Économie

Mise en garde du Groupe de crise sur l’urgence de l’aide et des réformes au Liban

AFP

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Un jeune portant un masque de protection passe devant une fresque affirmant « Nous en avons assez » dans la ville de Tripoli, dans le nord du pays, le 28 avril. Le Liban connaît sa pire crise économique depuis la guerre civile de 1975-1990, encore aggravée par la crise du coronavirus. [Ibrahim Chalhoub/AFP]

Le Liban a besoin d’une aide internationale urgente et de réformes longtemps attendues pour protéger son peuple contre le pire effondrement économique de son histoire, a indiqué lundi 8 juin l’International Crisis Group (ICG).

« Le Liban a besoin d’une aide extérieure d’urgence pour éviter les pires conséquences sociales de la crise », a expliqué ce groupe de réflexion basé à Bruxelles dans un nouveau rapport.

« Cette crise économique est sans précédent dans l’histoire du pays », a-t-il ajouté.

L’économie du Liban est en chute libre depuis l’année dernière, une situation qui est en partie la cause des manifestations de masse contre une classe politique enracinée perçue comme inepte et corrompue.

La devise locale a perdu une grande partie de sa valeur, les prix ont flambé et des dizaines de milliers de personnes ont perdu leur emploi ou vu leurs salaires fortement réduits, tout cela étant encore aggravé depuis la mi-mars par le confinement dû au nouveau coronavirus (COVID-19).

Lourdement endetté, le pays s’est déclaré en défaut de paiement pour la première fois de son histoire en mars.

Le gouvernement a depuis lors adopté un plan de reprise économique et a entamé des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) pour tenter de débloquer des milliards de dollars d’aide.

« Le Liban a urgemment besoin de faire progresser les négociations avec le FMI, dont dépend également le soutien d’autres sources », a mis en garde l’ICG.

Vingt milliards de dollars sont nécessaires

Le Liban cherche à obtenir près de 9 milliards de dollars du FMI, a indiqué son ministre des Finances, en plus de 11 autres milliards de dollars sous forme de subventions et de prêts promis par les bailleurs de fonds internationaux en 2018 mais jamais débloqués en raison d’un manque de réformes.

Par ailleurs, « les bailleurs de fonds internationaux devraient augmenter l’aide humanitaire pour aider les Libanais les plus durement affectés par la crise », a indiqué l’ICG.

Plus de 35 % des Libanais sont sans emploi, et la pauvreté frappe désormais plus de 45 % de la population, selon des estimations officielles.

L’ICG a indiqué que les acteurs et les bailleurs de fonds internationaux devraient également « se concentrer sur des efforts visant l’éradication de la corruption et du clientélisme ».

Les futurs gouvernements devront mettre en œuvre d’importantes réformes « pour replacer le système fiscal et économique du pays sur des bases solides », a-t-il déclaré.

« Un tel changement structurel devra mettre fin au modèle politique grâce auquel des cliques corrompues et égoïstes s’approprient et redistribuent entre elles les ressources de l’État et les biens publics. »

L’IGC a estimé qu’il était « fort peu probable » que l’élite politique soit en mesure de superviser cette transition, estimant que cela reviendrait à « se tirer une balle dans le pied ».

« Il est en effet très difficile d’imaginer qu’ils le feront à moins que les Libanais qui sont descendus dans la rue depuis octobre 2019 trouvent le moyen d’exercer une pression soutenue sur les institutions politiques du pays », a-t-il conclu.

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