Sans le soutien continu apporté aux Houthis par le CGRI, le peuple yéménite serait débarrassé de ses difficultés, de ses calamités et des guerres qu'il a endurées pendant des années », a affirmé Mona Mohammed, une journaliste yéménite vivant au Caire.

Le soutien financier et logistique que les Houthis reçoivent est la principale raison qui explique qu'ils aient pu tenir et continuent de menacer le peuple yéménite et son voisin, l'Arabie saoudite, a-t-elle expliqué à Al-Mashareq.

« La confiscation des envois d'armes et de pétrole ou de toute autre marchandise interdite avant qu'ils ne parviennent aux Houthis est un succès qui sert avant tout les intérêts du peuple yéménite », a-t-elle ajouté.

Bien que l'Iran affirme que ces sanctions « n'affecteront pas ses opérations dans la région », les saisies américaines de pétrole et de marchandises interdites ont porté au régime des coups successifs, a expliqué Fathi al-Sayed, du Centre al-Sharq d'études stratégiques régionales.

Ces opérations américaines drainent les ressources du CGRI à un moment où il souffre déjà d'une grave pénurie de financement par suite des sanctions américaines, a-t-il précisé à Al-Mashareq.

Les astuces déployées par le régime iranien pour contourner les sanctions s'avèrent aujourd'hui inutiles, dans la mesure où les récentes sanctions américaines ont également ciblé des entités dans des pays comme la Chine et Singapour, en plus de l'Iran, a-t-il poursuivi.

La tactique consistant à utiliser des sociétés comme couvertures ne fonctionne donc plus comme moyen de contourner les sanctions ou d'effectuer des opérations de contrebande, a conclu al-Sayed.

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