Santé

Les Syriens d’un camp de la vallée de la Bekaa craignent la propagation du virus

Nohad Topalian à Beyrouth

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Dans le cadre d’une nouvelle campagne de dépistage du coronavirus, le HCR a testé 400 réfugiés syriens dans le complexe d’al-Uzai, en coopération avec le ministère de la Santé. [Photo fournie par le HCR]

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a isolé les réfugiés syriens infectés et mis en place des mesures préventives supplémentaires suite à une épidémie du nouveau coronavirus (COVID-19) dans un camp de la vallée de la Bekaa au Liban.

Après qu’un rapport du 26 mai eut confirmé que quinze réfugiés syriens avaient été infectés par le COVID-19 dans la ville de Majdal Anjar, la municipalité et le HCR ont commencé à effectuer des tests de dépistage du coronavirus dans tous les camps de réfugiés syriens.

Les quinze réfugiés syriens infectés de Majdal Anjar vivaient tous dans le même bâtiment, a déclaré à Al-Mashareq Dalal Harb, porte-parole du HCR.

« Depuis que ces infections ont été confirmées, le HCR a continuellement communiqué avec les personnes infectées pour veiller à ce qu’elles respectent les instructions du ministère de la Santé, y compris leur auto-quarantaine », a-t-elle précisé.

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Le ministère libanais de la Santé publique a testé 150 personnes au hasard à Majdal Anjar après que des infections au coronavirus ont été confirmées parmi les réfugiés syriens et les habitants de la ville. [Photo fournie par la municipalité de Majdal Anjar]

« Nous continuons à les suivre de près et à leur apporter le soutien nécessaire, en étroite collaboration avec le ministère et les autorités locales », a-t-elle indiqué.

« Le HCR et ses partenaires leur fourniront de la nourriture et du matériel de stérilisation pour les aider à satisfaire leurs besoins essentiels durant la période de quarantaine, sur la base du mécanisme que nous avons décrit dans le Plan de réponse au COVID-19 », a détaillé Harb.

Elle a ajouté que le HCR avait lancé une campagne de tests dans les camps et les abris de réfugiés en coopération avec le ministère de la Santé, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres autorités compétentes.

Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une campagne de dépistage plus large au niveau national, a-t-elle déclaré, et « elle se concentre sur les zones qui connaissent une forte concentration de réfugiés ».

« Des milliers » de personnes vont être testées dans les semaines à venir, a-t-elle fait savoir, précisant que le HCR « couvrira le coût des tests et des traitements pour 100 % des réfugiés infectés ».

Mesures de protection

Lorsque le Liban a signalé ses premières infections au COVID-19 en février, le HCR a « immédiatement commencé à mettre en place plusieurs mesures de prévention et de réponse pour protéger la santé de tous les réfugiés et des communautés libanaises », a déclaré Harb.

Des équipes de terrain vont sensibiliser les populations, notamment dans les camps de réfugiés et les abris collectifs, a-t-elle indiqué.

À ce jour, les organisations humanitaires ont pu atteindre les réfugiés dans 5020 camps et 441 abris collectifs, a rapporté Harb, « et leurs efforts se poursuivent ».

« Nous travaillons avec nos partenaires pour équiper et réhabiliter sept unités de confinement dans toutes les régions du Liban, en étroite collaboration avec les autorités », a-t-elle déclaré.

Ces unités serviront à ceux qui ne peuvent pas s’isoler chez eux, quelle que soit leur nationalité, a-t-elle ajouté.

Harb a également indiqué que le HCR s’efforce d’apporter du matériel et des fournitures médicales au Liban, et qu’il augmente la capacité de cinq hôpitaux publics.

Cela couvre le coût de 800 lits d’hôpital supplémentaires et de 100 lits en unités de soins intensifs, a-t-elle noté.

« État d’urgence »

Saeed Yassin, maire de Majdal Anjar, a déclaré à Al-Mashareq que les quinze Syriens infectés avaient été « placés en quarantaine chez eux ».

« Nous avons également fermé les entrées de la ville et déclaré l’état d’urgence, et nous envisageons maintenant une série de mesures pour imposer une quarantaine aux personnes qui ont été en contact avec les personnes infectées », a-t-il précisé.

Les responsables locaux ont contacté le HCR pour obtenir de la nourriture pour les personnes en quarantaine, a-t-il fait savoir, et ont effectué des tests de dépistage aléatoires dans 25 camps, où résident au total 25 000 réfugiés syriens.

Environ 2000 autres personnes vivant dans des immeubles résidentiels ont également été testées, a-t-il ajouté.

« Après que 60 infections ont été confirmées dans la ville, dont quinze sont des réfugiés syriens vivant dans un immeuble d’habitation, nous avons estimé que le danger se rapprochait de plus en plus de nous, habitants du camp», a déclaré Mizyad al-Ali, réfugié et responsable local du camp.

Son camp est situé près de Majdal Anjar et compte 40 tentes abritant environ 270 réfugiés syriens, a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

« Nous vivons dans la peur »

Al-Ali a déclaré que les familles syriennes au Liban « vivent dans la peur et prennent désormais le virus plus au sérieux qu’auparavant ».

« En tant que réfugiés, nous attendons des instructions supplémentaires du HCR et de la municipalité concernant la conduite de tests aléatoires, en particulier ceux d’entre nous qui ont été en contact avec des personnes infectées par le virus », a-t-il déclaré.

Omar Ibrahim, un réfugié syrien responsable d’un camp de Bar Elias, a indiqué à Al-Mashareq que les habitants du camp, qui comprend 50 tentes abritant 350 réfugiés, « savent à quel point le virus est dangereux ».

« Ils sont désormais très inquiets après la confirmation des infections à Majdal Anjar », a-t-il rapporté.

« Nous avons renforcé les mesures de prévention, de désinfection et de quarantaine, ainsi que les mesures de distanciation sociale pour empêcher que les gens se mélangent », a-t-il déclaré.

Selon le ministère de la Santé, le Liban a enregistré 1242 cas de COVID-19 depuis le début de la pandémie et 27 décès, a rapporté l’AFP.

Après des semaines de confinement, le gouvernement a annoncé dimanche 31 mai que les restrictions seraient assouplies cette semaine, notamment le couvre-feu, qui est repoussé de 19 heures à minuit.

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