Terrorisme

Le Hezbollah retire des centaines de combattants de Syrie

Jamal Souleiman à Beyrouth

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Les combattants du Hezbollah (photo) ont combattu aux côtés du régime syrien dans le nord d'Idlib. [Photo diffusée sur Internet]

Le Hezbollah libanais a retiré des centaines de combattants de Syrie, ce que certains experts considèrent comme un signe du recul de l'influence de l'Iran dans la région.

Alors que les représentants de l'Iran subissent une pression croissante en Syrie, ainsi qu'au Liban, en Irak et au Yémen, le Hezbollah et d'autres milices soutenues par l'Iran ont réduit leur présence dans ce pays déchiré par la guerre, ont rapporté des experts à Al-Mashareq.

Dans un rapport du 3 septembre citant de multiples sources, la chaîne d'information al-Arabiya a déclaré que le Hezbollah a commencé il y a quelques semaines à mettre en œuvre un plan de retrait progressif de Syrie.

Plus de 2500 combattants, experts et commandants militaires rentrent au Liban depuis les fronts sud et sud-est de la Syrie, a-t-il fait savoir, certains combattants étant déjà arrivés dans des bases au Liban, au sud, le long de la frontière.

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Le Hezbollah a envoyé des chars comme celui-ci pour combattre en Syrie. Selon les médias, la milice libanaise a récemment rappelé 2500 combattants de Syrie. [Photo diffusée sur Internet]

S'exprimant sous condition d'anonymat, certaines sources ont déclaré à al-Arabiya que le Hezbollah continue à maintenir une présence dans des endroits clés en Syrie, en particulier près de Homs.

Une source avec laquelle Al-Mashareq a pu s'entretenir a pu confirmer ce retrait.

Le Hezbollah « a commencé à retirer progressivement ses forces de Syrie il y a six mois, d'une manière qui semble définitive, puisque les éléments rappelés sont des experts et des commandants militaires », a précisé cette source, qui a également demandé à ne pas être identifiée.

Les miliciens reviennent au Liban par le point de passage d'al-Zabadani (Jinta) contrôlé par le Hezbollah entre le Liban et la Syrie, et par al-Qusayr, dans les zones rurales occidentales de Homs et d'al-Qalamoun, a indiqué la source.

Elle a précisé à Al-Mashareq que certains des éléments du Hezbollah de retour « restent chez eux et ne travaillent pas, mais continuent à toucher leur salaire, tandis que d'autres reprennent le même travail qu'avant la guerre syrienne ».

Changements sur la scène régionale

Le retrait des combattants du Hezbollah de Syrie s'inscrit dans le contexte d'une retraite plus large des factions soutenues par l'Iran dans la région.

« Si l'on regarde l'arène syrienne, on voit une contraction importante des opérations militaires auxquelles l'Iran participe », a déclaré à Al-Mashareq le général Khaled Hamade, expert en stratégie.

L'Iran cède progressivement son influence à la Russie, qui prépare la Syrie à un processus politique excluant les milices soutenues par l'Iran, a expliqué Hamade.

Cela ne peut pas être isolé des changements régionaux, a-t-il poursuivi, notant que les milices soutenues par l'Iran en Irak sont également confrontées à des problèmes, alors que le Premier ministre Moustafa Kadhemi s'efforce de « rétablir rapidement la souveraineté irakienne et mettre fin à la prolifération des armes illégales ».

La région « assiste à un changement visible et fondamental, à savoir la réduction du rôle du Hezbollah et de l'Iran en Syrie, ce qui réduira à terme son influence au Liban », a déclaré le chercheur et écrivain politique Youssef Diab.

Le Hezbollah « est soumis à de sérieuses pressions, car il constitue un obstacle à la réception de l'aide internationale par le Liban », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Le parti est actuellement soumis à une énorme pression internationale, à un moment où les autres intermédiaires de l'Iran, notamment les Houthis (Ansarallah) au Yémen et les milices irakiennes, sont également sur la défensive, a-t-il conclu.

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