Terrorisme

Nouvelles sanctions contre les partisans du CGRI

Par Waleed Abou al-Khair au Caire

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Le Corps des Gardiens de la révolution islamique d'Iran utilise des bateaux d'attaque rapides pour perturber l'activité civile et économique dans le Golfe. [Photo tirée des informations iraniennes]

De nouvelles sanctions imposées à des individus, des entités et des réseaux soutenant le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'Iran sont nécessaires pour freiner les activités nuisibles du régime dans la région, ont affirmé des experts à Al-Mashareq.

Seize entités et individus ont été sanctionnés le 18 juillet pour avoir soutenu des participants iraniens illicites ou des activités criminelles transnationales.

Les désignations du département américain du Trésor comprennent sept entités et cinq individus ayant participé à des activités soutenant l'armée iranienne ou le CGRI, ainsi qu'une organisation criminelle transnationale basée en Iran et trois personnes associées.

Les trois réseaux désignés soutenaient l'approvisionnement de l'armée iranienne ou du CGRI à travers le développement de drones aériens et d'équipement militaire, la production et l'entretien de bateaux d'attaque rapides, ou l'approvisionnement en composants électroniques pour des entités qui soutiennent l'armée iranienne.

L'organisation criminelle transnationale désignée, ainsi que les deux hommes d'affaires iraniens et l'entité associée ont orchestré le vol de programmes informatiques qu'ils ont revendu au gouvernement iranien.

Le département d'État des États-Unis a également désigné deux organisations iraniennes impliquées dans le programme iranien de missiles balistiques.

Les sanctions étaient « impératives »

Les sanctions imposées aux personnes impliquées dans la production de missiles balistiques pour le compte du CGRI étaient impératives, a affirmé Fathi al-Sayed, chercheur au Centre Al-Sharq d'études régionales et stratégiques, spécialiste des questions iraniennes.

« Cette étape a été rendue nécessaire par l'impact négatif que devraient avoir les opérations de production militaire permettant à l'Iran de renforcer sa prolifération dans la région », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Les conflits en Syrie et en Irak ont permis de savoir que les affiliés du CGRI dans ces pays – le Hezbollah et les Forces de mobilisation populaires (FMP) – possèdent des armes technologiquement avancées produites par l'Iran, a précisé al-Sayed.

« Celles-ci comprennent des mitrailleuses équipées des derniers systèmes de surveillance et de tir automatique, ainsi que des drones », a-t-il déclaré.

Cela constitue une sérieuse menace pour la sécurité de la région et entretient le chaos qui sert à renforcer l'emprise du CGRI, a-t-il ajouté.

Al-Sayed a indiqué que l'utilisation de bateaux d'attaque rapides par le CGRI menace la sécurité de la navigation maritime dans le Golfe et le détroit d'Ormuz, une route vitale de la région pour le commerce global.

Développement d'armes illicites

Deux entreprises, Rayan Roshd et Qeshm Madkandaloo, ont été sanctionnées pour leur rôle dans la production de matériaux favorisant les procédures de développement d'armes illicites par le CGRI, selon le trésor.

Ces deux entités sont deux soutiens majeurs des efforts du CGRI en faveur du développement d'armements, a fait savoir Mahmoud Shaheen, professeur de communications à l'université Helwan, qui occupe par ailleurs les fonctions de conseiller technique pour une entreprise égyptienne de télécommunications.

Les deux entreprises ont d'importants centres de recherche et développement, a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Au vu de la prolifération de logiciels permettant de débloquer des sites internet en Iran, Rayan Roshd « est devenu la principale entreprise à laquelle fait appel le régime iranien resserrer son emprise sur le secteur des télécommunications », a-t-il ajouté.

Rayan Roshd a développé des applications qui identifient les personnes qui accèdent aux réseaux sociaux bloqués par le régime ou qui tentent de débloquer des sites ou de se connecter à des adresses en ligne en dehors de l'Iran grâce au cryptage, a rapporté Shaheen.

L'entreprise a mis au point une méthode de suivi que les équipes iraniennes de sécurité en ligne utilisent pour signaler ceux qui utilisent des applications de déblocage de sites, a-t-il poursuivi.

« Lorsque les gens ont appris que des jeunes se faisaient prendre grâce à cette technologie, le nombre d'utilisateurs de Facebook, de Twitter, et plus récemment de Telegram a fortement baissé », a-t-il expliqué, soulignant que le régime a bloqué Facebook et Twitter et surveille Telegram.

La liberté d'expression en Iran a baissé à cause de cette technologie de surveillance, a déploré Shaheen.

Aide à la production d'armes

La plupart des entreprises de technologie iraniennes sont impliquées d'une façon ou d'une autre dans la fabrication d'armes, a affirmé à Al-Mashareq le major général Talat Moussa, expert militaire et ancien officier de l'armée égyptienne.

Les sociétés de fabrication du CGRI participent activement à la production de bateaux rapides et d'avions contrôlés à distance, a-t-il déclaré, en plus de mitrailleuses sophistiques équipées de capteurs optroniques.

L'imposition de sanctions contre Qeshm Madkandaloo n'est pas surprenante, car cette entreprise est impliquée dans la fabrication d'armes pour le CGRI et dans l'importation de pièces nécessaires à ce processus, a-t-il expliqué.

L'unité de recherche et développement de la division aérienne de l'entreprise est la principale productrice de technologie d'appareils aériens contrôlés à distance, a-t-il indiqué, qui développe des avions capables de transmettre de la vidéo et des photos en haute résolution.

Qeshm Madkandaloo a également réussi à réduire le poids des drones aériens et à rendre son moteur propulseur suffisamment puissant pour qu'il puisse transporter des explosifs et des missiles téléguidés, a déclaré Moussa.

« La production de missiles balistiques du régime iranien est aidée par le soutien de cette entreprise et de Rayan Roshd », a-t-il déclaré, ajoutant que ces deux sociétés avaient travaillé ensemble pour transporter les pièces principales depuis l'étranger.

Ceci s'applique également aux bateaux rapides, a-t-il précisé, lesquels sont désormais capables de se déplacer sur de longues distances en un minimum de temps

Le CGRI a utilisé ces bateaux d'attaque rapides pour perturber le flux commercial et la sécurité internationale.

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