Santé

Mise en place d’un centre médical par les Nations unies à Aden pour traiter les patients atteints du coronavirus

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

Un jeune portant un masque vend des masques dans une rue de la ville yéménite d’Aden le 17 mai, alors que l’on craint que le coronavirus ne se propage sans entrave dans cette ville. Les décès à Aden sont cinq ou sept fois plus nombreux que la normale, indiquent une ONG et des médecins. [Nabil Hasan/AFP]

Un jeune portant un masque vend des masques dans une rue de la ville yéménite d’Aden le 17 mai, alors que l’on craint que le coronavirus ne se propage sans entrave dans cette ville. Les décès à Aden sont cinq ou sept fois plus nombreux que la normale, indiquent une ONG et des médecins. [Nabil Hasan/AFP]

Une équipe des Nations unies est arrivée à Aden jeudi 28 mai pour mettre en place une unité médicale intégrée pour lutter contre la pandémie du nouveau coronavirus (COVID-19).

Suite à la coordination avec des organisations des Nations unies et aux appels lancés par le gouvernement à la communauté internationale pour soutenir le secteur sanitaire en difficulté du Yémen, la première équipe d’experts va commencer à planifier la mise en place d’une unité médicale de 100 lits, a fait savoir Nasser Baum, ministre yéménite de la Santé et de la Population.

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a passé un contrat avec Aspen Medical, un fournisseur mondial de solutions de soins de santé d’urgence, visant la création de cette unité, qui comprendra une unité de soins intensifs pour traiter les cas de coronavirus, a-t-il indiqué.

Le ministère de la Santé à Aden mettra toutes les installations médicales à la disposition de cette équipe médicale pour lui permettre d’accomplir ses missions, a déclaré Baum.

Il a souligné l’engagement du gouvernement à fournir « tout le soutien et l’assistance nécessaires aux Nations unies et aux organisations régionales pour la mise en œuvre de divers programmes au Yémen ».

Le nombre d’infections au coronavirus au Yémen a atteint 323 cas, dont 80 décès au 1er juin, selon la Haute Commission d’urgence pour la lutte contre le COVID-19.

Un secteur de la santé en difficulté

Le secteur de la santé du Yémen exige des efforts concertés de la communauté internationale et des organisations des Nations unies pour l’aider à lutter contre la pandémie de coronavirus, a expliqué Eshraq al-Sebai, porte-parole de la commission d’urgence.

« Malgré quelques interventions d’organisations [onusiennes] et l’aide qu’elles ont apportée au secteur de la santé, celui-ci est toujours incapable de faire face au nombre croissant de cas confirmés », a-t-elle déclaré à Al-Mashareq.

« Les chiffres ne reflètent même pas avec précision l’étendue de la propagation du virus, car ses symptômes sont similaires à ceux des maladies fébriles qui sévissent à Aden et dans d’autres provinces du sud », a-t-elle poursuivi.

Le nombre officiel d’infections confirmées « ne représente que le nombre de patients qui sont venus dans les centres de confinement et ont été testés, car seuls ceux qui présentent des symptômes sont testés », a indiqué al-Sebai.

« Il n'y a pas assez de centres de confinement sanitaire, et le nombre de kits de test est insuffisant », a-t-elle ajouté.

Le nombre quotidien de décès dus aux coronavirus à Aden est « élevé, et une fois que nous aurons testé tous ceux qui sont morts, nous serons en mesure de déterminer à quel point la situation est catastrophique et de connaître l’étendue réelle de l’épidémie », a-t-elle déclaré.

« La situation est plus grave dans les zones contrôlées par les Houthis », a-t-elle précisé, qui ont été accusés de dissimuler l’étendue de la pandémie dans ces zones.

« Cela conduira à une catastrophe sanitaire, car ils ne traitent pas la question sérieusement », a-t-elle ajouté.

La prévention est cruciale

Le ministère de la Santé déploie des efforts pour lutter contre la pandémie en coopération avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres organisations, a-t-elle fait savoir.

« Mais cela ne suffit pas, et les citoyens doivent respecter les mesures de distanciation sociale, car la prévention vaut mieux que le traitement, d’autant plus qu’il n'existe pas de traitement pour les personnes infectées par ce virus », a déclaré al-Sebai.

« Le nombre de morts à Aden est élevé, et il n’est pas possible de déterminer la cause de tous ces décès, dont on dénombre plus de 1000 au mois de mai », a indiqué Mohammed Rubeid, directeur général adjoint du Bureau de la santé et de la population à Aden.

« Si des tests deviennent disponibles et que des enquêtes sont menées, nous serons en mesure de déterminer la cause [des décès], qu’il s'agisse du coronavirus ou d’autres maladies fébriles, et de prendre des mesures pour réduire le nombre de décès », a-t-il conclu.

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