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Des experts affirment que l'ONU doit prolonger l'embargo sur les armes en Iran

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Les restes des missiles iraniens qui ont frappé des installations pétrolières en Arabie saoudite sont montrés lors d'une conférence de presse du ministère de la Défense. [Photo fournie par le ministère de la Défense saoudien]

Un nouveau rapport présenté au Conseil de sécurité des Nations unies qui affirme que les missiles de croisière et les drones utilisés lors des attaques contre l'Arabie saoudite l'année dernière étaient « d'origine iranienne » donne des raisons de prolonger l'embargo sur les armes à destination de l'Iran, ont affirmé des experts à Al-Mashareq.

Ce rapport, présenté jeudi 11 juin au Conseil de sécurité par le secrétaire général des Nations unies António Guterres, a fait savoir que les missiles de croisière utilisés pour attaquer les installations pétrolières de Saudi Aramco en 2019 sont d'origine iranienne, a rapporté l'AFP.

Les missiles comportaient des pièces fabriquées ou exportées en Iran.

Le rapport a présenté un examen détaillé des débris d'armes utilisées dans les attaques contre une installation pétrolière saoudienne à Afif en mai, l'aéroport d'Abhaen juin et août, et les installations d'Aramco à Khurais et Abqaiq en septembre.

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La Marine américaine a trouvé des pièces de missiles et de drones sur un boutre iranien qui étaient similaires aux restes de missiles iraniens qui ont touché des installations pétrolières en Arabie saoudite. [US CENTCOM]

« Le secrétariat estime que les missiles de croisière ou leurs composants utilisés dans les quatre attaques sont d'origine iranienne », a indiqué le rapport.

Les drones utilisés dans les attaques de mai et septembre provenaient entièrement ou partiellement d'Iran, a précisé le rapport.

Les experts qui se sont entretenus avec Al-Mashareq ont déclaré que le rapport présente de nouvelles preuves condamnant le régime iranien et constitue une raison de prolonger l'embargo sur les armes à destination de l'Iran, conformément à la résolution 2231 de 2015 du Conseil de sécurité des Nations unies.

L'embargo sur les armes doit expirer en octobre.

Jusqu'ici, l'Iran a nié toute implication, et il a rejeté vendredi ces conclusions.

« Nouvelles preuves des crimes iraniens »

Le rapport du secrétaire général des Nations unies fournit davantage de preuves sur les crimes iraniens commis contre les pays de la région, a déclaré l'expert militaire saoudien Mansour al-Shehri à Al-Mashareq.

Les projets et les plans du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) constituent une menace fondamentale qui doit être contrée, a-t-il affirmé.

Les preuves présentées dans ce rapport sont conformes à des rapports américains précédents qui désignaient des composants de missiles similaires utilisés dans d'autres attaques, a-t-il ajouté, indiquant qu'il ne s'agit pas d'un incident isolé mais d'un schéma récurrent.

La réponse iranienne au rapport était prévisible, a-t-il déclaré, et reflète la façon dont le régime réagit aux réactions à ce qu'il fait, c'est-à-dire « par un déni total, des mensonges et de la désinformation ».

L'écrivain et analyste politique de l'opposition iranien Ali Narimani a déclaré à Al-Mashareq que le rapport de l'ONU présente de nouvelles preuves contre le régime iranien et confirme sa responsabilité dans les attaques menées contre plusieurs sites de la région.

Il démontre également que la question de l'armement et de la fabrication d'armes et de missiles constitue une réelle menace pour la paix au Moyen-Orient, a-t-il poursuivi.

Selon Narimani, le rapport présente des arguments convaincants pour la prolongation de l'embargo sur les armes imposé à l'Iran, qui doit expirer en octobre.

Le rapport pourrait également justifier l'imposition de sanctions sévères contre l'Iran pour l'infraction à la résolution de l'ONU sur l'embargo, a-t-il conclu.

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