Sécurité

Des inondations font apparaître des mines enterrées par les Houthis dans plusieurs provinces du Yémen

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Cette photo montre des inondations dans la province yéménite de Marib, le 4 août 2020. Ces inondations ont mis à jour des mines posées par les Houthis épaulés par l’Iran et des explosifs cachés dans des villages de plusieurs provinces, expliquent des responsables. [AFP]

Les très fortes précipitations qui ont entraîné des inondations dans plusieurs régions du Yémen ces dernières semaines ont mis à jour des mines posées de manière aléatoire par les Houthis (Ansarallah) épaulés par l’Iran, ont expliqué des responsables.

Les inondations sont courantes au Yémen en ce moment de l’année, mais elles sont particulièrement graves cette année.

Au moins 172 personnes sont mortes au Yémen depuis la mi-juillet, selon des sources officielles et les autorités locales.

Dans la capitale Sanaa, 106 bâtiments, notamment cinq dans la Vieille Ville, ont été détruits à ce jour, et 156 autres ont été endommagés, a indiqué à l’AFP une source au ministère de la Santé des Houthis.

Des mines camouflées

Ces inondations ont également mis à jour les champs de mines des Houthis dans les provinces d’al-Hodeidah, Saada, al-Dhale et Hajjah, ont expliqué des responsables du gouvernement légitime. Ils contiennent différents types d’explosifs, notamment des mines anti-personnel et anti-véhicules, en plus d’engins explosifs improvisés (EEI) camouflés.

Bien que ces fortes pluies aient été dévastatrices dans de nombreux endroits, les inondations ont également « facilité les campagnes de déminage et la découverte de ces champs de mines que la milice houthie avait installés sans cartes parce qu’elle cherche délibérément à tuer le peuple yéménite », a expliqué le vice-ministre des Droits de l’homme Nabil Abdoul Hafeez à Al-Mashareq.

Il a souligné que lors des négociations entre le gouvernement légitime et les Houthis, le gouvernement avait exigé des Houthis qu’ils lui remettent ces cartes, mais en vain.

Ces inondations qui ont dévalé depuis les montagnes de la province d’Ibb ont fait ressortir des dizaines de mines posées par les Houthis pour bloquer l’avance des forces conjointes vers les positions qu’ils occupaient précédemment, avait expliqué Fouad Jabbari, porte-parole de l’armée sur l’axe d’al-Dhale, au journal al-Ayyam le 23 juin.

Des équipes de démineurs spécialisés de la division du génie militaire ont répondu aux signalement des citoyens et se sont rendues là où ces mines avaient été localisées, où elles ont fouillé le terrain et procédé aux opérations de déminage, a-t-il ajouté.

Les Houthis avaient posé ces mines sans cartes, rendant difficile le travail des équipes chargées de les localiser, a-t-il poursuivi.

Dans la ville de Hays, au sud d’al-Hodeidah, des unités du génie de la 11e brigade al-Amaliqah (Géants) épaulées par les EAU ont également désamorcé des mines posées par les Houthis dévoilées par les inondations.

Le service de presse de cette brigade a confirmé le 8 août que les inondations avaient fait rouler des mines sur les routes utilisées dans le village de Beit Maghari à Hays, mais que les unités de déminage avaient pu les désamorcer.

Ces mines ont même pu se retrouver à la frontière avec l’Arabie saoudite, où le colonel Mohammed bin Yahya al-Ghamdi, porte-parole de la défense civile dans la région de Jazan, a indiqué le 16 août qu’un EEI camouflé comme une pierre avait été emporté par les eaux du territoire yéménite en territoire saoudien.

La défense civile dans la province d’Ahad al-Masarihah dans le sud de l’Arabie saoudite a alors immédiatement envoyé des spécialistes sur le site, où ils ont suivi les procédures de sécurité nécessaires pour la désamorcer, a expliqué al-Ghamdi, ajoutant qu’aucun blessé n’a été à déplorer sur le site.

« Stratégie iranienne » pour blesser des civils

« Les milices houthies ont délibérément posé des mines dans des fermes et à des carrefours utilisés par des civils dans les régions rurales », a expliqué le politologue Faisal Ahmed à Al-Mashareq.

« La majorité des victimes de ces mines sont des femmes, des enfants et des personnes âgées, dont aucun d’eux ne combat contre les Houthis », a-t-il indiqué.

Ahmed a expliqué que poser des mines est « une stratégie de l’Iran que les Houthis utilisent lorsqu’ils se replient ou lorsqu’ils sont expulsés des zones qu’ils contrôlent, en représailles contre les habitants de ces régions qu’ils perdent et pour infliger le plus grand nombre de souffrances ».

« Cela impose une charge au gouvernement qui est chargé de prendre soin de ces victimes », a-t-il ajouté.

Le politologue Adel al-Shujaa a exhorté les citoyens à ne pas s’approcher de zones soupçonnées être minées et de s’abstenir de toucher les objets suspects poussés par les eaux.

« Quant au gouvernement, il doit officiellement porter plainte auprès des Nations unies et regrouper les organisations travaillant dans ce secteur pour faire pression sur les Houthis pour qu’ils ne posent pas de mines et qu’ils fournissent des cartes de leurs emplacements », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Entre juin 2018 et le 14 août 2020, le projet MASAM, parrainé par le Centre d’aide et de secours humanitaire du Roi Salman (KSrelief), a retiré 179 698 mines, munitions non explosées et EEI de plusieurs régions du Yémen, selon Oussama al-Qusaibi, directeur général du projet MASAM.

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