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Un discours de Soleimani confirme la recherche d'hégémonie régionale constante de l'Iran

Par Tamer Abou Zeid à Beyrouth

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Des Libanaises passent devant le portrait du fondateur de la République islamique d'Iran, l'Ayatollah Rouhollah Khomeini, dans la ville de Saksakieh, dans le sud du Liban le 27 novembre 2015, pendant la cérémonie funéraire d'Ali Tanana, qui aurait trouvé la mort lors de batailles à Alep en Syrie en combattant aux côtés du Hezbollah, la milice chiite du Liban. [Mahmoud Zayyat/AFP]

Des déclarations récentes de Qassem Soleimani, commandant des forces d'élite Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), confirment que Téhéran poursuit sa politique expansionniste dans la région à travers l'utilisation de milices armées.

Dans un discours prononcé lors d'un rassemblement de vétérans de la guerre Irak-Iran dans la province de Kerman le 3 juillet, Soleimani a loué les succès croissants du régime syrien, le qualifiant de « imbattable ».

« Il y a plusieurs années en Syrie, nous n'avions des relations qu'avec un petit nombre d'individus et de mouvements, mais aujourd'hui nos relations comptent des centaines de milliers de personnes », a-t-il déclaré.

Soleimani a également exalté l'essor des Forces de mobilisation populaire (FMP) irakiennes, une organisation globale dominée par des factions soutenues par le CGRI.

Soutien au régime syrien

Selon des informations militaires, environ 5 000 troupes du CGRI et combattants paramilitaires de la milice Basij sont engagés en Syrie, en plus des 3 000 à 5 000 combattants libanais du Hezbollah et d'environ 20 000 combattants des milices chiites afghanes et pakistanaises, appelées Fatemiyoun et Zainebiyoun.

« Le régime syrien se serait effondré sans ses alliés », a affirmé le général de brigade et expert en stratégie Elias Hanna, officier à la retraite de l'armée libanaise qui écrit sur le Moyen-Orient et le terrorisme.

Le tournant s'est fait lorsque le Hezbollah et d'autres forces soutenues par le CGRI sont entrés en Syrie, a-t-il indiqué à Al-Mashareq, expliquant que « cela a transformé le conflit syrien en conflit régional ».

Hanna a déclaré que Soleimani faisait référence au régime syrien lorsqu'il disait que l'Iran possédait désormais « des relations fortes avec des centaines de milliers de personnes avec qui il n'avait auparavant qu'une faible relation ».

« Lorsque vous parlez de l'Iran en Syrie, vous parlez des relations de l'Iran avec le régime syrien », a-t-il ajouté.

La menace que représente l'expansion de l'influence iranienne et son intervention militaire dans la région est indéniable, a déclaré Hanna.

Mais le pays fait cela « par procuration », a-t-il précisé, en motivant, en organisant et en armant des combattants chiites et en les utilisant dans certaines zones. En Irak, il y a des milices soutenues par le CGRI au sein des FMP, et en Syrie l'on trouve des forces venant d'Afghanistan, du Pakistan, d'Irak et du Liban.

Les usines de missiles du Hezbollah

Les déclarations de Soleimani coïncidaient avec des informations selon lesquelles l'Iran construit deux usines de missiles pour le Hezbollah au Liban.

Le 10 juillet, le magazine français Intelligence Online a publié des détails sur ces usines, qui sont en cours de construction sur deux sites différents, 50 mètres sous terre.

L'une des usines est en construction dans la région d'Hermel, dans la vallée de la Bekaa, a rapporté le magazine, et produit le missile Fateh 110, qui dispose d'une portée de 300 kilomètres et peut embarquer 400 kilos d'explosifs.

La seconde usine se trouve sur la côte sud du Liban, dans la région d'al-Zahrani; entre les villes de Tyr et de Sidon, selon le magazine.

« Il n'est pas surprenant que le Hezbollah développe son arsenal de missiles », a déclaré à Al-Mashareq l'auteur politique et analyste Asaad Bishara.

« Le Hezbollah est totalement aligné avec l'Iran, et n'est pas uniquement l'un de ses bras, mais un agent primordial que l'Iran utilise non seulement au Liban, mais dans toute la région », a-t-il affirmé.

Ouverture d'un couloir Beyrouth-Damas

Les déclarations de Soleimani révèlent clairement que la stratégie de l'Iran consiste à établir un couloir terrestre de Téhéran à Beyrouth, en passant par Bagdad et Damas, a indiqué Bishara.

« Cette stratégie est mise en place graduellement grâce à l'utilisation de toutes ses branches dans la région », a-t-il poursuivi.

« Nous constatons une stratégie [du régime] iranien qui vise à contrôler non seulement quatre capitales arabes, mais plus encore », a déclaré Bishara.

Des analystes militaires ont indiqué que le principal intérêt de l'Iran est de maintenir une présence en Syrie, car c'est le premier point de sa stratégie d'hégémonie.

Perdre cette présence menacerait l'existence du Hezbollah au Liban, qui représente lui-même un composant essentiel de la stratégie régionale de l'Iran.

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