Criminalité et Justice

Le Liban donne quatre jours à la commission d’enquête pour trouver les coupables

AFP

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Une Libanaise blessée est assise devant sa boutique endommagée dans le quartier branché de Mar Mikhael à Beyrouth le 5 août, au lendemain de l’explosion massive survenue dans la capitale libanaise. [Patrick Baz/AFP]

Le gouvernement libanais a donné quatre jours à une « commission d’enquête » pour déterminer les responsabilités de l’explosion dévastatrice dans le port de Beyrouth mardi 4 août, a déclaré jeudi à la radio française le ministre des Affaires étrangères Charbel Wehbe.

« Ce matin, la décision a été prise de mettre en place une commission d’enquête qui devra, en quatre jours au plus, fournir un rapport détaillé sur les responsabilités, comment, qui, quoi, où ? Des décisions judiciaires s’ensuivront », a-t-il déclaré à la radio Europe 1.

« L’affaire est sérieuse, nous la traitons sérieusement », a déclaré Wehbe.

« Les responsables de cet horrible crime de négligence seront punis par une commission de magistrats », a-t-il ajouté.

Le bilan provisoire de cette explosion massive s’élevait jeudi à 137 morts, mais avec des dizaines de disparus et 5000 blessés, le nombre de victimes devrait encore augmenter alors que les sauveteurs continuent de fouiller les décombres.

Le gouverneur de Beyrouth a estimé que jusqu’à 300 000 personnes pourraient se trouver temporairement sans abri suite à la catastrophe qui, selon lui, coûtera au pays criblé de dettes plus de 3 milliards de dollars.

Mercredi, le gouvernement a demandé l’assignation à résidence des responsables du stockage dans le port de la capitale libanaise d’une grande quantité de nitrate d’ammonium, une substance utilisée dans les engrais et les explosifs.

Selon les responsables libanais, l’explosion a été causée par un incendie qui a enflammé 2750 tonnes de cette substance dans un entrepôt du port.

« C’est un accident [...], les rapports préliminaires indiquent qu'il s'agit d'une mauvaise gestion des produits explosifs. C’est une négligence très grave qui a duré six ans », a fait savoir Wehbe.

Le Premier ministre Hassan Diab et le président Michel Aoun ont promis de mettre les coupables derrière les barreaux, mais la confiance dans les institutions est faible et peu de gens dans les rues de la capitale libanaise ont l'espoir de voir une enquête impartiale.

L’organisation Human Rights Watch a soutenu jeudi les appels à une enquête internationale comme seule option crédible.

« Une enquête indépendante avec des experts internationaux est la meilleure garantie que les victimes de cette explosion obtiendront la justice qu’elles méritent », a déclaré le groupe de défense des droits de l’homme.

En France, les procureurs ont ouvert mercredi une enquête sur l’accident suite aux blessures infligées à 24 ressortissants français.

Des vols transportant de l’aide médicale, des hôpitaux de campagne, des experts en sauvetage et des chiens pisteurs atterrissent à l’aéroport de Beyrouth depuis mercredi.

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