Terrorisme

Les Houthis interrompent les cours pour leur propagande

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

image

Le 8 février 2015, des écoliers yéménites assistent à un cours à Sanaa, la capitale, deux jours après que les Houthis se sont emparés du pouvoir en dissolvant le gouvernement et le parlement. Trois ans plus tard, la milice interrompt les cours pendant un mois pour les remplacer par des activités visant à laver le cerveau des enfants et à les recruter. [Mohammed Huwais/AFP]

Les Houthis (Ansarallah) ont récemment suspendu les cours normaux dans les zones sous leur contrôle pour une durée d'un mois, et les ont remplacés par des activités dont le but est d'endoctriner les élèves et de les préparer au recrutement, ont indiqué des militants yéménites.

La milice appuyée par l'Iran a remis une circulaire aux directeurs de toutes les écoles de Sanaa par le biais du ministère de l'Éducation, contrôlé par le groupe, ordonnant l'arrêt des cours pendant un mois à partir du « Jour du martyr » le 5 février.

Au lieu des cours habituels, les écoles devront organiser des « programmes et activités culturels » pour fêter cet événement annuel, qui a été utilisé ces dernières années pour lever des fonds et augmenter la sympathie du public envers la milice

Les directeurs d'école doivent documenter leur participation en envoyant aux Houthis des rapports complets sur ces activités, avec des photos et des vidéos.

« Le danger de cette décision est qu'elle vise à préparer les écoliers au recrutement, en mettant l'accent sur le martyr, sa valeur, sa dignité et son héroïsme, pour que les enfants attachent de l'importance au martyr », a expliqué l'avocat et militant des droits de l'homme Abdoul Rahman Barman à Al-Mashareq.

Cet événement et d'autres de ce genre, conçus pour célébrer les martyrs, perturbent le processus pédagogique et encouragent les enfants à voir ces combattants comme des héros déchus, ce qui les motive par la suite à rejoindre le combat, a-t-il déclaré.

Pertes dans les rangs des Houthis

« Au cours des trois années de combats, la milice houthie a perdu beaucoup de ses combattants », a indiqué à Al-Mashareq le politologue Rashad al-Sharaabi.

Voyant ses rangs dégarnis par les blessures et les pertes, ainsi que par la séparation publique d'avec le Congrès général du peuple de feu le président yéménite Ali Abdallah Saleh, la milice a eu recours au recrutement de force, a-t-il fait savoir.

La milice s'est d'abord tournée vers les districts ruraux et les villages pour trouver de nouvelles recrues et gonfler ses rangs, a-t-il rapporté, et finalement vers les écoles.

« Il existe un processus de lavage de cerveau évident ciblant les enfants et les jeunes », a affirmé al-Sharaabi.

En ces temps économiques difficiles, où les opportunités d'emploi sont rares, les Houthis offrent des incitations aux jeunes, ainsi qu'un processus de lavage de cerveau qui les prépare au recrutement, a-t-il déclaré.

« Les événements du Mois du martyr s'inscrivent dans le cadre de ce processus de lavage des cerveaux », a précisé al-Sharaabi.

« Inonder de propagande »

« Les événements du martyr organisés par les Houthis ont soumis les élèves à un lavage de cerveau idéologique de plusieurs façons », a expliqué le militant Musa al-Nimrani.

En plus de les inonder de propagande par les médias locaux, la milice influence les élèves avec des cours donnés par des enseignants affiliés à la milice, certains ayant été employés spécifiquement dans ce but, a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

« Nous avons vu de nombreuses photos d'enfants-soldats, dont certains sont apparus sur des chaînes de médias affiliés à la milice après avoir subi un lavage de cerveau, et d'autres ont été jetés dans les combats par la milice, et ont été tués ou capturés », a-t-il rapporté.

« Beaucoup sont encore sur les lignes de front », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, les enfants sont des cibles faciles pour le recrutement, et une cible idéale pour la milice, car les enfants-soldats nécessitent moins de ressources pour être recrutés », a déploré al-Nimrani.

Aimez-vous cet article?
13
1 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire

Un faut reportage. Le journaliste qui fait des reportages d'Aden prouve qu'il s'agit de mensonges.

Répondre