Sécurité

La menace du CGRI pourrait rapprocher la communauté internationale de la position américaine

Sultan al-Barei à Riyad

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Le système iranien de missiles de défense aérienne Bavar-373, qui sera potentiellement déployé sur le sol syrien. [Photo de Mehr News]

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a tenté à plusieurs reprises de renforcer les systèmes de défense aérienne irakiens, libanais et maintenant syriens, et a récemment admis avoir fourni des technologies de missiles aux Houthis (Ansarallah) du Yémen.

Ces actions auront probablement pour effet de rapprocher davantage de nations de la position des États-Unis au sujet de l'embargo sur les armes contre l'Iran, ont déclaré des experts à Al-Mashareq.

Il y a quelques mois, Ali Abdoullah Ayoub, ministre syrien de la Défense, et le major général Mohammad Bagheri, chef d'état-major des forces armées iraniennes, ont signé un accord visant à élargir considérablement la coopération militaire bilatérale, notamment en matière de défense aérienne.

Cet accord, signé le 8 juillet à Damas, pourrait être utilisé pour fournir des systèmes complets de défense aérienne à la Syrie, moderniser ses systèmes existants ou intégrer les réseaux de défense aérienne des deux pays, selon les experts.

Une semaine plus tard, lors d'une réunion avec le président libanais Michel Aoun, l'ambassadeur iranien Mohammad Jalal Firouznia a dit vouloir fournir au pays des armes défensives, dont des missiles antiaériens.

Abolfazl Shekarchi, porte-parole de l'état-major interarmées des forces armées iraniennes, a reconnu en septembre que l'Iran avait « partagé des technologies et de l'expérience sur les missiles avec les Yéménites ».

L'Iran a annoncé son soutien au régime syrien avec un système de défense aérienne, et son soutien à la production de drones et de missiles au Yémen, a déclaré le spécialiste des affaires iraniennes Fathi al-Sayed à Al-Mashareq.

« Cela montre que l'intention de la Force al-Qods du CGRI (CGRI-FQ) 'd'exporter la révolution' se poursuit malgré les pressions internationales », a indiqué al-Sayed, contributeur pour le Centre al-Sharq d'études régionales et stratégiques.

Certains pays essaient toujours de maintenir des canaux de dialogue ouverts avec l'Iran, a-t-il précisé, « mais ils finiront par se voir contraints de se joindre aux efforts des États-Unis pour mettre fin aux plans de l'Iran ».

L'Iran répond souvent à la pression de la communauté internationale par des promesses qu'il ne tient pas, a ajouté al-Sayed.

« Il a donc perdu la confiance du monde et se retrouve sans amis », a-t-il déclaré. « Seuls quelques pays ayant des intérêts communs ont des relations avec l'Iran, parmi lesquels la Russie et la Chine. »

Menace persistante du CGRI

« L'Iran soutient les Houthis et le régime syrien », a affirmé à Al-Mashareq Abdoullah al-Ameri, officier en retraite des forces émiriennes.

« Il continue de lancer une série de menaces et d'attaques de missiles par le biais du CGRI-FQ dans la région », a-t-il déclaré, soulignant que « ces missiles n'ont d'autre cible que les pays de la région du Golfe ».

Selon al-Ameri, il est impossible de savoir ce que les groupes affiliés au CGRI pourraient faire, notant que la technologie de missiles que l'Iran partage avec les Houthis pourrait être utilisée d'autres manières et mettre en danger la vie de « milliers de civils dans la région ».

Ces actions sont susceptibles d'accroître la coopération entre les États du Golfe et les États-Unis, a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

« Les pays occidentaux sont présents dans la région du Golfe pour contrer le danger que représente l'Iran », a-t-il déclaré. « Je m'attends à ce que ces pays renforcent bientôt leur présence pour sécuriser la région et qu'ils prennent des mesures politiques fermes. »

« Je pense qu'ils vont s’unir aux [positions des] États-Unis et qu'ils imposeront des sanctions à l'Iran pour avoir enfreint à plusieurs reprises les accords qu'il a signés par le passé. »

« L'épineux problème » des armes de la CGRI-FQ

L'armement iranien est « l'une des questions les plus épineuses au monde d'un point de vue juridique », a déclaré le professeur de droit pénal international Wael al-Sharimi à Al-Mashareq.

Il a déclaré que si les armes, en particulier les missiles, étaient confinées sur le sol iranien, elles ne constitueraient pas une menace. Mais la situation actuelle est exactement l'inverse.

« La CGRI-FQ améliore les missiles à longue portée qui sont en mesure de transporter des têtes nucléaires et de causer des dégâts très importants », a poursuivi al-Sharimi.

« Comme il partage cette technologie avec la Syrie et le Yémen, il est considéré comme une menace pour la paix mondiale et nécessite l’intervention des Nations unies », a-t-il ajouté.

« Si les organismes internationaux ne prennent pas de mesures pour freiner l'Iran, n'importe quel pays ou groupe de pays sera en droit de répondre à la menace iranienne en utilisant les moyens disponibles », a-t-il affirmé. « Cela relèvera de la légitime défense et de la protection des civils dans les zones de conflit. »

Concernant les informations selon lesquelles le CGRI transfère des missiles vers la Syrie, al-Sharimi a déclaré qu'il s'agissait d'une « double violation ».

« Vu que le régime syrien est sanctionné pour des crimes contre les civils, l'Iran et la CGRI-FQ méritent toutes les sanctions imposées à la Syrie », a-t-il indiqué.

Il a conclu en déclarant à Al-Mashareq qu'il s'attendait à ce que certains pays européens rejoignent le camp américain, « car le danger que représente l'Iran est un danger commun, dirigé contre tout le monde, sans exception ».

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