Manifestations

Les manifestants libanais résistent malgré l'attaque du Hezbollah

AFP

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Des partisans du Hezbollah et d'Amal affrontent des manifestants à Beyrouth le 25 novembre. [Anwar Amro/AFP]

Les forces de sécurité ont enlevé des barrages routiers dans tout le Liban lundi 25 novembre, affrontant des manifestants qui sont descendus dans la rue dès le petit matin alors qu'ils avaient été attaqués pendant la nuit par des partisans du Hezbollah et d'Amal.

Les manifestants, qui demandent une réorganisation complète du gouvernement, sont restés mobilisés depuis le début des manifestations le 17 octobre, mais une classe politique amèrement divisée n'a pas encore trouvé d'issue à la crise.

Frustrés par l'impasse, les manifestants avaient appelé à des barrages routiers et une grève générale lundi, mais une attaque du Hezbollah et des partisans d'Amal dimanche soir a affaibli la participation.

Dimanche aux alentours de minuit, des partisans du Hezbollah et d'Amal ont attaqué des manifestants sur un viaduc près du principal camp des manifestants de la capitale.

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Du gaz lacrymogène emplit une rue lors d'affrontements entre les partisans du Hezbollah et d'Amal et des manifestants à Beyrouth le 25 novembre. [Anwar Amro/AFP]

Brandissant des drapeaux du parti, ils ont lancé des pierres sur les manifestants pacifiques et leur ont adressé des insultes alors que la police anti-émeute se déployait pour contenir la violence.

Les agresseurs ont également ravagé un campement voisin, démolissant des tentes et endommageant des devantures de magasins, dans ce qui a été leur agression la plus grave contre les manifestants à ce jour.

Au moins dix manifestants ont été blessés, a fait savoir la protection civile, sans préciser la gravité de leurs blessures.

Situation tendue

Lundi matin, des pierres éparpillées, des éclats de verre et les restes mutilés de tentes jonchaient le sol dans le camp principal des manifestants.

Autour de la place, les vitres des voitures avaient été brisées par des pierres.

Mais les manifestants ont déclaré qu'ils ne céderaient pas.

« L'attaque nous a tous donné, du moins à ceux qui sont ici maintenant, un sentiment de détermination », a déclaré Dany Ayyash, 21 ans, qui bloquait une route importante dans le district d'Hamra à Beyrouth tôt lundi.

Les forces de sécurité ont été déployées lundi dans les artères principales du nord et de l'est du Liban pour retirer les barricades métalliques et de terre érigées plus tôt par les manifestants.

L'armée a déclaré avoir arrêté à l'aube au nord de Beyrouth neuf personnes qui avait essayé de bloquer les routes avec de l'essence en feu et du verre brisé.

Elle a également arrêté quatre autres « émeutiers », relâchant trois d'entre eux peu après.

Les forces de sécurité ont fait l'objet de nouvelles critiques après l'attaque de dimanche, les manifestants les accusant d'être laxistes à l'égard des partisans du Hezbollah et d'Amal, dont la plupart sont ressortis libres.

Ces critiques ont incité la ministre de l'Intérieur Raya al-Hasan à répondre lundi que l'armée et la police restent les seules « garantes de la stabilité du pays ».

Paralysie politique

Les dirigeants politiques n'ont pas réussi à choisir un nouveau gouvernement, près d'un mois après la démission du cabinet du Premier ministre Saad al-Hariri, qui a cédé sous la pression populaire.

Le président Michel Aoun s'est déclaré ouvert à un gouvernement qui inclurait des technocrates et des représentants du mouvement populaire, deux revendications essentielles des manifestants.

Mais les manifestants affirment qu'ils rejetteront tout gouvernement qui comprendrait également des représentants des partis établis.

Les États-Unis, la France, la Banque mondiale et les agences de notation de crédit ont tous exhorté les responsables à accélérer la formation de leur cabinet, mettant en garde contre une détérioration de la crise économique et politique.

Lors du dernier effort diplomatique en date, Richard Moore, haut responsable du ministère britannique des Affaires étrangères, s'est rendu au Liban lundi.

Il « a souligné l'urgence de former un gouvernement » lors de réunions avec le président, le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, le président du parlement et le chef d'état major des armées, a fait savoir une déclaration de l'ambassade britannique.

« Le peuple libanais a été clair dans sa demande d'amélioration de la gouvernance, et il doit être entendu », a déclaré Moore, directeur général des affaires politiques.

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