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Terrorisme |

Sous pression, le Hezbollah réduit ses opérations en Syrie

Junaid Salman à Beyrouth

Des aimants portant les portraits du président syrien Bachar el-Assad, du président russe Vladimir Poutine et du dirigeant du Hezbollah Hassan Nasrallah, en vente dans la vieille ville de Damas le 12 mars. [Louai Beshara/AFP]

Les pressions financières résultant des sanctions internationales contre l'Iran et le Hezbollah ont contribué à la décision de la milice libanaise de réduire ses forces en Syrie, ont déclaré des experts et analystes à Al-Mashareq.

Mais le Hezbollah est également confronté à des pressions dans d'autres domaines, ont-ils ajouté, soulignant les tensions en Syrie entre son soutien, l'Iran, et l'autre allié du régime, la Russie, et sa récente escalade avec Israël.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a annoncé le 12 juillet que la milice réduirait le nombre de ses forces en Syrie tout en maintenant une présence dans tout le pays.

Bien que Nasrallah attribue ce retrait à l'extension du contrôle du régime syrien sur une grande partie du pays, la situation financière de la milice a également joué un rôle clé dans la décision, ainsi que d'autres pressions, ont affirmé les analystes.

« Il ne fait aucun doute que les sanctions à l'encontre de l'Iran ont des répercussions sur le pays et ses branches dans la région, en particulier celles qui sont actives en Syrie et au Liban », a déclaré le journaliste Ali al-Amin à Al-Mashareq.

Les sanctions imposées au Hezbollah ont des répercussions sur sa base populaire ainsi que sur ses combattants, a-t-il ajouté, notant que la diminution de ses ressources l'oblige à réduire les services sociaux qu'il fournissait autrefois.

Pressions financières et politiques

Le Hezbollah est « lié organiquement au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien par l'intermédiaire de la Force Al-Qods, et sera donc touché par la diminution des ressources financières du CGRI », a expliqué l'expert militaire Khalil Helou à Al-Mashareq.

Certaines informations indiquent que le Hezbollah a retiré de nombreux combattants de Syrie pour des raisons financières et parce que la Russie effectue désormais des opérations sur le terrain, a-t-il précisé.

Les difficultés financières auxquelles le parti est confronté et la baisse du financement iranien se reflètent dans les campagnes de dons dans tout le sud du Liban, a-t-il ajouté.

« On parle d'une réduction des salaires des membres du parti et d'une diminution des prestations sociales que le parti offre à ses partisans », a déclaré Helou.

« Plus d'une raison explique pourquoi [le Hezbollah] a repositionné ses combattants en Syrie », a fait savoir Mona Alami, associée non résidente du Conseil de l'Atlantique du Centre Rafiq Hariri pour le Moyen-Orient.

Du point de vue du Hezbollah et du régime syrien, a-t-elle indiqué à Al-Mashareq, « la situation s'y est améliorée par rapport au passé, et il n'y a plus besoin d'un grand nombre de combattants ».

De plus, a-t-elle ajouté, « le parti subit une énorme pression financière à cause des sanctions, qui se manifestent par la réduction des dépenses et des salaires versés à ses combattants ».

Il y a aussi une dimension politique au retrait du Hezbollah de la Syrie, a poursuivi Alami, indiquant une « décision russe évidente de freiner les activités de l'Iran en Syrie, bien que le parti ne renonce pas à des zones qu'il considère comme stratégiques ».

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