Criminalité et Justice

Le trafic d'organes remplit les coffres du Hezbollah

Nohad Topalian à Beyrouth

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Des fourgons seraient utilisés par un réseau du Hezbollah pour enlever des personnes à des fins de trafic d'organes. [Image diffusée sur les réseaux sociaux]

Ces dernières années, le Hezbollah aurait mis en place un réseau de trafic d'organes humains qui couvre le Liban, l'Irak, l'Iran et le Yémen.

Des individus affiliés au Hezbollah enlèveraient des personnes et vendraient leurs organes au marché noir pour alimenter les caisses du parti libanais, maintenant que le Hezbollah est confronté à une pression financière croissante du fait de la campagne de pression maximale exercée par les États-Unis contre son sponsor, l'Iran.

Rabih Tlais, un transfuge du Hezbollah devenu militant anti-Hezbollah, a écrit un article sur le réseau de trafic d'organes organisé par le parti, publié par Sawt Beirut le 1er novembre.

Il y explique que ce trafic d'organes couvre le Liban, l'Iran, l'Irak et le Yémen, et ajoute que les milices affiliées à l'Iran au sein des Forces de mobilisation populaire (FMP) irakiennes, ainsi que les Houthis du Yémen (Ansarallah), sont également impliquées.

Ces milices sont affiliées au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).

« Le trafic d'organes humains a été autorisé par une fatwa émise par le chef du pouvoir judiciaire de la charia du parti, Mohammed Yazbek, également membre du Conseil de la Choura du Hezbollah », a fait savoir Tlais à Al-Mashareq.

« Source de financement du Hezbollah »

« Le Hezbollah considère le trafic d'organes comme une source importante de financement », a indiqué Tlais.

Des éléments du parti contraignent parfois des personnes malades à se faire opérer, sans savoir qu'un organe leur sera prélevé pour être vendu, a-t-il précisé.

Les prélèvements forcés et le trafic d'organes par l'Organisation de sécurité extérieure du Hezbollah (unité 910) sont devenus monnaie courante pendant la guerre en Syrie, sous la supervision d'un ressortissant libanais nommé Khodr Youssef Nader.

Les enlèvements et les meurtres ont lieu en coordination avec une unité médicale chargée de mener des opérations de prélèvement d'organes et de conserver les organes dans les hôpitaux de campagne du parti et dans les hôpitaux sous leur contrôle dans les pays où ils sont présents, a indiqué Tlais.

Il a poursuivi en expliquant que le Hezbollah cible tous les groupes d'âge au Liban pour ce trafic forcé d'organes. Il a ajouté que des cas d'enlèvement et de meurtre dans ce but sont perpétrés par Saraya al-Ahzab et al-Saraya al-Lubnaniya, qui est sous le commandement direct du haut responsable du Hezbollah, Hachem Safi al-Din.

Ces deux groupes sont actifs dans les zones chrétiennes, sunnites et druzes, et l'Organisation de sécurité intérieure du Hezbollah (unité 900), également commandée par Nader, effectue des enlèvements dans les zones chiites.

Selon Tlais, les hôpitaux où sont pratiquées les opérations de prélèvement d'organes sont al-Rasoul al-Atham à Beyrouth, Cheikh Ragheb Harb à Nabatiyeh, Salah Ghandour à Bint Jbeil, al-Bekaa al-Gharbi à Sahmar, Dar al-Hikma à Baalbek et Riyaq.

Un opposant au Hezbollah qui a demandé à conserver l'anonymat a indiqué à Al-Mashareq que les enlèvements pour le trafic forcé d'organes se font à l'aide de fourgons. Les chauffeurs ciblent des individus dans des zones isolées, leur demandent de s'approcher du véhicule pour identifier une personne perdue ou inconsciente, puis les droguent et les enlèvent.

« Nous connaissons maintenant les méthodes qu'ils utilisent pour attirer leurs victimes, en particulier dans les zones où le parti est présent », a-t-il fait savoir.

« Aucune contrainte morale »

Hassan Qoutb, directeur du Centre libanais de recherche et de conseil, a déclaré à Al-Mashareq que le CGRI n'a pas pu financer suffisamment le Hezbollah libanais à cause de la « campagne de pression maximale » des États-Unis qui a permis d'imposer des sanctions paralysantes à l'Iran.

Le manque de financement a poussé le Hezbollah à chercher d'autres moyens de renflouer ses caisses, même s'ils sont illégaux ou inhumains, a-t-il précisé.

Qoutb a indiqué que le trafic de drogue et le blanchiment d'argent sont d'autres moyens par lesquels le Hezbollah tente de financer ses activités.

Le régime iranien s'efforce de mettre en œuvre ses politiques expansionnistes dans la région sans contrainte morale à travers ses outils, parmi lesquels le Hezbollah au Liban, les FMP en Irak et les Houthis au Yémen, a-t-il conclu.

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