Criminalité et Justice

Un tribunal yéménite entend les témoignages dans un procès de grande ampleur contre les Houthis

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Un juge yéménite et les responsables d'un tribunal assistent au procès de rebelles houthis présumés qui comparaissent devant le tribunal de sécurité de l'État à Sanaa, le 17 janvier 2010. [Ahmad Gharabli/AFP]

Le tribunal militaire de Marib a tenu lundi 2 novembre la cinquième audition dans le procès du chef des Houthis Abdoul Malik al-Houthi et de 174 autres leaders houthis pour des accusations portant notamment sur l'organisation d'un coup d'État contre le gouvernement du Yémen.

Lors de cette cinquième audition, qui s'était ouverte le 7 juillet, le tribunal avait revu ses décisions antérieures, notamment une demande faite à l'accusation pour qu'elle notifie aux témoins de présenter leurs preuves.

Le tribunal, présidé par le président du tribunal militaire Aqeel Taj al-Din, a également reconnu la présence des avocats de la défense et des avocats des familles des victimes ainsi que des représentants du ministère de la Défense.

L'accusation a présenté des preuves de la communication entre les Houthis et l'Iran, qui comportaient des détails sur l'envoi par Téhéran de l'officier du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) Hassan Eyrlou pour occuper les fonctions d'ambassadeur de l'Iran à Sanaa.

L'accusation a déclaré qu'elle prendrait les mesures nécessaires pour s'assurer qu'Eyrlou sera porté sur la liste des accusés lors de la prochaine audition.

Le tribunal a également entendu des témoins de l'accusation, notamment le porte-parole de l'armée yéménite, le général de brigade Abdo Majali, qui a témoigné sur un certain nombre de crimes et d'atteintes commis par les Houthis (Ansarallah).

Majali a également cité plusieurs incidents montrant l'engagement des Houthis dans la communication avec l'Iran,l'organisation d'un coup d'État, l'occupation des institutions de l'État, le pillage et l'usage d'une force excessive contre le peuple yéménite.

Le tribunal a ensuite entendu les témoignages de plusieurs victimes des crimes des Houthis.

Ces témoignages portaient pour l'essentiel sur la manière dont les Houthis avaient attaqué les forces armées et le palais présidentiel d'al-Maashiq à Aden, avaient saisi des armes et des biens publics, avaient posé des mines et tué et déplacé des civils.

À la fin de l'audience, le tribunal a autorisé les plaignants à soumettre leurs dossiers et présenter leurs preuves en prévision de la prochaine audience.

Commentant le procès, le militant des droits de l'homme et avocat Abdoul Rahman Berman a déclaré à Al-Mashareq que ces procédures étaient une étape positive dans le procès en justice qui aboutira certainement à des condamnations sûres.

« Lorsque les verdicts les reconnaissant coupables de ces crimes seront prononcés, tous les pays seront tenus, si le Yémen le leur demande, de les arrêter » s'ils devaient chercher refuge à l'étranger, puis de les extrader vers le Yémen, a-t-il indiqué.

« Les atteintes aux droits de l'homme et les crimes commis par les Houthis avec le soutien de l'Iran durant les cinq dernières années, au cours desquels des milliers de personnes ont été tuées et déplacées, soulignent l'importance de cette affaire », a-t-il conclu.

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