Sécurité

Les États-Unis s’engagent à continuer la lutte contre l’armement de l’Iran

Sultan al-Barei à Riyad

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La marine américaine a découvert ces missiles guidés et ces drones en février sur un bateau iranien. [US Central Command]

Les États-Unis vont continuer à agir pour garantir que ’'Iran « ne nuit plus au reste du monde » après que le Conseil de sécurité des Nations unies a rejeté vendredi 14 août une résolution américaine visant à prolonger un embargo sur les armes à destination de l’Iran.

L’Iran reste une menace pour la région et le reste du monde, ont déclaré des experts régionaux à Al-Mashareq, car il continue à développer son programme de missiles alors qu’il est sous le coup de sanctions, qui restent en vigueur jusqu’au 18 octobre.

« Les États-Unis sont déterminés à faire en sorte que les Iraniens et ce régime, ce régime théocratique, n’aient pas la capacité de nuire davantage au reste du monde », a déclaré samedi le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

Le président américain Donald Trump a promis samedi de rétablir unilatéralement les sanctions des Nations unies contre Téhéran, indiquant qu’une annonce sera faite cette semaine.

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Les restes de missiles tirés par les Houthis sur les installations pétrolières d’Aramco en Arabie saoudite en septembre, vus sur cette photo, sont identiques à leurs homologues iraniens. [Photo fournie par la Saudi Press Agency]

« Nous allons réimposer les sanctions », a prévenu Trump.

Il faisait référence à l’argument contesté selon lequel les États-Unis restent un « participant » à l’accord nucléaire iranien de 2015, malgré leur retrait de celui-ci, et peuvent donc imposer un retour aux sanctions s’ils considèrent que l’Iran en viole les conditions.

Non-respect permanent de Téhéran

« L’Iran continue de défier les lois internationales et la communauté internationale par son manque d’adhésion et ses infractions constantes et délibérées à l’embargo sur les armes imposé par les Nations unies à travers la Résolution 1929 de juin 2010 », a déclaré Abdoullah al-Dakhil, professeur à la faculté de sciences politiques de l’Université du Roi Saoud à Riyad.

« Cela a été confirmé par les Nations unies elles-mêmes dans un rapport présenté par le secrétaire général António Guterres, qui a confirmé que les [missiles utilisés dans] les attentats contre la compagnie saoudienne Aramco, qui ont été attribués aux Houthis, sont bien d’origine iranienne », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Les Houthis (Ansarallah) soutenus par l’Iran au Yémen avaient revendiqué les attaques du 14 septembre 2019 visant deux installations pétrolières appartenant au géant énergétique saoudien Aramco

Malgré des preuves indiquant clairement l’implication de l’Iran, Téhéran continue de nier sa responsabilité et de détourner l’attention sur les Houthis, une milice soutenue par son Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).

En s’opposant à la résolution visant à prolonger l’embargo, a estimé al-Dakhil, la Chine et la Russie ignorent « le ciblage des civils et des installations civiles, qui est pénalisé par le droit international ».

Ce faisant, ils se font les complices volontaires des actions néfastes de l’Iran.

De plus, a-t-il ajouté, les attaques contre les installations pétrolières ont un effet sur la quantité mondiale de pétrole qui est extraite et pompée quotidiennement, et « impactent d’une manière ou d’une autre les cours mondiaux du pétrole en raison des dégâts causés aux installations ».

« Ce sont des sujets sensibles, si quelqu’un est accusé de les commettre ou même de les soutenir, ce qui est le cas de l’Iran, l’auteur du crime, et de la Chine et de la Russie, qui tentent de couvrir ces actes », a-t-il déclaré.

L’Iran se cache derrière ses milices

L’Iran a lancé des menaces et des attaques directes et indirectes contre les États du Golfe et d’autres pays « à travers son soutien, financier et militaire, aux affiliés armés du CGRI », a indiqué l’expert militaire saoudien Mansour al-Shehri à Al-Masahreq.

« Téhéran tente de se dissimuler derrière ces groupes et de les utiliser comme un rideau pour ses opérations, comme il l’a fait avec les missiles houthis tirés sur les [installations] d’Aramco », a-t-il ajouté, notant qu’il avait été confirmé que ceux-ci étaient bien d’origine iranienne.

Le rapport présenté par le secrétaire général des Nations unies correspond également « aux conclusions des équipes saoudiennes spécialisées sur l’origine de ces missiles », a-t-il fait savoir.

De plus, « les États-Unis ont déjoué le transport de ces armes à au moins deux reprises, en novembre 2019 et en février 2020 », a-t-il rapporté.

De nombreux rapports ont indiqué « l’existence d’entrepôts pour ces missiles » dans des pays comme le Yémen, l’Irak, la Syrie et le Liban, a-t-il poursuivi, ce qui constitue une menace pour l’ensemble de la région du Moyen-Orient.

« Il n’est pas rare que les dirigeants du CGRI et l’Iran mentent sur la violation de l’embargo sur les armes et se présentent comme les victimes d’une injustice », a déclaré à Al-Mashareq Fathi al-Sayed, du Centre al-Sharq d’études régionales et stratégiques.

« Nous sommes habitués à voir cela de la part de la machine médiatique iranienne, qui gagne du temps et ment comme tactique pour atteindre ses objectifs », a indiqué ce spécialiste des affaires iraniennes.

« L’Iran considère le transport d’armes vers ses affiliés à l’étranger comme essentiel pour lui permettre de continuer à créer une tension perpétuelle dans la région », a-t-il conclu, soulignant que le CGRI se vante ouvertement de continuer à développer des armes et des missiles balistiques capables de transporter des têtes nucléaires ou chimiques.

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