Terrorisme

Augmentation du nombre de morts du Hezbollah en Syrie

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des éléments du Hezbollah en avril lors des funérailles d’un membre de la milice tué en Syrie. [Photo fournie par la Fondation des martyrs du Liban]

Le Hezbollah libanais est pris dans le feu croisé des tensions qui couvent en Syrie entre son soutien, l’Iran, et la Russie, autre alliée du régime, ont déclaré des experts.

Alors que ses intérêts concurrents avec l’Iran se précisent, la Russie a cessé de fournir un soutien aérien au Hezbollah, ont-ils rapporté à Al-Mashareq, ce qui a entraîné une augmentation du nombre de morts dans ses rangs.

Dans le même temps, les milices affiliées au CGRI perdent le soutien populaire.

Les milices affiliées au CGRI déployées à Deir Ezzor, dans le désert oriental (al-Badiya), à Palmyre et à Alep sont dans une situation grave, car elles perdent des combattants et sont confrontées au rejet de la population dans ces régions, a expliqué le journaliste syrien Mohammed al-Abdoullah.

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Des drapeaux du Hezbollah devant un établissement religieux dans la zone de Sayyida Zainab de Damas, la capitale syrienne. [Photo extraite de la page Facebook intitulée Exactions de la milice iranienne en Syrie]

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Un commandant du Hezbollah tué en Syrie alors qu’il dirigeait un groupe de combattants dans le désert d’Albou Kamal. [Photo extraite de la page Facebook intitulée Exactions de la milice iranienne en Syrie]

« Les éléments du Hezbollah ont presque disparu, et on les voit rarement dans ces régions, où ils organisaient autrefois des défilés », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

« Ils se repositionnent en permanence et les zones où ils sont présents font l’objet de contrôles sécuritaires et médiatiques draconiens », a-t-il déclaré.

De grandes zones d’al-Badiya, dont le Hezbollah avait précédemment annoncé qu’elles étaient sous son contrôle, sont devenues « des zones de combat où des affrontements ont lieu quotidiennement, et où les patrouilles et les quartiers généraux du parti sont pris pour cible », a-t-il déclaré.

Ces attaques sont probablement le fait d’éléments de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) ou d’activistes opposés à la présence de l’Iran en Syrie, a-t-il ajouté.

Pendant cette période, le CGRI et ses milices mettent l’accent « sur le recrutement et la propagation de la doctrine de la Wilayat al-Faqih (Tutelle du Juriste) », a fait savoir al-Abdoullah.

Au lieu de mener des opérations militaires contre des groupes extrémistes comme l’EIIS, a-t-il déclaré, l’Iran et ses intermédiaires s’efforcent de mettre en œuvre un changement démographique qui les aidera à s’implanter dans les zones stratégiques qu’ils convoitent en Syrie.

Cette stratégie qui ne sert que la milice elle-même révèle le véritable motif de l’intervention militaire du CGRI en Syrie, a-t-il affirmé.

Diminution du soutien de la Russie

« Le désaccord entre la Russie et l’Iran sur la division de l’influence en Syrie se reflète sur le terrain avec le déclin du soutien que la Russie apporte aux forces alliées à l’Iran », a déclaré le spécialiste des affaires iraniennes Fathi al-Sayed.

Cela est visible à Deir Ezzor, al-Badiya et Alep, a-t-il précisé à Al-Mashareq.

Lors d’opérations militaires précédentes, ces forces recevaient « un soutien de l’artillerie et de l’aviation, et parfois des forces terrestres, ce qui facilitait les opérations des milices du CGRI dans cette zone et les aidait à élargir leur présence », a-t-il déclaré.

« Désormais, la situation est différente parce que la Russie veut empêcher l’Iran [...] d’acquérir autant de richesses et d’influence que possible », a poursuivi al-Sayed.

Cela se reflète dans l’augmentation du nombre de morts dans les milices pro-iraniennes, en particulier le Hezbollah libanais, a-t-il déclaré, notant que des unités du Hezbollah sont réparties sur un grand nombre de sites militaires, seules ou en compagnie d’autres milices non syriennes.

Al-Sayed a déclaré qu’il escomptait que les pertes humaines du Hezbollah en Syrie allaient encore augmenter dans la période à venir, avec l’augmentation des attaques contre les postes du CGRI et des milices affiliées.

Les morts du Hezbollah

« Au Liban, le Hezbollah essaie à travers sa machine médiatique de promouvoir l’idée qu’il a remporté la victoire en Syrie et de revendiquer des résultats qui n’ont pas été atteints », a rapporté le militant libanais Salah Mansour à Al-Mashareq.

La milice cache « la vérité sur ce qui se passe sur le terrain, en particulier les morts régulières de jeunes Libanais dans plusieurs régions syriennes », a-t-il déclaré.

Mais le Hezbollah ne pourra jamais dissimuler complètement la mort de ses éléments, car lorsque les communications avec leurs familles s’arrêtent, des voix s’élèvent pour demander que la vérité soit dévoilée, a-t-il indiqué.

De plus, les informations jugées confidentielles sortent au grand jour quand les unités reviennent au Liban, a ajouté Mansour.

Pendant ce temps, il y a eu une diminution notable du nombre d’éléments non réguliers que le Hezbollah envoie combattre en Syrie, notamment parmi les chômeurs qui se portent volontaires pour aller en Syrie pour toucher un salaire, a-t-il déclaré.

« Bien que le parti tente de profiter de la crise économique au Liban pour recruter davantage de ces jeunes, leur nombre est en baisse, signe d’un manque de confiance », a-t-il affirmé.

Mansour a déclaré que les funérailles des morts du Hezbollah se déroulent dans la discrétion, sans inviter les médias.

« Certains militants anti-Hezbollah essaient d’obtenir des copies des dossiers détenus par la Fondation des martyrs du Liban, car ils contiennent les chiffres réels des décès du Hezbollah et de la distribution des aides à leurs familles », a-t-il déclaré.

Ces dossiers révéleraient « le nombre réel de jeunes Libanais tués en Syrie après y avoir été traînés par le Hezbollah et le CGRI », a-t-il conclu.

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