Économie

La récente hausse de la bourse iranienne témoigne d'une « fausse prospérité »

Behrouz Laregani

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Un courtier en bourse à la Bourse de Téhéran en 2020. [Photo de Mardomsalari.ir]

Ces derniers mois, le gouvernement iranien a souligné en permanence la croissance de l'indice boursier, en essayant d'attirer les investisseurs à la Bourse de Téhéran (TSE), la principale autorité boursière du pays.

Le marché boursier iranien est resté orienté à la hausse pendant une longue période, malgré la forte inflation et la faible valeur de la monnaie du pays. Mais à la fin du mois d'août, l'indice a chuté et la baisse se poursuit.

L'indice TSE a chuté de 27 000 points le 8 septembre, une forte baisse par rapport à sa récente performance. Certains économistes affirment que le gouvernement prévoit d'utiliser le Fonds national de développement pour soutenir encore plus le marché des capitaux. En d'autres termes, il s'efforce de maintenir le marché boursier actif grâce à une relance artificielle.

Début septembre, Ali Rabiei, porte-parole du gouvernement, a qualifié d'infondées les « allégations de manipulation du marché boursier », déclarant que « nous protégeons les biens des gens sur le marché boursier ».

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La Bourse de Téhéran. [Photo de TSE.ir]

Le gouvernement est le plus gros contributeur à l'essor de la TSE

De nombreux économistes pensent que les politiques monétaires du gouvernement sont des tentatives infructueuses pour déclarer que le marché boursier est « en plein essor », alors que les sanctions économiques et bancaires empêchent le gouvernement d'exporter la plupart des ressources.

D'autres facteurs contribuent également à la croissance de la TSE, bien que de façon limitée. En raison de la « pression maximale » exercée par les États-Unis sur l'Iran, les importateurs iraniens sont soumis à de sévères restrictions et ont donc investi dans des actions et contribué dans une certaine mesure à la croissance de la TES.

Parmi les autres facteurs, citons la diminution des transactions immobilières et la récession industrielle, qui ont toutes deux conduit les investisseurs à se tourner vers le marché boursier.

Les ressources gouvernementales injectées sur le marché financier ont joué le rôle le plus important dans la création de cet boom. Mais les experts affirment que, comme par le passé, cela ne donnera pas de résultats positifs.

Durant la dernière semaine d'août, Kazem Mousavi, membre du Comité économique Majles iranien, a indiqué que des liquidités avaient effectivement été injectées dans le marché boursier « ces dernières semaines ». Malgré cela, l'indice TSE a baissé de 8,3 % dans les derniers jours d'août, la plus forte baisse de la TSE en 20 ans.

Mousavi fait partie du faible nombre de responsables mettant en garde contre une bulle boursière et la « perte de capital humain » qui en résultera. Il a prévenu les gens de « ne pas compter sur les profits boursiers à long terme ».

L'envol de la bourse est « superficiel et temporaire »

L'expert du marché financier Hassan Zamani a expliqué à Al-Mashareq que la baisse de la valeur du rial face au dollar (environ 40 % pour l'année en cours) a entraîné une augmentation des actions des entreprises.

« La bulle créée par la hausse des prix des actions est superficielle et temporaire », a-t-il affirmé.

Selon de nombreux économistes iraniens, l'envol de la bourse iranienne est temporaire, mais il n'y a pas de consensus sur la durée de celui-ci, a-t-il ajouté. Les événements récents indiquent que la TSE pourrait s'effondrer dans un avenir proche.

L'économiste Moloud Zahedi a déclaré à Al-Mashareq que la chute de la TSE est « inévitable », ajoutant que l'arrivée d'un crash imminent dépend de l'étendue de l'intervention du gouvernement et de la quantité de liquidité transférée.

« L'année prochaine, nous serons certainement confrontés à une nouvelle baisse du taux de change du rial par rapport au dollar », a-t-elle déclaré. « Les sanctions réduiront encore la taille de l'économie, et le gouvernement sera obligé d'imprimer plus d'argent pour l'injecter sur le marché financier. »

La bourse est un outil gouvernemental

Contrairement à ce qui se passe dans les pays à économie de marché, les fluctuations de l'indice TES ne sont pas indicatives d'éléments économiques. En Iran, l'économie est contrôlée par le gouvernement et le marché boursier est pratiquement un outil du gouvernement et de ses politiques.

L'indice TSE a quadruplé début 2020 et a continué à augmenter, atteignant deux millions de points en août. Fin août, cependant, sa baisse a commencé, et le 9 septembre l'indice avait diminué de 430 000 points.

Compte tenu des circonstances économiques actuelles, la croissance de la TES n'a pas de véritable signification.

Selon les données officielles, la croissance économique de l'Iran a diminué de 3,5 % au cours du premier trimestre de l'année fiscale actuelle (2020-2021).

La Banque mondiale a indiqué que le produit intérieur brut (PIB) de l'Iran avait enregistré une baisse de 7,6 % au cours des neuf premiers mois de l'année fiscale précédente (2019-2020), par rapport à la même période de l'année précédente.

L'économie iranienne devrait régresser d'environ 5,5 % d'ici mars 2021 par rapport à l'année précédente, une projection aggravée par la pandémie de coronavirus (COVID-19).

La Banque centrale d'Iran a également indiqué que le taux d'inflation du pays était de 41,2 % pour la période des 12 mois se terminant le 20 mars.

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