Politique

Un tribunal du Yémen poursuit le procès du dirigeant houthi

Par Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des partisans houthis tiennent un portrait du chef de milice Abdoul-Malik al-Houthi lors d'une manifestation le 27 février 2015 à Sanaa. Al-Houthi est jugé par contumace pour avoir communiqué avec l'Iran et organisé un coup d'État contre le gouvernement. [Mohammed Huwais / AFP]

Le tribunal militaire de Marib a tenu mardi 25 août sa deuxième audience dans le procès du chef houthi Abdoul Malik al-Houthiet de 174 autres dirigeants houthis, présidé par le chef du tribunal militaire Aqeel Taj al-Din.

Les accusations portées contre les accusés dans l'affaire pénale no 4 de 2020 incluent la communication avec l'Iran et l'organisation d'un coup d'État contre le gouvernement.

Ils comprennent la formation d'une organisation terroriste (Ansarallah) avec l'aide du Hezbollah libanais et du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), et l'établissement de relations illégales avec un pays étranger, l'Iran, dans l'intention de nuire au statut militaire, politique, diplomatique et économique du Yémen.

Il s'agit également de fournir à l'Iran des informations sur la sécurité nationale du Yémen et des pays du Golfe en échange d'armes.

Le parquet militaire a demandé que les accusés soient jugés par contumace en tant que fugitifs de justice, conformément au code de procédure civile, après que leurs noms aient été publiés dans trois numéros consécutifs du journal du 26 septembre.

Le tribunal a entendu les plaintes déposées par les avocats du plaignant (République du Yémen) et a décidé de reporter l'audience au 25 septembre.

Le procès a commencé le 7 juillet par une première audience.

L'intervention de l'Iran au Yémen

Il sera d'une importance cruciale de s'assurer que l'affaire est complète et que des preuves suffisantes sont présentées contre les accusés, a déclaré le vice-ministre des Droits de l'Homme Nabil Abdoul Hafeez.

« Le coup d'État des Houthis, qui a reçu le soutien militaire, financier et médiatique de l'Iran, a conduit à la pire tragédie humanitaire au monde », a-t-il dit à Al-Mashareq.

« L'intervention de l'Iran et sa contrebande d'armes aux Houthis ont prolongé la guerre et constitué une violation de la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'embargo sur les armes au Yémen », a-t-il déclaré.

L'analyste politique Faissal Ahmed a indiqué pour sa part que les livraisons d'armes iraniennes saisies ces dernières années confirment le rôle de l'Iran et son intervention en faveur des Houthis.

« Cela a transformé le Yémen en une arène de chaos et de violence contre son propre peuple et les peuples des pays de la région », a-t-il souligné.

« Le procès doit inclure les livraisons d'armes de l'Iran aux Houthis, qui ont été documentées par des comités internationaux ou saisies par la coalition arabe et les forces armées yéménites », a-t-il dit.

Des armes acheminées vers les Houthis

Ahmed a noté que l'Iran fournissait des armes aux Houthis bien avant que la milice n'organise son coup d'État de 2014 à Sanaa.

L'Iran avait commencé à soutenir les Houthis avec des armes en 2013 en leur fournissant des missiles transportés à bord du navire Jihan 1 , a-t-il expliqué.

«L'Iran soutient toujours les Houthis avec des armes», a-t-il dit, soulignant que la coalition arabe a saisi deux cargaisons d'armes en avril et juin dans la mer d'Oman en route vers les Houthis.

« Les relations de l'Iran avec les Houthis leur ont permis d'organiser leur coup d'État et de poursuivre leur guerre pour la sixième année consécutive », a-t-il ajouté.

« Cette guerre a tué et blessé des milliers de Yéménites, détruit des secteurs de services, interrompu les salaires, provoqué des vagues de déplacement et augmenté les taux de pauvreté et de chômage au Yémen », a déclaré Ahmed.

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