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Les attaques contre le pétrole saoudien, « une erreur stratégique », affirment des experts

Sultan al-Barei in Riyad

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Les forces saoudiennes utilisent un lance-missiles fourni par les États-Unis. [Photo fournie par les forces armées saoudiennes]

Si l'équipe onusienne qui enquête sur les attaques du 14 septembre contre deux installations pétrolières saoudiennes détermine que la force al-Qod du Corps des Gardiens de la révolution islamique (FQ-CGRI) en est responsable, ce sera un revers majeur pour l'Iran, ont fait savoir des experts.

Bien que les Houthis (Ansarallah) du Yémen soutenus par l'Iran eurent d'abord revendiqué les attaques contre les installations d'Aramco à Abqaiq et Khurais, leurs affirmations ont été largement discréditées, et les attaques ont été globalement imputées à l'Iran.

S'il est définitivement démontré que l'Iran est derrière ces attaques, cela constituerait une importante erreur stratégique de la part de la FQ-CGRI, ont expliqué des experts à Al-Mashareq.

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Des ouvriers réparent l'une des installations saoudiennes de Aramco qui a été attaquée le 14 septembre. [Photo de Mehr News Agency]

En réponse à ces attaques, les États-Unis ont accru leur présence dans la région afin de défendre leurs alliés du Golfe, ont-ils indiqué.

Ce n'était certainement pas l'objectif recherché par le commandant de la FQ-CGRI, le major général Qassem Soleimani, ont-ils ajouté, notant qu'il semble s'agir d'une grave erreur de jugement de la part de celui-ci.

« Comment un pays peut-il faire quelque chose sans y réfléchir du tout, permettant à son plus grand ennemi d'acquérir plus de pouvoir », s'est interrogé Yasser al-Muhanna, professeur à la faculté d'économie et de gestion de l'Université Qassim.

Or c'est exactement ce que l'Iran semble avoir fait, a-t-il ajouté.

L'attaque contre le pétrole saoudien a placé les États-Unis dans une position plus forte, a déclaré al-Muhanna, « tant pour le pétrole qu'ils produisent que pour la protection de la région du Golfe ».

Les États-Unis ont des partenariats stratégiques de longue date avec les pays du Golfe, a-t-il noté, ajoutant que « le monde a besoin d'une superpuissance qui maintienne la stabilité des prix, de la production et des exportations du pétrole ».

Une décision insensée

« Le CGRI a commis une erreur fatale en attaquant les installations d'Aramco », a affirmé à Al-Mashareq le spécialiste des affaires iraniennes Fathi al-Sayed.

Les répercussions militaires de cette attaque incluront le renforcement des capacités de défense saoudiennes pour répondre à d'éventuelles attaques futures, ainsi que l'augmentation de la puissance militaire américaine soutenant la sécurité dans le Golfe, a-t-il déclaré.

À cause de ce renforcement militaire, toute activité malveillante de la part du CGRI « se heurtera à une force stratégique massive qui écrasera toute action constituant une menace pour un pays de la région ou ses eaux territoriales », a expliqué al-Sayed.

Les attaques du 14 septembre « ont presque franchi toutes les limites de la retenue américaine et saoudienne », a-t-il poursuivi, anticipant « une réponse directe et dure » à toute agression future de cette nature.

« Par conséquent, la décision d'attaquer Aramco est peut-être l'une des pires décisions jamais prises et mises en œuvre dans l'histoire moderne de l'Iran », a déclaré al-Sayed.

Au lieu de donner plus de pouvoir à l'Iran, a-t-il ajouté, ces attaques « inciteront à davantage de sanctions et peut-être à une frappe militaire et à l'isolement international » de l'Iran.

Erreurs stratégiques

La décision d'attaquer Aramco reflète l'état lamentable du processus décisionnel iranien, a déclaré l'expert militaire Abdel-Karim Ahmed à Al-Mashareq.

Le processus de décision est entièrement contrôlé par Soleimani, qui est directement responsable des opérations étrangères de l'Iran, a-t-il décrit, et « est connu pour son incapacité à fixer des priorités et prendre en compte les conséquences de telles opérations ».

« Cet homme n'y connait rien à cela », a affirmé Ahmed. « Tout ce qu'il sait, c'est comment former des gangs armés et trouver des moyens de les transporter et de faire du trafic de stupéfiants et autres produits de contrebande. »

Le passé de Soleimani est rempli d'erreurs de ce genre, a-t-il indiqué.

« En lui donnant la responsabilité des décisions souveraines en matière de politique étrangère, son pays a subi beaucoup de pertes à un moment où il souffre des sanctions successives qui lui sont imposées », a-t-il ajouté.

Les sanctions qui ont été imposées à l'Iran sont principalement le résultat « des actions de la FQ-CGRI et de ses affiliés dans la région », a conclu Ahmed.

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