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Les Houthis perdent des combattants sur le front contre l'armée yéménite

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Un enfant yéménite porte une Kalachnikov lors d'un rassemblement le 21 février 2019 près de la capitale Sanaa organisé pour afficher le soutien aux Houthis. [Mohammed Huwais/AFP]

Le mois dernier, des centaines de combattants des Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran ont été tués lors d'affrontements avec les forces yéménites soutenues par les avions de la coalition arabe sur les fronts d'al-Jawf, de Sarwah et de Nahm.

Dans une déclaration du 8 mars, le ministre yéménite de l'Information Mouammar al-Eryani a déclaré que plus de 800 Houthis avaient été tués en 25 jours sur les fronts de Nahm et al-Jawf.

Beaucoup de ces combattants étaient des enfants soldats, a-t-il ajouté, accusant les Houthis d'avoir kidnappé certains d'entre eux et d'en avoir attiré d'autres sur les champs de bataille.

« Beaucoup des combattants tués ont été enlevés par le groupe à l'insu de leur famille », a déclaré al-Eryani, ajoutant que dans certains cas, les familles n'ont appris où se trouvaient leurs fils que lorsque leurs corps ont été ramenés chez eux.

Al-Eryani a accusé les Houthis de pousser les enfants yéménites en première ligne « sans se soucier de leur sort », et a appelé les familles des zones contrôlées par la milice à protéger leurs fils et à ne pas permettre qu'ils soient utilisés comme chair à canon.

Le 9 mars, les Houthis ont annoncé la mort de plusieurs de leurs commandants militaires, alors que les combats contre les forces yéménites faisaient rage sur le front d'al-Jawf.

Les forces yéménites ont annoncé qu'elles se mobilisaient pour reprendre les districts d'al-Jawf après que les Houthis eurent envahi la ville d'al-Hazm début mars.

Les médias houthis ont rapporté que des funérailles avaient été organisées pour le général de brigade Ali Ahmed Salih Dabaan, le colonel Hassan Ahmed Saleh al-Rousi, le lieutenant Hussein Ahmed Ali Sawmaa et le lieutenant Abdoul Khaleq Hussain Qaid Cheikh.

Les Houthis déclarent l'état d'urgence

Les Houthis ont déclaré l'état d'urgence dans les zones sous leur contrôle afin de mobiliser les combattants pour compenser leurs pertes sur les fronts, en particulier à al-Jawf, a fait savoir l'analyste Faisal Ahmed à Al-Mashareq.

« Un leader houthi, Mouhammad Ali al-Houthi, le numéro deux du groupe, a rencontré la semaine dernière les commandants de la milice et les a chargés de mobiliser les soldats vétérans en utilisant des incitations et des intimidations », a-t-il déclaré.

La milice a également chargé les commandants régionaux de mobiliser des combattants pour combler le manque de soldats face à l'intensification des combats à al-Jawf.

« Des funérailles sont organisées quotidiennement pour les combattants houthis à Sanaa et dans d'autres régions », a déclaré Ahmed, ajoutant que « la milice houthie n'annonce pas la mort des conscrits, mais seulement celle des commandants ».

Le chef du groupe, Abdoul Malik al-Houthi, a entre-temps donné des directives aux familles pour qu'elles envoient leurs fils restants au front afin de consolider leurs rangs, a rapporté Ahmed.

Recrutement dans les mosquées, les médias et les écoles

« Les Houthis utilisent tous les moyens pour envoyer des combattants sur les fronts, avec une mobilisation générale menée dans les mosquées, les médias et les écoles », a fait savoir l'analyste politique Khaled Ahmed à Al-Mashareq.

Le recrutement est à la fois volontaire et forcé, a-t-il précisé, notant que certains enfants ont été emmenés sur les fronts, où certains sont blessés et d'autres « sont rendus aux familles comme cadavres dans des boîtes sans pouvoir être identifiés ».

« Les Houthis ont été contraints de recourir à la conscription en raison des pertes humaines qu'ils ont subies, dont 100 recrues tuées dans un camp de recrutement du district de Bakil al-Mir », a-t-il déclaré.

Les Houthis ont affirmé que ces combattants ont été tués dans un raid aérien de la coalition arabe le 9 mars, a indiqué Ahmed.

Ahmed a ajouté que la milice avait recruté plus de 30 000 enfants soldats.

Ali al-Jabboubi, habitant de Sanaa, a raconté à Al-Mashareq que son fils Mouhammad était rentré chez lui après une année entière d'absence.

« Mouhammad est rentré après avoir été blessé sur le front d'al-Jawf, où il se battait aux côtés des Houthis », a-t-il déclaré, ajoutant que « sa blessure est ce qui lui a permis de revenir ».

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