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Fermeture des écoles au Yémen dans le cadre des précautions contre le COVID-19

Par Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Un employé de l'administration locale qui fait partie d'un groupe de travail combiné sur la lutte contre le nouveau coronavirus (COVID-19) fumige un quartier de Sanaa au Yémen le 23 mars. [Mohammed Huwais / AFP]

Dans le cadre d'une mesure visant à enrayer la propagation du nouveau coronavirus (COVID-19) au Yémen, le Comité national suprême d'urgence (SNEC) a décidé de fermer les écoles, les universités et les institutions académiques jusqu'à la fin de l'Aïd al-Fitr.

Le vice-Premier ministre et président de la SNEC, Salem al-Khanbashi, a annoncé lundi 23 mars la suspension officielle du processus éducatif jusqu'au 30 mai dans le cadre d'une initiative visant à conjurer le coronavirus.

Le Yémen est déjà confronté à des conditions difficiles en raison de la guerre, sur le point d'entrer sa sixième année, et qui a ravagé l'infrastructure sanitaire et l'économie du pays et exacerbé les souffrances de son peuple.

Les instructions données aux administrateurs du secteur de l'éducation et aux gouverneurs provinciaux incluaient un calendrier pour la reprise des études et la fin de l'année scolaire, les écoles reprenant le 31 mai et se poursuivront jusqu'au 4 juillet.

Le SNEC a autorisé le ministère de l'Éducation à fixer les dates des examens de l'année de promotion, à condition qu'ils soient terminés avant le 14 juin.

Il a fixé au 15 juillet la date des examens finaux dans les écoles, universités et autres institutions, stipulant que le ministère doit terminer le processus d'examen avant le début de la fête de l'Aïd al-Adha le 30 juillet.

Après l'Aïd al-Adha, les étudiants bénéficieront d'un certain nombre de jours de congé avant le début de la nouvelle année scolaire, le 1er septembre.

Mesures préventives en vigueur

Outre la fermeture des écoles, le Yémen a suspendu les prières de groupe et celles de vendredi dans les mosquées, interdit les rassemblements et fermé les marchés et les points de vente du qat, même si dans les zones contrôlées par les Houthis, les marchés du qat sont toujours ouverts..

Le gouvernement a également accéléré les préparatifs médicaux alors que la pandémie mondiale de coronavirus se propage dans la région.

"Le Yémen n'a toujours pas d'infection au coronavirus", a déclaré le vice-ministre de la Santé publique et de la Population Echraq al-Sebai à Al-Mashareq.

"En coopération avec l'Organisation mondiale de la santé, le ministère a pris plusieurs mesures, notamment la préparation d'équipes médicales, la réalisation de tests pour les voyageurs en provenance de l'extérieur du Yémen et la préparation des installations de quarantaine", a-t-elle indiqué.

Les médias et les organisations de la société civile peuvent jouer un rôle important dans la sensibilisation à la santé et la suppression des rumeurs et des informations erronées, a dit al-Sebai.

Les Houthis invités à coopérer

Al-Sebai a appelé les Houthis soutenus par l'Iran (Ansarallah) à mettre fin aux détentions arbitraires aux points de passage dans les zones sous leur contrôle, affirmant que la milice l'a fait sous prétexte de mettre en place des quarantaines sanitaires.

"Les détenus de Radaa [province d'al-Bayda] sont dans un état catastrophique, car les Houthis les ont placés dans une école qui manque de services essentiels et où ils dorment en plein air", a-t-elle fait savoir.

Lundi, un avion des forces royales aériennes saoudiennes est arrivé à l'aéroport international d'Aden avec des fournitures médicales liées à la préparation et à l'intervention au COVID-19.

Le vice-ministre de la Santé du secteur des soins primaires, Ali al-Walidi, a déclaré à Al-Mashareq que le ministère fait de son mieux avec les ressources dont il dispose pour empêcher la propagation du coronavirus.

Il a exhorté tous les Yéménites à se conformer aux instructions du SNEC, à éviter les rassemblements et les marchés et à respecter les directives en matière d'hygiène et de comportement sanitaire.

Médecins sans frontières (MSF) a déclaré mardi qu'il était préoccupé par le fait que de nombreux Yéménites n'aient même pas accès à de l'eau propre ou au savon, faisant écho aux préoccupations exprimées précédemment par le Comité international de la Croix-Rouge au Yémen.

MSF a déclaré qu'étant donné l'état du système de santé, ce serait "une catastrophe" si le coronavirus atteignait le Yémen.

"Se laver fréquemment les mains est le moyen le plus efficace de se protéger contre le coronavirus, mais que feront plus de la moitié des Yéménites qui n'ont pas accès à l'eau potable?" a déclaré dimanche le CICR au Yémen.

Selon le ministère de la Planification et de la Coopération internationale, la Banque mondiale et la Société financière internationale ont alloué 26,7 millions de dollars pour aider le Yémen à lutter contre le coronavirus et son impact économique et social.

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