Économie

Les Iraniens subissent de lourdes pertes consécutives à la dégringolade de la bourse

Behrouz Laregani

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La Bourse de Téhéran a connu des fluctuations constantes, en particulier durant les derniers mois de 2019, notamment la forte baisse de son indice fin novembre, qui a entraîné des pertes importantes pour de nombreux petits actionnaires. [Photo de Borna News]

Le principal marché boursier iranien, la Bourse de Téhéran (TSE), enregistre une dégringolade depuis mi-novembre.

Ses fluctuations au cours des derniers mois, notamment la forte baisse de son indice fin novembre, ont provoqué des pertes importantes pour de nombreux actionnaires minoritaires.

Hassan Zamani, un expert de la TSE, a rapporté à Al-Mashareq que le public avait été encouragé au printemps à investir dans la bourse afin de revigorer l'économie qui souffrait de sanctions américaines paralysantes.

La performance des actions a été bonne, a-t-il fait savoir, « jusqu'à ce que le marché décroche soudainement et perde près de 45 % de sa valeur au cours de l'été et qu'un effondrement de trois mois s'ensuive ».

Zamani a déclaré que plusieurs sociétés rattachées au gouvernement avaient vendu des milliers de dollars en actions lorsque leur prix était élevé, et après que le marché se fut effondré de 45 %, les ont rachetées à des prix inférieurs.

Les particuliers qui étaient entrés sur le marché avec peu de capital ont subi des pertes importantes, et maintenant « nous recevons sur Telegram des messages issus d'entités proches du gouvernement dans le cadre d'une campagne publicitaire visant à attirer des acheteurs minoritaires sur la bourse », a-t-il rapporté.

« Un mauvais hôte pour le capital public »

Tasnim News a cité le représentant du Majles iranien Mohsen Alizadeh, qui a déclaré que « le gouvernement n'a pas été un bon hôte pour le capital populaire. Les gens ont vendu leurs biens pour entrer en bourse, et maintenant ils souffrent ».

Kazem Mousavi, un autre membre du Majles a mis en garde contre la possibilité d'un krach boursier cet été, et a déclaré que les gens « ne devraient pas compter sur les bénéfices de la bourse à long terme ».

Pour répondre à cette situation, le porte-parole du gouvernement Ali Rabiei avait alors indiqué que le gouvernement « protège les biens des gens sur le marché boursier ».

« Au lieu d'orienter le capital libre vers la production, le gouvernement l'a détourné vers le marché boursier et a encouragé à plusieurs reprises le public à faire de même », a rapporté l'économiste Moloud Zahedi à Al-Mashareq.

Elle a expliqué que la structure de l'économie iranienne au cours des dernières décennies est passée d'un soutien à la production à un soutien aux importations de produits manufacturés, de sorte que l'infrastructure de production n'a pas été améliorée, et dans certains cas est pratiquement inexistante.

Le 16 novembre, le quotidien économique iranien Donya-ye Eqtesad a rapporté que des inquiétudes ont incité les économistes à observer de près les transactions boursières dans les semaines suivantes, sans faire de prédictions majeures.

Cet article a spéculé que la récente chute des cours boursiers n'est qu'une fluctuation temporaire, et certains économistes espèrent une tendance à la hausse de l'indice de la TSE.

Selon cet article, « le comportement des actionnaires réels a un impact fondamental sur le maintien de la valeur des petites transactions boursières ». Le terme « actionnaires réels » fait référence aux grandes entreprises publiques qui dirigent le marché boursier iranien.

Certains membres du public ont spéculé sur le fait que les « grands acteurs » de la TSE possèdent des informations commerciales privilégiées et certains détails sur l'état et l'avenir de certains fonds et actions. Ils pensent que leurs décisions de négociation sont prises sur la base d'informations d'initiés auxquelles les gens ordinaires n'ont pas accès.

Parlant de ces rumeurs, Zahedi a conclu qu'elles « ne sont ni vérifiées, ni nécessairement vérifiables, mais [que] certaines choses le laissent à penser, au moins dans certains cas. Ainsi par exemple, certaines institutions bancaires affiliées au ministère de l'Économie étaient pratiquement en faillite l'année dernière, mais ont bénéficié des fortes fluctuations de la TSE et sont maintenant dans une position stable ».

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