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Adoption d’une résolution critique envers l’Iran par les Nations unies

AFP

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Le représentant permanent de l’Iran auprès des Nations unies, Kazem Gharib Abadi, lors d’une conférence de presse après la réunion du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne le 10 juillet 2019. [Alex Halada/AFP]

Le conseil des gouverneurs de l’organe de surveillance nucléaire des Nations unies a adopté vendredi 19 juin une résolution critique envers l’Iran, la première du genre depuis 2012, alors que la tension monte sur le programme nucléaire de Téhéran.

Cette résolution appelle Téhéran à permettre aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) d’accéder à deux sites en Iran afin de déterminer si des activités nucléaires non déclarées y ont eu lieu au début des années 2000.

Elle « appelle l’Iran à coopérer pleinement avec l’agence et à satisfaire ses demandes sans plus attendre, y compris en fournissant un accès rapide aux lieux spécifiés par celle-ci ».

L’Iran bloque l’accès à ces sites depuis des mois, causant un différend diplomatique grandissant.

La résolution a été adoptée par 25 voix pour, deux contre et sept abstentions : l’Afrique du Sud, l’Inde, le Pakistan, la Thaïlande, la Mongolie, l’Azerbaïdjan et le Niger.

La Russie et la Chine, qui s'étaient toutes deux prononcées contre la perspective d’une résolution plus tôt dans la semaine, ont voté contre.

Cette résolution a été proposée par la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, et soutenue par les États-Unis, bien que l’ambassadeur américain auprès des Nations unies ait déclaré à Vienne que « le texte pourrait être renforcé ».

« Aucune exception »

Même si les sites en question ne sont pas considérés comme directement pertinents pour le programme nucléaire iranien actuel, l’agence estime qu’elle doit savoir si les activités remontant à près de 20 ans ont été correctement déclarées et si tous les matériaux ont été comptabilisés.

Malgré le différend portant sur ces deux sites, l’AIEA affirme qu’elle a toujours l’accès nécessaire pour inspecter les installations nucléaires déclarées de l’Iran, conformément à son mandat en vertu de l’accord historique conclu entre l’Iran et les puissances mondiales en 2015.

Toutefois, ce dernier différend survient au moment où cet accord périclite, car l’Iran continue d’aller à l’encontre de ses limites d’activité nucléaire en représailles au retrait des États-Unis de l’accord en 2018 et à la réimposition de sanctions.

S’adressant aux journalistes vendredi après l’adoption de la résolution, le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a déclaré qu’il serait « absolument inacceptable » de donner l’exemple que les États peuvent être sélectifs dans l’application des accords avec l’agence onusienne.

« Il n’y a pas d’exception. Il n’y a pas de protocole additionnel à la carte », a fait savoir Grossi, faisant référence à l’accord en vertu duquel l’AIEA a demandé à pouvoir accéder aux sites.

« J’ai l’intention de discuter très bientôt avec l’Iran pour tenter de résoudre ce problème le plus rapidement possible », a-t-il déclaré, ajoutant que l’ambassadeur de l’Iran auprès des Nations unies à Vienne, Kazem Gharib Abadi, sera sa première étape.

Vendredi toujours, le ministère britannique des Affaires étrangères a déclaré que le secrétaire au Foreign Office Dominic Raab rencontrera ses homologues français et allemand à Berlin pour discuter d’une « solution diplomatique aux activités déstabilisatrices de l’Iran au Moyen-Orient ».

L’Iran teste de nouveaux missiles de croisière

Entre-temps, la marine iranienne a déclaré jeudi avoir testé une « nouvelle génération » de missiles de croisière lors des premiers exercices militaires de ce type depuis que 19 marins ont été tués le mois dernier dans un incident de tir allié.

Le site internet des forces armées a publié des photos des manœuvres dans le golfe d’Oman montrant des missiles tirés depuis un navire de guerre et depuis un camion, ainsi qu’un navire explosant en mer.

Selon un communiqué, des missiles à courte et longue portée auraient été testés.

Une vidéo diffusée par la télévision publique sur son site internet indique que certains des missiles sont basés sur « d’anciennes plateformes qui ont été améliorées ».

Ces exercices navals se déroulent après un « accident » survenu lors d’un exercice similaire le 10 mai dernier, au cours duquel un navire de guerre avait été touché par un missile dans les mêmes eaux.

Dix-neuf membres d’équipage avaient été tués et 15 autres blessés dans cet incident, avait alors annoncé l’armée.

Selon l’agence de presse Tasnim, ce missile avait été tiré par un autre navire de guerre iranien, un incident de « tir allié ».

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