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Poursuite des opérations militaires à al-Jawf au Yémen

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des forces pro-gouvernementales à l'arrière d'un pick-up lors d'une patrouille dans la province de Shabwa, le 21 décembre 2015. [Saleh al-Obeidi/AFP]

Les forces yéménites se sont engagées à poursuivre les opérations militaires dans la province d'al-Jawf jusqu'à ce qu'elles aient débarrassé tous les districts des Houthis (Ansarallah) épaulés par l'Iran.

L'annonce en a été faite après que les forces yéménites eurent repris la semaine dernière le camp d'al-Khanjar et de vastes régions du district de Khub, tuant et capturant des dizaines de militants.

Les forces de sécurité ont monté avec succès plusieurs embuscades après avoir attiré les Houthis vers des endroits à l'ouest d'al-Yatma, a expliqué le général de brigade Abdo Abdoullah Majali, porte-parole de l'armée, le 10 mars.

Elles ont également libéré de nouvelles parties d'al-Jawf, a-t-il poursuivi, soulignant que les opérations militaires se poursuivront jusqu'à ce que les Houthis aient été chassés de l'ensemble de la province.

Les forces armées ont mené une très importante offensive dans la région d'al-Mahashmah et dans des sites proches d'al-Jawf et d'al-Salila, infligeant de lourdes pertes humaines et matérielles aux Houthis et capturant plusieurs de leurs combattants, a précisé Majali.

Le 5 mars, l'armée yéménite a annoncé le lancement d'une offensive destinée à reprendre et libérer les districts d'al-Jawf contrôlés par les Houthis après que les Houthis eurent pris la capitale provinciale d'al-Hazm le 1er mars.

Les tribus soutiennent l'armée

L'armée a lancé « une alerte générale pour reprendre les directorats d'al-Jawf » sous le commandement du gouverneur d'al-Jawf, le major général Amin al-Akimi, a déclaré son porte-parole, le colonel Rabei al-Qurashi.

« L'armée est passée d'un mode défensif à un mode offensif pour reprendre les zones [contrôlées par les Houthis], dont certaines étaient contrôlées par les Houthis depuis le début de la guerre, et d'autres qui avaient été prises il y a un an », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

« Les tribus de Dahm ont soutenu l'armée et procédé à une manœuvre de contournement des positions des Houthis et capturé une cinquantaine de leurs miliciens », a-t-il précisé.

L'armée a pu sécuriser la route d'al-Yatma qui relie al-Jawf à la province de Marib, a poursuivi al-Qurashi, expliquant que lorsque les Houthis contrôlaient cette route, ils étaient en mesure de perturber les opérations de ravitaillement de l'armée.

L'armée a également repris al-Salila, et les Houthis se retirent de cette zone, après avoir perdu nombre de leurs combattants lors de ces affrontements, a-t-il ajouté.

Al-Qurashi a souligné « le rôle actif des appareils de la coalition [arabe], qui ont effectué des frappes aériennes précises contre les Houthis à al-Jawf et ont eu un impact majeur lors de la reprise et de la libération de plusieurs régions ».

« La libération et la reprise de plusieurs districts d'al-Jawf doivent se poursuivre pour priver les Houthis de la possibilité de poser des mines », a expliqué le politologue Faisal Ahmed à Al-Mashareq.

Cela compliquerait les opérations de libération de l'armée, a-t-il ajouté.

Poussée pour reprendre al-Jawf

« Le mouvement le plus de l'armée yéménite a été la manœuvre de contournement effectuée contre les éléments houthis dans les zones désormais contrôlées par l'armée, qui a permis de mettre les Houthis sur la défensive », a indiqué Ahmed.

« Cela souligne l'importance de la reprise et de la libération des districts d'al-Jawf, emplacements stratégiques des Houthis importants à la fois pour la province de Marib et pour l'Arabie saoudite », a-t-il poursuivi, soulignant qu'al-Jawf jouxte le royaume.

Le soutien aérien de la coalition arabe apporté aux forces yéménites à al-Jawf « a été motivé par le désir de l'Arabie saoudite de protéger ses installations économiques contre des attaques potentielles des Houthis par al-Jawf »,a-t-il ajouté.

L'Arabie saoudite ne veut pas que l'Iran ou ses intermédiaires puissent utiliser le territoire yéménite pour menacer sa sécurité ou le trafic du commerce mondial par la mer Rouge, a expliqué à Al-Mashareq Abdoulsalam Mohammed, directeur du Centre Abaad d'études et de recherche.

Le royaume s'inquiète en particulier du fait que « les Houthis se soient rapprochés de l'Arabie saoudite par la province d'al-Jawf », a-t-il expliqué, précisant qu'il « ne peut être sûr que les Houthis prendront leurs distances d'avec le régime iranien ».

Selon un du centre Abaad, l'Arabie saoudite voit un besoin de stabilité au Yémen « au travers d'un gouvernement yéménite qui dirige ses institutions et protège ses frontières et son territoire ».

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