Sécurité

Les hostilités de l’Iran, une grave menace pour la région, affirment des experts

Sultan al-Barei à Riyad

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Un système de défense aérienne américain est déployé dans la région du Golfe pour dissuader les attaques iraniennes. [CENTCOM]

En poursuivant agressivement son programme régional, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a entravé le développement et le progrès de l'Iran et a sapé la sécurité et la croissance économique régionales, ont expliqué un général américain de haut rang et des experts régionaux.

C'est pourquoi la dissuasion de l'Iran reste la priorité des États-Unis, a fait savoir le général de division Alexus G. Grynkewich, directeur des opérations du CENTCOM, lors de la conférence « The Great Power Competition » qui s'est tenue les 16 et 17 septembre en Floride.

Les partenaires non étatiques de l'Iran ont leurs propres préoccupations et peu d'intérêt à soutenir les progrès en matière de sécurité régionale, a-t-il indiqué.

« Aucun autre acteur régional [que l'Iran] ne peut faire plus pour saper les progrès au Moyen-Orient », a-t-il ajouté.

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Une salle de surveillance électronique surveille la région du Golfe pour prévenir les atteintes à la sécurité. [CENTCOM]

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Des missiles balistiques houthis comme celui-ci, fabriqués avec l'aide du CGRI, sont une menace directe pour la sécurité de la région du Golfe. [Photo de l'agence de presse Mehr]

Le CGRI a cherché à étendre l'influence de l'Iran par le biais de ses intermédiaires dans la région, sans se soucier du prix que les pays visés pourraient avoir à payer, a rapporté à Al-Mashareq le spécialiste des affaires iraniennes Fathi al-Sayed.

Au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen, les factions soutenues par le CGRI tentent de contrôler le processus politique aux dépens de leur propre pays, a déclaré al-Sayed.

« Ce n'est pas un hasard si les pays où le CGRI a installé ses affiliés souffrent d'un échec politique et économique », a-t-il noté.

Dans des pays comme le Liban, par exemple, l'influence du CGRI, par le biais du Hezbollah libanais, a entraîné un isolement politique et a coûté au pays l'aide internationale, a-t-il indiqué.

Les intermédiaires de l'Iran accroissent également le risque d'instabilité dans la région, car ils poursuivent leurs propres objectifs dans les pays où ils opèrent, en dehors du contrôle de l'État et de leur soutien, l'Iran.

« Les Syriens en ont payé le prix »

L'Iran a cherché à se présenter comme un bienfaiteur dans les pays où ses intermédiaires opèrent, par le biais de messages dans les médias qui mettent en avant l'aide qu'il fournit, a rapporté al-Sayed, soulignant qu'il ne s'agit là que d'un « mirage ».

« L'Iran n'a fourni et ne fournira aucune aide d'aucune sorte, sauf à un prix dix fois supérieur à la valeur de ce qu'il fournit », a-t-il expliqué.

Dans le cas du régime syrien, par exemple, l'État et ses ressources ont été hypothéqués au profit de l'Iran, « à la fois par un déploiement militaire sur le terrain et par l'extension de la zone sous contrôle [iranien] et la mainmise sur les ressources naturelles », a-t-il déclaré.

L'Iran a conclu des accords avec la Syrie qui lui permettent de « prendre le contrôle des leviers de l'économie et de toutes sortes de services, en particulier dans les domaines de l'énergie et de l'électricité », a ajouté al-Sayed.

« Le peuple syrien est celui qui en a payé le prix et continuera de le payer pendant des décennies, car la plupart de ces accords sont de long terme », a-t-il poursuivi.

Déclin industriel et militaire

« Les prétendues avancées technologiques que le CGRI vante de façon répétée cachent beaucoup de choses que le CGRI ne veut pas révéler », a indiqué l'expert militaire libanais et officier militaire à la retraite Jamil Abou Hamdan.

Il s'agit notamment d'une situation économique désastreuse à laquelle est confronté le peuple iranien et du déclin des capacités industrielles et militaires de l'Iran, a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

Les technologies militaires iraniennes sont dépassées, a-t-il affirmé, notant que l'attaque contre un avion de ligne ukrainien avait été une erreur fatale, peut-être la meilleure preuve de la faiblesse du système de défense antimissile du pays et de sa chaîne de commandement.

Pour le général Grynkewich, ces erreurs « nous ont donné des raisons d'être inquiets des lacunes [du régime iranien] en matière de commandement et de contrôle, qui pourraient conduire l'Iran à des crises internationales de plus en plus graves ».

« Cela pourrait principalement se produire par l'intermédiaire d'unités iraniennes sur le terrain, aggravant négligemment les tensions à un niveau tactique sans une orientation suffisante au niveau stratégique », a-t-il déclaré. « Nous espérons voir le régime iranien exercer un contrôle centralisé accru pour éviter cette situation. »

« Le CGRI a récemment évité de s'engager dans une véritable confrontation avec les armes dont il se vante », a déclaré Abou Hamdan, privilégiant une confrontation militaire indirecte dans les pays de la région.

« En plus de disposer de missiles sur le territoire iranien, le CGRI en a déployés au Yémen et au Liban », a-t-il déclaré, ajoutant que ceux-ci représentent un « grave danger ».

Le CGRI a avoué avoir partagé des technologies et de l'expertise en matière de missiles avec les Houthis (Ansarallah).

Renforcement du contrôle et de la surveillance

« Les menaces et les actes de provocation constants de Téhéran nécessitent une préparation continue des forces chargées de préserver la sécurité dans la région », a affirmé l'expert militaire Mansour al-Shehri à Al-Mashareq.

Les armées des États du Golfe, en partenariat avec les forces américaines, doivent réagir en déployant des systèmes de contrôle et de surveillance sophistiqués pour détecter toute infiltration ou lancement de missiles balistiques à moyenne ou longue portée, a-t-il déclaré.

Il a noté que ces forces travaillent en permanence à l'amélioration de ces capacités dans la région du Golfe, afin « d'accroître leur efficacité et d'étendre la zone géographique qu'elles couvrent ».

« Nous sommes en train de réévaluer notre position régionale pour les situations d'urgence, de revoir notre planification pour la défense contre les missiles balistiques, d'améliorer nos cyberdéfenses et d'optimiser nos opérations aériennes », a fait savoir Grynkewich, membre du CENTCOM.

« Nous continuons également à investir dans l'élargissement de nos partenariats régionaux pour permettre ces ajustements, qui comprennent des exercices et des manœuvres internationales qui renforcent notre capacité à faire face ensemble à des adversaires communs », a-t-il conclu.

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