Terrorisme

Des mines posées par les Houthis visent des familles yéménites à Ad Dali'

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Un membre des forces pro-gouvernementales yéménites cherche des mines le 6 novembre à Taez, troisième plus grande ville du Yémen dans le sud-ouest du pays. [Ahmad al-Basha/AFP]

Des milliers de mines et de munitions non explosées abandonnées par les Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran dans les régions qu'ils ont perdues au profit des forces pro-gouvernementales continuent de coûter la vie à des Yéménites innocents chaque mois.

Bien que le droit international interdise l'utilisation des mines antipersonnel, les Houthis ont continué à fabriquer et poser ces armes mortelles au Yémen, avec le soutien du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien, ont rapporté des responsables et des experts.

Le 11 décembre, un enfant et une femme ont été tués lorsque deux mines posées par les Houthis ont explosé à Bilad al-Haiqi, dans le district d'al-Husha, dans la province occidentale d'Ad Dali'.

Wasila Abdoul Karim Mohammed al-Amri, âgée de douze ans, a été tuée instantanément dans l'explosion d'une mine alors qu'elle gardait des moutons.

Une autre mine a explosé lorsque deux familles traversaient la région à la recherche d'un endroit où rester après avoir été déplacées de leurs foyers. Une femme a été tuée sur le coup et les sept autres membres des deux familles ont subi des blessures plus ou moins graves, certaines critiques.

Selon des rapports gouvernementaux, les Houthis ont posé environ 1,2 million de mines antipersonnel et antivéhicule dans quinze provinces du Yémen.

Les mines constituent une menace permanente

Les Houthis ont « semé la mort dans les zones d'où ils se sont retirés », tentant de s'en prendre aux habitants pour les défaites militaires qu'ils ont subies, a déclaré le vice-ministre des Droits de l'homme Nabil Abdoul Hafeez.

La milice a truffé les terres agricoles, les routes et les zones résidentielles de mines et d'EEI camouflés en objets naturels, sans établir de cartes de leurs emplacements, a-t-il fait savoir.

Ces mines tuent des civils et même du bétail, malgré le fait que des conventions des Nations unies interdisent l'utilisation des mines antipersonnel, a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Les mines menacent la vie de civils innocents dans les provinces d'Ad Dali', Taiz, al-Hodeidah et d'autres provinces passées sous le contrôle des Houthis ou ayant connu des affrontements armés, a déclaré Abdoul Hafeez.

Il a accusé l'Iran de fournir aux Houthis des mines et de les former à leur fabrication, y compris des mines camouflées, menaçant encore davantage la vie des civils, notamment des femmes et des enfants, a-t-il indiqué.

Le Programme national de déminage du Yémen a indiqué avoir « recensé plus de 6000 victimes, dont des femmes et des enfants, tuées ou blessées par des mines houthies », a déclaré l'analyste politique Faisal Ahmed à Al-Mashareq.

Le Projet saoudien de déminage au Yémen (MASAM) a retiré plus de 100 000 mines posées par les Houthis depuis juillet 2018, a-t-il fait savoir, 55 démineurs nationaux ayant été tués et cinq autres blessés lors de ces opérations.

Dix-neuf travailleurs du MASAM ont également été tués, dont cinq experts, lors du déminage.

« La milice houthie est un groupe armé violent qui répond à une autorité sectaire », a déclaré à Al-Mashareq le militant des droits de l'homme Abdoul Rahman Barman.

Ils ont semé la mort en « posant des mines, en bombardant, en assiégeant, en mettant le feu à de l'aide humanitaire, en empêchant les enfants d'être vaccinés et en empêchant les organisations internationales de fournir des médicaments et de l'aide au peuple yéménite », a-t-il déploré.

Peu lui importe que des milliers de civils soient tués, « tant que ses objectifs sont atteints », a conclu Barman.

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