Criminalité et Justice

Le Hezbollah utilise le trafic de drogue pour financer ses activités

Par Waleed Abou al-Khaïr au Caire

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Un champ de cultures dans la vallée libanaise de Bekaa, bastion du parti du Hezbollah, où pousse du hachich. [Salah Mansour/Al-Mashareq]

Des agents liés au Hezbollah ont été arrêtés pour trafic de drogue dans plusieurs pays au cours des dernières années, indiquent des organes de presse mondiaux, dévoilant un vaste réseau générant des revenus, lequel a fourni le financement du parti.

Des articles détaillant ces opérations d'infiltration, qui impliquent souvent plusieurs pays, démontrent que le parti soutenu par l'Iran a utilisé des millions de dollars de revenus provenant du trafic illégal de drogues pour acheter des armes afin d'appuyer ses activités en Syrie.

« Il existe d'importantes preuves étables que l'implication du Hezbollah dans le trafic de drogue et d'autres activités illégales dans le monde », a déclaré Abdoul Nabi Bakkar, chercheur en sciences politiques et professeur à la faculté de droit et de charia de l'université d'Al-Azhar.

Ces activités ont commencé à apparaître il y a de nombreuses années, a-t-il précisé à Al-Mashareq, après que des membres de ces réseaux aient été arrêtés dans plusieurs pays, et que leur lien direct avec des transferts d'argent en faveur du Hezbollah avait été confirmé.

Un long passé de trafic de drogue

En octobre, trois hommes proches du Hezbollah et suspectés de blanchir de l'argent provenant du trafic de cocaïne pour le cartel colombien ont été interpellés par des agents de la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine , a rapporté le Miami Herald.

Les agents ont déclaré que ces trois hommes avaient transféré illégalement 500 000 dollars vers des banques de Miami par le biais d'un complexe système de transactions financières allant d'Australie en Europe.

En février dernier, a indiqué Bakkar, la DEA a annoncé avoir démantelé un vaste réseau de trafic de drogue et de contrebande mené par le Hezbollah, suite à une enquête d'un an impliquant sept pays.

Ce réseau travaillait avec les cartels de la drogue d'Amérique du Sud pour faciliter le transport de cocaïne vers les Etats-Unis et l'Europe en utilisant les millions de dollars générés ainsi pour acheter des armes pour ses activités en Syrie, a expliqué la DEA.

En 2012, deux frères du député libanais Hussein al-Mousawi, membre du Hezbollah, ont été impliqués lorsque les douanes libanaises ont saisi deux machines utilisées pour la fabrication de pilules d'amphétamines, ont fait savoir les médias libanais.

En 2008, les autorités américaines et colombiennes ont démantelé un réseau de contrebande de cocaïne du Hezbollah dirigé par Shoukri Mahmoud Harb, et qui finançait le parti à travers des banques au Panama, à Hong Kong et à Beyrouth, a signalé United Press International.

En décembre 2006, neuf militants du Hezbollah ont été arrêtés pour avoir maintenu un réseau financier dans la région où l'Argentine, le Brésil et le Paraguay se rejoignent, là où le parti et d'autres groupes ont des réseaux de blanchiment d'argent et de trafic d'armes.

En juin 2005, les autorités de l'Equateur ont démantelé un réseau de trafic de drogue. Les responsables ont indiqué que celui-ci avait un « lien direct » avec le Hezbollah, arrêtant à Bogota Radi Zaiter, né au Liban, avec plusieurs autres Libanais.

Des agences colombiennes, brésiliennes et américaines ont également participé à cette opération.

Un témoin s'exprime

Moustafa Ismaïl, qui a demandé à utiliser un pseudonyme par peur pour sa sécurité, s'est entretenu avec Al-Mashareq à propos de ses expériences avec le trafic de drogue du Hezbollah.

En 1998, a-t-il raconté, après avoir obtenu son diplôme de la faculté de droit de l'université du Liban, il ne parvenait pas à trouver de travail qui lui rapporterait assez pour rembourser les dettes de sa famille, qui s'étaient accumulées lorsque l'entreprise de son père avait fait faillite.

À peu près à cette époque, a-t-il indiqué, son cousin, Hassan Ismaïl (un autre faux nom), a fait preuve d'un intérêt inhabituel pour l'aider et l'a invité à voyager et à travailler avec lui dans ce qu'il décrivait comme « le commerce de textiles » au Paraguay.

Il a obtenu un passeport, a-t-il relaté, et ils se sont rendus ensemble au Paraguay, où il a commencé à travailler dans des boutiques de textile que son cousin possédait.

Cependant, a-t-il ajouté, il a remarqué que les dépenses de son cousin et les transferts d'argent vers le Liban ne correspondaient pas au volume de ventes qu'ils effectuaient.

Il a aussi noté des transferts d'argent qui prenaient place à des moments différents, vers plusieurs personnes, et pour des montants irréguliers, et que les bénéficiaires n'étaient pas liés à leur travail.

« Après une courte période, mon cousin m'a dit la vérité sur mon travail dans la contrebande de drogue dans cette région, celle des trois frontières, reliant le Paraguay, le Brésil et l'Argentine, ainsi que d'autres opérations qui allaient en Europe et certains pays arabes », a-t-il indiqué.

Selon son cousin, a déclaré Ismaïl, le plus gros du financement venait du Hezbollah, et son implication apportait une commission allant jusqu'à 20 %, en plus de l'argent liquide d'autres affaires, consistant à expédier des produits contrefaits vers le Liban depuis plusieurs pays.

Après avoir appris la vérité sur ces affaires illégales, a déclaré Ismaïl, il a refusé de rester au Paraguay et est revenu au Liban moins d'une semaine après.

Entre-temps, d'autres connaissances et proches que son cousin avait recrutés pour travailler avec lui montraient soudainement des signes de richesse, a-t-il ajouté.

Son cousin était revenu au Liban depuis près d'un an, a-t-il raconté, où il a ouvert une société de commerce avec un responsable militaire du Hezbollah, grâce à laquelle ils importent et exportent des biens vers la Roumanie.

Il continue à diriger ses affaires au Paraguay en communiquant quotidiennement avec les employés qu'il a recrutés et installés là-bas depuis le Liban, a indiqué Ismaïl.

La source du trafic de drogue

L'implication du Hezbollah dans le trafic de drogue prend sa source dans le bastion de la vallée de Bekaa, a expliqué Sheyar Turko, étudiant en doctorat à l'université du Caire qui a fait des recherches sur le financement du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Cette zone rurale isolée est connue pour produire activement du hachich et de l'opium, a-t-il précisé.

Le Hezbollah a commencé à exploiter ces cultures pour son propre bénéfice, a-t-il déclaré, et comme l'utilisation de ces substances s'est répandue, il « est devenu l'un des plus importants membres du trafic et de contrebande de drogue dans le monde ».

« L'implication du Hezbollah dans la contrebande et la vente de drogue ne s'arrête pas à la drogue », a-t-il ajouté, mais elle inclut aussi d'autres crimes, comme le blanchiment d'argent, qu'il investit pour financer ses activités, développer ses infrastructures et payer ses combattants .

Salah Mansour, qui a demandé à témoigner sous un faux nom, a déclaré être parent d'un important responsable du Hezbollah, et qu'il était proche de la direction du parti dans la vallée de Bekaa.

En vertu de ses relations précédentes, a-t-il indiqué à Al-Mashareq, il s'est rendu compte que « le parti attache une grande importance à la culture de drogue au Liban, car c'est la source principale de ses revenus ».

Les revenus sont collectés « par l'imposition d'une taxe annuelle sur les fermiers qui cultivent l'opium et le hachich, en échange de protection, en particulier dans les zones relativement arides et isolées », a précisé Mansour.

De plus, a-t-il déclaré, le parti « s'approprie légalement ou illégalement de grands terrains en les louant auprès de leurs propriétaires ou en le saisissant simplement pour cultiver de la drogue directement pour son bénéfice ».

Le parti prend également contrôle de nombreux ateliers de fabrication d'héroïne et de cocaïne, a-t-il poursuivi, où les matières premières sont importées du Brésil et du Paraguay. De cette manière, a-t-il expliqué, le groupe contrôle l'exportation domestique et internationale du produit fini.

Plusieurs des associés proches du parti se sont récemment tournés vers la fabrication et la distribution d'amphétamines, appelées Captagon, a rapporté Mansour.

« Le Hezbollah profite des conditions difficiles auxquelles sont confrontés les fermiers de la région de Bekaa , en raison de l'arrêt des exportations vers certains pays et de la baisse des [ventes] sur les marchés locaux pour attirer les [fermiers] avec de l'argent et de la protection et les convaincre de cultiver du hachich et de l'opium sur leurs terres », a-t-il indiqué.

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4 COMMENTAIRE (S)

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C'est certainement correct. Il ne peut être généralisé que tous les êtres humains, religieux ou autres, sont bons. Les drogues interdites peuvent être facilement trouvées dans l'[état] islamique d'Iran, ce qui n'est pas le cas ailleurs dans le monde, même en Colombie. De plus, le haschich est facilement cultivé dans la vallée de Baqa'a et appartient à divers groupes de personnes, y compris des responsables de l'État et de l'armée.

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Bonjour, Selon moi, beaucoup de choses dites ici ne sont pas vraies. Certains chiites au Liban sont impliqués dans le business du hachich. Cependant, le Hezbollah ne fait pas cela.

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Si le Hezbollah engrange des revenus du pétrole iranien pour tous ses besoins, pourquoi aurait-il besoin de vendre de la drogue comme vous le prétendez ? La drogue est interdite par la religion et par la charia. La chose la plus sarcastique de cet article est qu'il est basé sur des rapports américains et occidentaux venant des plus forts soutiens d'Israël. Quoi qu'il en soit, il n'est pas étonnant, surtout après que la résistance est devenue une épine dans le pied de l'ennemi israélien et ses alliés, et après que les Arabes aient publiquement vendu la Palestine et son peuple. Désormais, la seule entité qui porte le drapeau de la libération d'al-Qods est le Hezbollah, et il est donc naturel que tout le monde tente de ternir la réputation de ce parti. Ceux qui ont vendu la Palestine devraient avoir honte. Elle sera libre et à nouveau arabe, avec la volonté de son peuple résistant et des ses honnêtes alliés.

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Waleed Abou al-Khaïr au Caire, Il m'a dit!!! faux nom pour la sécurité! je m'attendais vraiment à une recherche faite même depuis le Caire, tsu2 tsu2. M. le chercheur , les petites boites de tirelire dans les maisons de la Békaa rapporte assez pour financer des activités sociales du parti en quaestion, quant aux armes, personne ose nier que c'est l'Iran qui les offre. Un peu plus de crédibilité pour financer le journal au moins!!!

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