Religion

Les habitants d’Aden accueillent l’Aïd-el-Adha avec optimisme

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des Yéménites célèbrent l’Aïd-el-Adha à Aden le 12 août 2019, quelques jours après que les séparatistes se sont emparés du palais présidentiel et de camps de l’armée. Cette année, les habitants fêtent la mise en œuvre d’un accord de partage du pouvoir entre les séparatistes et le gouvernement. [Nabil Hasan/AFP]

Cette année, les habitants d’Aden accueillent avec optimisme la fête de l’Aïd-el-Adha, se réjouissant de la perspective d’un retour à la paix, à la sécurité et au développement.

Les séparatistes yéménites ont renoncé à leur déclaration d’autonomie dans le sud mercredi 29 juillet et se sont engagés à mettre en œuvre un accord de paix arbitré par l’Arabie saoudite, réparant la fracture entre les alliés dans la guerre contre les Houthis (Ansarallah).

Le gouvernement yéménite et le Conseil de transition du Sud (CTS) ont déjà pris des mesures pour mettre en œuvre l’accord de partage du pouvoir signé à Riyad en novembre dernier dans le cadre d’un nouveau mécanisme proposé par l’Arabie saoudite.

Le président Abdrabbo Mansour Hadi a publié des décrets présidentiels chargeant le Premier ministre Moeen Abdoulmalik de former un nouveau gouvernement dans les 30 jours et de nommer un nouveau gouverneur et directeur de la sécurité pour Aden.

« Depuis les affrontements sanglants entre l’armée et les forces du CTS à Aden l’année dernière, qui s’étaient déroulés deux jours avant l’Aïd-el-Adha, Aden connaît un déclin des services et de la sécurité », a rapporté Khaled Salem, un habitant de la ville.

« L'accord entre les deux parties et la nomination d'un gouverneur pour Aden amènera les autorités locales à s'intéresser aux services, au lieu de se concentrer sur le conflit et de choisir un camp », a déclaré le fonctionnaire à Al-Mashareq.

Cette instabilité a eu un impact négatif sur Aden et sur les services fournis aux résidents, a-t-il rapporté.

« Les manifestations de l’Aïd ont commencé à désamorcer les tensions, ce qui aura une incidence sur la sécurité et le bonheur des citoyens », a-t-il noté.

Une nouvelle ère à Aden

La mise en œuvre de l’Accord de Riyad « inaugure une nouvelle ère de travail du gouvernement depuis la capitale provisoire d’Aden », a déclaré Mouammar al-Eryani, le ministre de l’Information.

« Il s’agira notamment de ramener la situation à la normale, de fournir des services, de répondre aux besoins des citoyens dans les zones libérées, d’encourager le développement, d’unifier les efforts contre les Houthis et de parvenir à une solution politique globale », a-t-il précisé.

Pour l’instant, les habitants d’Aden suivent de près la situation pour voir comment elle évolue, a déclaré Radhwan Farie, résident d’Aden et militant des droits de l’homme.

« C’est parce que les accords précédents ont échoué et ont été suivis d’une vague de violents affrontements entre le gouvernement légitime et les forces du CTS », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

« Commencer la mise en œuvre de cet accord selon le mécanisme annoncé ouvre une nouvelle ère de paix et de calme », a-t-il déclaré. « Mais la ville est telle qu’elle est, il n'y a rien de nouveau. »

Si elle se déroule comme prévu, a-t-il ajouté, « la mise en œuvre de l’accord sera bénéfique pour la ville meurtrie, qui s’était transformée en champ de bataille entre tous les camps, et qui va maintenant reprendre vie ».

La sécurité et les services tels que l’électricité et l’eau, ainsi que les activités commerciales et le tourisme, ont été paralysés ces derniers mois, a-t-il rapporté, exprimant son espoir que ceux-ci soient rétablis et que l’économie reparte.

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