Sécurité

Réaction régionale positive aux Accords Abraham, selon les analystes

Sultan al-Barei à Riyad

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Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdoullah ben Zayed Al-Nahyan (à gauche) et le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn Abdoullatif al-Zayani posent avant de participer à la cérémonie de signature des Accords Abraham de normalisation des relations entre leurs pays et Israël, sur la pelouse sud de la Maison-Blanche à Washington, le 5 septembre. [Saul Loeb/AFP]

Les réactions dans la région aux Accords Abraham, un accord de normalisation parrainé par les États-Unis signé en septembre entre Israël, les Émirats arabes unis et désormais Bahreïn, ont été pour l’essentiel positives, ont expliqué les analystes à Al-Mashareq.

Les ministres des Affaires étrangères d’Israël et des Émirats arabes unis ont participé mardi 6 octobre à une première rencontre historique à Berlin, un pas essentiel pour leurs nouvelles relations.

Il s’agissait de la première rencontre en personne entre le ministre israélien Gabi Ashkenazi et son homologue émirien Cheikh Abdoullah ben Zayed al-Nahyan depuis que leurs pays ont mis de côté des décennies de défiance et signé un accord de normalisation de leurs relations, a fait savoir l'AFP.

Suivant les entretiens organisés sous les auspices du ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, les ministres émirien et israélien ont exprimé leur volonté d'ouvrir la coopération dans plusieurs domaines, notamment le développement technologique et la sécurité.

Des sujets parmi lesquels l’ouverture de représentations diplomatiques ou la mise en place de liaisons aériennes ont également été abordés durant ces entretiens, a indiqué Ashkenazi.

Maas a qualifié cet accord israélo-émirien de « première bonne nouvelle au Moyen-Orient depuis longtemps ».

Mais il a encouragé les parties à aller plus loin et a exhorté la région à profiter de cet élan pour trouver une paix durable entre Israël et les Palestiniens.

« L’occasion doit être saisie », a ajouté Maas, dont le pays exerce actuellement la présidence tournante de l’UE, affirmant la volonté d’aide du bloc.

Un accord qui fait obstacle aux plans du CGRI

L’exception a été la réaction des autorités iraniennes, ont expliqué les analyses à Al-Mashareq, car cet accord fait obstacle aux plans du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), qui s’attache au contraire à créer de l’instabilité et de l’insécurité dans la région.

« Mais les réactions positives compensent les négatives, ce qui témoigne du soutien général en faveur de cette initiative », a déclaré Abdoullah al-Dakhil, professeur à la faculté de science politique de l’Université du Roi Saoud à Riyad.

« Chaque initiative qui promeut la paix au Moyen-Orient bénéficie d’un large soutien après des années de tensions et d’instabilité », a-t-il déclaré à Al-Mashareq. « Les dirigeants des Émirats arabes unis et de Bahreïn placent les intérêts politiques, sécuritaires et économiques de leurs peuples au-dessus de tout le reste. »

« Signer ces accords exigeait une volonté politique et une décision audacieuse dans un contexte de grands défis, car cela rompt avec les idées stéréotypées concernant Israël », a-t-il ajouté.

Pour Fathi al-Sayed, spécialiste des affaires iraniennes au Centre al-Sharq d’études régionales et stratégiques, ces accords réduiront les ingérences du régime iranien grâce à des alliances anticipées.

Cela ne correspond pas aux projets du CGRI de fomenter le chaos et l’instabilité par l’intermédiaire de la Force al-Qods du CGRI, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, a poursuivi al-Sayed, ces accords « entravent l’action des groupes terroristes extrémistes en renforçant la sécurité dans la région ».

« Une opportunité de communication »

« Les Accords Abraham sont également une opportunité historique pour le peuple palestinien », a expliqué Khalid al-Zubi, professeur de droit à l’Université Ajman, à Al-Mashareq.

« Ces accords faciliteront la communication et le dialogue qui aideront les Palestiniens en atténuant les tensions », a-t-il ajouté, soulignant que ces accords « changeront indubitablement les règles du jeu politique dans la région ».

Les Émirats arabes unis sont une plateforme financière mondiale, et leur économie fleurira par suite de ces accords, avec de nouvelles opportunités d’investissement et de coopération financière au niveau tant régional qu’international, a ajouté al-Zubi.

« La seule manière de soulager la pression causée par la pandémie de la COVID-19 et les tensions provoquées par le CGRI passe par la coopération régionale et internationale », a-t-il ajouté.

Et de conclure en expliquant que « ces accords auront un impact plus important que les efforts individuels de tel ou tel pays ».

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