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Les personnes déplacées d'al-Hodeidah confrontées à des difficultés constantes

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des déplacés internes montent des tentes dans les rues de Sanaa. [Nabil Abdoullah al-Tamimi/Al-Mashareq]

Les Nations unies et leurs partenaires humanitaires ont aidé près d'un million d'habitants de la province yéménite d'al-Hodeidah qui ont été déplacés par les conflits en cours vers des régions lointaines du pays, d'après un récent rapport.

L'aide du mécanisme de réponse rapide (MRR) a été apportée sur une période de six mois à 996 600 personnes déplacées d'al-Hodeidah, a fait savoir le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) le 15 janvier dans son rapport.

Les vagues de déplacement depuis la province d'al-Hodeidah ont continué depuis que les efforts des Nations unies pour obtenir un cessez-le-feu entre le gouvernement yéménite et les Houthis (Ansarallah), soutenus par l'Iran, ont échoué en juin dernier.

Ces déplacements se sont poursuivis même après les négociations de paix sous l'égide des Nations unies en Suède, qui avaient annoncé le 13 décembre que les deux camps avaient accepté un cessez-le-feu immédiat à al-Hodeidah et dans les ports d'al-Hodeidah, Salif et Ras Issa.

L'Accord de Stockholm demande l'arrêt de toutes les activités militaires dans la ville d'al-Hodeidah et un redéploiement mutuel des forces hors d'al-Hodeidah, Salif et Ras Issa vers des lieux convenus, entre autres mesures.

Mais cet accord n'a toujours pas été pleinement mis en œuvre.

Entre juin 2018 et le 15 janvier, plus d'un million de personnes ont été déplacées d'al-Hodeidah, selon un rapport du BCAH.

Parmi elles, plus de 659 300 ont été enregistrées dans quatre provinces : Hajjah, Mahweet, Rima et al-Hodeidah, a précisé ce rapport.

« Les importations commerciales de nourriture ont chuté en décembre 2018, atteignant leur niveau le plus bas depuis que les Nations unies ont commencé à les surveiller en juillet 2016 », a-t-il ajouté.

« L'accès aux installations humanitaires et aux personnes dans le besoin reste difficile », a indiqué le rapport. « Les entrepôts d'aide humanitaire, y compris les moulins de la mer Rouge, qui stockent suffisamment de nourriture pour nourrir 3,5 millions de personnes pendant un mois, restent inaccessibles. »

Difficultés à Sanaa

« Nous sommes arrivés à Sanaa il y a six mois, et nous avons été placés dans l'école Abou Bakr al-Siddiq », a raconté Nader Muqbel, qui a fui al-Hodeidah et est désormais porte-parole de la population déplacée dans ce refuge.

D'autres lieux de Sanaa ont également été désignés pour accueillir les familles déplacées d'al-Hodeidah, a-t-il rapporté à Al-Mashareq.

Les organisations humanitaires ont fourni aux nouveaux arrivants de la nourriture et de l'aide, mais les personnes déplacées venues d'autres zones ont été installées dans des camps réservés aux déplacés internes (DI) d'al-Hodeidah, a-t-il indiqué.

« L'attention portée aux DI d'al-Hodeidah par ces organisations a poussé d'autres personnes, parmi lesquelles des DI d'autres régions et des habitants locaux marginalisés, à aller dans les camps pour DI d'al-Hodeidah afin de bénéficier de l'aide », a-t-il rapporté.

« Au début de la nouvelle année scolaire, les écoles désignées pour accueillir les DI ont été évacuées pour permettre aux élèves de faire leur rentrée », a-t-il déclaré.

Certaines familles déplacées ont reçu une aide financière pour les aider à payer leur loyer, mais beaucoup d'entre elles n'ont pas pu obtenir de logement et restent dans des tentes ou dans la rue, a-t-il poursuivi.

Déplacé d'al-Hodeidah, Omar Mohammed vit maintenant avec sa femme, ses trois enfants et sa mère dans une tente dans l'ouest de Sanaa, parmi un groupe de tentes de DI.

Cette tente ne les protège pas du froid hivernal ou de la chaleur en été, mais elle leur offre une certaine intimité, a-t-il raconté à Al-Mashareq.

« De généreux donateurs nous fournissent de la nourriture et de l'aide », a fait savoir Mohammed, ce qui complète le modeste revenu qu'il gagne en lavant des voitures.

Mohammed a exprimé l'espoir que sa famille et lui reviennent à al-Hodeidah, « et que le cessez-le-feu devienne permanent, pour que nous puissions rentrer chez nous ».

Poursuite des déplacements

La vague de déplacements se poursuit dans les deux sens, malgré l'Accord de Stockholm, qui ne trouve pas la voie de sa mise en œuvre, a déclaré Nadia Ahmed, qui travaille à la distribution d'aide aux DI d'al-Hodeidah à Sanaa.

« Le mouvement de déplacement se poursuit depuis et vers Sanaa, certains DI ayant décidé de revenir à al-Hodeidah plutôt que de souffrir du déplacement à Sanaa », a-t-elle expliqué à Al-Mashareq.

Ahmed a ajouté avoir vu des familles déplacées à Sanaa utiliser du carton pour dormir. Depuis, a-t-elle raconté, elle et ses amis récoltent de l'argent et divers articles comme des couvertures et des vêtements pour les distribuer à ces DI.

« Les fortes pluies à Sanaa ont rendu la vie difficile pour de nombreux DI dans la ville qui vivent dans la rue, car ils n'ont pas d'abri où aller et ne peuvent pas payer de loyer », a indiqué Ahmed.

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