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Craignant des troubles locaux, les Houthis renforcent la sécurité à Sanaa

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Un combattant houthi porte une mitrailleuse lourde à l'épaule alors qu'il marche dans une rue de Sanaa le 6 décembre 2017, où la milice s'était heurtée à des fidèles d'Ali Abdallah Saleh, l'ancien président assassiné du Yémen. [Mohammed Huwais/AFP]

Les Houthis (Ansarallah) ont renforcé la sécurité à Sanaa pour le deuxième anniversaire des affrontements qui ont éclaté entre cette milice soutenue par l'Iran et les forces alliées à l'ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh.

Le Congrès général du peuple (CGP) de Saleh était allié aux Houthis jusqu'à fin 2017, date à laquelle il avait organisé un soulèvement populaire contre la milice.

Les Houthis avaient assassiné Saleh le 4 décembre 2017 à Sanaa, suite à son appel au soulèvement deux jours plus tôt.

Poussés par la crainte de protestations inspirées du modèle anti-iranien en Irak et au Liban, les Houthis ont placé certains dirigeants du CGP sous garde rapprochée et ont déployé de nouveaux postes de contrôle dans la ville, ont rapporté les médias locaux.

Ces mesures mises en place par cette milice interviennent alors que plusieurs dirigeants et militants du CGP ont appelé à des célébrations pour marquer le soulèvement du 2 décembre.

Les Houthis avaient également interdit aux dirigeants du CGP d'organiser des manifestations pour marquer la fête de l'indépendance du Yémen le 30 novembre.

Les exactions des Houthis renforcent l'opposition

Le soulèvement du 2 décembre est un « soulèvement populaire contre la milice houthie », a fait savoir le colonel Sadiq Dwaid, porte-parole des Forces de résistance nationale.

« Le peuple a exprimé son rejet de l'injustice, de l'obscurantisme, des restrictions aux libertés et du banditisme », a-t-il indiqué sur Twitter.

Malgré l'état de faiblesse auquel sont confrontés les dirigeants du CGP encore présents au Yémen, ils sont tout de même surveillés de très près par les Houthis, a expliqué Adel al-Shujaaa, membre du comité général du CGP.

Ils veulent ainsi s'assurer « qu'aucune manifestation similaire à celles qui ont éclaté au Liban et en Irak n'aura lieu », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Le politologue Faisal Ahmed a ajouté que les Houthis craignent l'éruption de manifestations contre eux similaires à ce qui se passe en Irak et au Liban, où les manifestants ont appelé à mettre un terme à la corruption et à réduire l'influence des milices soutenues par l'Iran.

« Les craintes des Houthis ont augmenté après que certains dirigeants du CGP à l'étranger et d'autres chefs de parti ont appelé à la révolte contre la [milice] », a-t-il déclaré.

Les exactions commises par les Houthis contre le peuple yéménite ont augmenté l'opposition contre la milice soutenue par l'Iran, a-t-il indiqué, notant que cela les a rendus « très prudents » et les a poussés à annoncer qu'ils réprimeraient toute protestation par la force.

« C'est la preuve qu'ils craignent un sort similaire à celui des milices soutenues par l'Iran en Irak et au Liban. »

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