Politique

La trêve à al-Hodeidah renforce la possibilité de paix au Yémen, affirment des responsables

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Un combattant yéménite des forces pro-gouvernementales armé d'un fusil le 15 décembre à al-Hodeidah ville portuaire sur la mer Rouge. [AFP]

Un cessez-le-feu concernant le port yéménite d'al-Hodeidah conclu la semaine dernière entre le gouvernement et les Houthis (Ansarallah), soutenus par l'Iran, épargnera la ville et améliorera les chances de voir s'instaurer une paix totale, ont déclaré des responsables et des habitants.

Après des négociations d'une semaine sous l'égide des Nations unies en Suède, les belligérants ont annoncé jeudi 13 décembre un cessez-le-feu immédiat pour la province d'al-Hodeidah et les ports d'al-Hodeidah, Salif et Ras Issa.

Cet accord, qui doit entrer en vigueur mardi, appelle à l'arrêt de toutes les manifestations militaires dans la ville et à un redéploiement mutuel des forces présentes à al-Hodeidah et dans les ports de Salif et Ras Issa vers des lieux convenus.

Cela doit avoir lieu sous 45 jours à partir de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

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Cette photo, prise le 14 décembre, montre un marché d'al-Hodeidah, ville portuaire sur la mer Rouge. [Abdo Hyder/AFP] 

L'accord de trêve stipule également que la sécurité de la ville et des trois ports sera assurée par les forces de sécurité locales, conformément à la législation yéménite.

Un comité de coordination pour le redéploiement sera créé et présidé par les Nations unies, qui joueront également un rôle majeur dans le soutien à la Yemen Red Sea Ports Corporation pour la gestion des trois ports.

Les négociations ont également englobé un accord portant sur l'échange de plus de 15 000 prisonniers, et l'ouverture de couloirs humanitaire vers Taez.

Des affrontements sporadiques subsistent

Cependant, les négociations ont échoué à parvenir à un accord sur la réouverture de l'aéroport de Sanaa et sur les mesures économiques nécessaires pour préserver la population d'une famine supplémentaire, a rapporté l'AFP.

Des habitants d'al-Hodeidah et des zones environnantes ont également signalé d'intenses combats et des frappes aériennes ces derniers jours, alors que les affrontements se poursuivaient.

Au moins 29 combattants, dont 22 Houthis, ont été tués samedi soir dans la province d'al-Hodeidah, a fait savoir à l'AFP une source militaire pro-gouvernementale.

Deux habitants d'al-Hodeidah contactés par téléphone ont indiqué à l'AFP qu'ils entendaient lundi des combats intermittents à l'est à au sud de la ville, et un responsable progouvernemental a lui aussi fait état d'affrontements sporadiques.

Médecins sans frontières a fait part de son inquiétude quant à « la poursuite des combats », exhortant les belligérants « à respecter la présence des civils et les infrastructures sanitaires ».

L'envoyé des Nations unies Martin Griffiths a déclaré dimanche que les Nations unies travaillent avec les deux camps pour garantir que le cessez-le-feu est « mis en œuvre rapidement et correctement ».

Déploiement d'observateurs onusiens

Lors d'une présentation devant le Conseil de sécurité des Nations unies, Griffiths a appelé au déploiement immédiat d'observateurs onusiens pour surveiller la mise en œuvre du cessez-le-feu dans la ville et le port d'al-Hodeidah.

Présent par liaison vidéo, Griffiths a indiqué que le major général Patrick Cammaert, officier en retraite de l'armée des Pays-Bas, avait accepté de diriger le contrôle de l'accord, et qu'il devrait arriver dans la région dans le milieu de la semaine.

Les Nations unies doivent mettre en place une commission chargée de superviser le redéploiement à al-Hodeidah et dans les autres ports, ainsi que le cessez-le-feu et le retrait des milices, conformément à l'accord d'al-Hodeidah.

« Épargner aux habitants de la ville et du port les souffrances de la guerre est la chose positive », a affirmé Walid al-Qadimi, député adjoint d'al-Hodeidah.

« Le résultat de cet accord se verra dans le retour des personnes déplacées par la guerre », a-t-il expliqué à Al-Mashareq. « Il aidera également à faciliter l'approvisionnement en aide humanitaire et le paiement des salaires. »

Les habitants commencent à revenir

Certains habitants ont commencé à revenir dans la ville après l'adoption de l'accord.

« J'ai décidé de revenir avec ma famille à al-Hodeidah après l'annonce du cessez-le-feu », a confié à Al-Mashareq Emad al-Jadi, un habitant déplacé.

« Je vais rentrer chez moi après huit mois [de déplacement] », a-t-il précisé. « Bien que le retour soit dangereux, à cause du manque de garantie pour la mise en application de l'accord, c'est toujours mieux que de vivre à Sanaa comme déplacé. »

Pour le politologue Wadie Atta, originaire d'al-Hodeidah, ce cessez-le-feu seul n'est pas suffisant.

« Tout accord ou toute solution ne stipulant pas le départ des Houthis de la ville signifie que les Nations unies acceptent la poursuite des souffrances humanitaires de quatre millions de personnes », a-t-il affirmé.

« Tout le monde doit savoir que les Houthis ne sont que des milices temporaires qui ont envahi al-Hodeidah et d'autres provinces par la force des armes, et que leur présence ne peut en aucun cas être justifiée », a-t-il ajouté.

La partie la plus importante de l'accord est l'aspect humanitaire et la fin des hostilités, a affirmé le ministre adjoint aux Droits de l'homme Nabil Abdoul Hafeez.

« Bien que les forces légitimes soient sur le point de libérer la ville, elles ont choisi d'épargner de nouvelles destructions aux habitants », a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

« Le gagnant de cet accord est le peuple yéménite », a-t-il conclu.

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3 COMMENTAIRE (S)
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Tout cela sont des informations anciennes et connues.

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Oui.

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Ne décevez pas les gens ; ce sont juste des paroles et des illusions qui partiront avec le vent. Seulement ce qui est juste demeurera, et seulement le fort règnera !

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