Droits de l'Homme

Les Houthis ont commis des milliers d'abus à Sanaa en 2019 selon un rapport

Par Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Le Bureau des droits de l'homme à Sanaa a révélé dans un rapport le 14 mars que les Houthis avaient commis 18.850 violations des droits de l'homme contre les yéménites à Sanaa en 2019. [Photo publiée en-ligne]

Les Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran avaient commis plus de 18.000 violations des droits de l'homme à Sanaa en 2019, a révélé le Bureau des droits de l'homme à Sanaa dans un rapport publié samedi 14 mars.

Ces violations, enregistrées entre le 1er janvier et le 31 décembre comprennent les exécutions, la torture, les disparitions forcées, les arrestations arbitraires, le recrutement d'enfants et le pillage de fonds public et de la propriété privée.

Parmi les 18.850 violations révélées dans le rapport, il y avait eu 76 exécutions extrajudiciaires-- dont une femme et sept enfants -- 610 enlèvements, 183 cas de disparitions forcées, 253 cas de torture aux prisons de la milice et 329 cas d'agressions physiques.

« Les Houthis ont procédé avec leurs faux-procès politiques de personnalités et activistes de l'opposition, menant environ 158 procès de ce genre», a souligné le rapport.

Ils ont également révoqué « arbitrairement » 8.929 employés de leurs postes à Sanaa en 2019, a-t-il précisé, ajoutant qu'il y « avait eu 292 cas de pillage de l'aide alimentaire ».

Le rapport a aussi révélé 728 violations contre des enfants et 370 violations contre des femmes.

Les abus touchent tous les segments de la société

Les abus et crimes mis en évidence dans le rapport étaient ceux que l'équipe de surveillance a pu documenté, mais le nombre réel pourrait être plus élevé, a souligné le directeur général des droits de l'homme à Sanaa Fahmi al-Zubairi.

« L'équipe de surveillance a utilisé les enquêtes, les visites sur le terrain, et entrevues personnelles avec les victimes et leurs proches», pour compiler le contenu du rapport, a-t-il confié à Al-Mashareq.

« L'équipe a travaillé dans un environnement très dangereux pour documenter l'implication des Houthis dans des crimes contre les civils», a-t-il affirmé.

Ils seront utilisés plus tard comme preuve dans les actions en justice que les proches des victimes pourront mener contre les responsables, a-t-il signalé.

Al-Zubairi a appelé « la communauté internationale, l'ONU, les organisations des droits de l'homme et le Conseil des droits de l'homme à intervenir rapidement et mettre la pression sur les Houthis pour arrêter ces violations ».

L'analyste politique, Faissal Ahmed, a affirmé pour sa part à Al-Mashareq que les Houthis avaient commis tous les types d'abus et de crimes contre les civils, qui ont touché tous les segments de la société, y compris les femmes et les enfants.

Les abus des Houthis comprenaient le pillage de l'aide, qui a contribué à aggraver les souffrances de la population tout en favorisant les efforts de guerre de la milice qui servent l'Iran et non le Yémen, a-t-il ajouté.

« L'impact de certains abus et crimes n'a pas été ressenti par les victimes uniquement mais aussi par leurs familles qui ont perdu leur chef de famille», a-t-il expliqué.

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