Réfugiés

Des réfugiées syriennes font des affaires au Liban

Nohad Topalian à Beyrouth

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La réfugiée syrienne Amna Bakkar a créé sa propre entreprise après avoir suivi un cours proposé par Semeurs d'Avenir, ouvrant une boutique dans le camp d'al-Rihaniyah, dans la localité d'al-Mouhammara, dans le gouvernorat de l'Akkar. [Photo fournie par Semeurs d'Avenir]

Depuis une modeste pièce équipée de deux machines à coudre, Husan Mohammed Tohme travaille sur une commande de rideaux de soie, s'empressant de finir pour pouvoir commencer à concevoir et coudre des tissus d'ameublement.

Cette mère de trois enfants et réfugiée syrienne originaire de Homs a expliqué à Al-Mashareq qu'elle ne s'attendait pas à ce que son déplacement dans la région de Miniyeh près de Tripoli l'amène à lancer sa propre entreprise.

Elle gagne maintenant un revenu qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille, a-t-elle poursuivi, et a pu jusqu'à présent mettre de côté les bénéfices pour une future expansion.

Tohme doit son succès à Semeurs d'Avenir, une organisation non gouvernementale libanaise qui, selon elle, l'a guidée « avec une formation sur la création et la gestion efficace d'une entreprise ».

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Amna Bakkar a ouvert un stand de nourriture, puis un magasin qui vend des vêtements et propose des services d'esthétique et de mariage. [Photo fournie par Semeurs d'Avenir]

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La réfugiée syrienne Husan Mohammed Tohme a ouvert un atelier de couture chez elle après avoir acquis de l'expérience grâce à un cours dispensé par les Semeurs d'Avenir. [Photo fournie par Semeurs d'Avenir]

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Avec deux machines à coudre chez elle, Husan Mohammed Tohme est en mesure de subvenir aux besoins de sa famille et d'économiser une partie de ses bénéfices pour de futurs investissements. [Photo fournie par Semeurs d'Avenir]

Au Liban, a-t-elle fait savoir, « j'ai décidé d'aider mon mari à assurer nos dépenses quotidiennes, et j'ai utilisé ma modeste expérience en couture pour trouver du travail dans des ateliers de menuiserie et de tapisserie et des salles d'exposition de meubles en échange d'un salaire mensuel ».

« J'ai acquis de l'expérience dans la couture et j'ai appris le design et la manière de traiter avec les clients », a-t-elle rapporté, ajoutant qu'elle rêvait d'avoir sa propre entreprise.

Un jour, elle a lu par hasard un avis affiché sur les réseaux sociaux par Semeurs d'Avenir et l'Institut européen de coopération et de développement (IECD) annonçant une formation sur la création d'entreprise.

« Je les ai contactés et me suis inscrite au cours », a-t-elle raconté, et en quelques semaines, j'avais appris à créer une petite entreprise, à tenir une comptabilité, à interagir avec les clients et les commerçants, et à bâtir une entreprise rentable.

« J'ai terminé la formation et j'ai ouvert mon propre atelier de couture à la maison, que j'ai équipé de deux machines à coudre », a-t-elle déclaré. « Je couds des rideaux et des tissus d'ameublement pour les commandes que je reçois des commerçants, des propriétaires de salles d'exposition et des tapissiers. »

Tohme, qui fait également des visites à domicile pour prendre les mesures pour les rideaux et les tissus d'ameublement, a élargi le champ de son activité pour y inclure la couture de linge de lit et de salle de mariage, y compris les housses pour les tables et les chaises et les rideaux.

« Ce que j'ai appris avec l'aide de l'organisation m'a donné l'espoir de construire un avenir sûr pour moi et ma famille », a-t-elle déclaré.

Soutien aux petites entreprises

Semeurs d'Avenir intervient depuis 2012 sur l'ensemble du territoire libanais en partenariat avec l'IECD, notamment dans les communautés à faibles revenus accueillant des réfugiés syriens.

Elle gère plusieurs programmes, a expliqué à Al-Mashareq Hanaa Amin, directrice du projet de soutien aux petites entreprises, « dont un pour soutenir et suivre les progrès des petites entreprises, former les nouveaux propriétaires d'entreprises et surveiller leurs progrès ».

Les deux organisations « dispensent une formation de base en administration des affaires aux petites entreprises de Tripoli et offrent une formation entrepreneuriale aux nouveaux entrepreneurs dans le but d'améliorer leur situation économique », a-t-elle fait savoir.

À travers ces efforts, elles visent également à créer des opportunités d'emploi, a-t-elle ajouté.

Le programme de soutien aux petites entreprises offre des compétences de base en matière de gestion, telles que l'élaboration d'une stratégie de création et de lancement d'une entreprise, l'identification d'un site, la réalisation d'une étude de marché et la gestion du marketing et de la comptabilité.

Il vise à soutenir les petites entreprises « et il n'y a pas de critères spécifiques pour la sélection [des stagiaires], car il est ouvert à tous ceux qui veulent créer leur propre entreprise », a indiqué Amin.

Création d'une entreprise dans un camp

Amna Bakkar, une réfugiée d'al-Miryata, dans la région de Qusayr de la province syrienne d'Homs, vit aujourd'hui dans le camp libanais d'al-Rihaniyah à al-Mouhammara

Grâce à la formation des Semeurs d'Avenir, a rapporté Bakkar à Al-Mashareq, elle gère maintenant sa propre entreprise dans le camp et la développe constamment.

« Je vis avec la famille de mon mari dans le camp d'al-Rihaniyah depuis neuf ans dans des conditions très difficiles », a-t-elle déclaré, précisant que son mari souffre d'une maladie chronique.

« J'ai travaillé très dur pour développer mes compétences et mes qualifications en m'inscrivant à des cours, dont le plus récent est celui proposé par les Semeurs d'Avenir », a-t-elle déclaré.

« J'ai terminé la formation et j'ai utilisé 20 000 livres libanaises (13 dollars) afin d'ouvrir un stand pour vendre des fèves bouillies aux enfants du camp », a-t-elle déclaré. « J'ai ensuite ajouté des chips et des biscuits. »

Elle a réaménagé son stand pour vendre « des vêtements, des bâches, des couvertures » et d'autres fournitures pratiques, et « a ensuite ouvert [sa] propre boutique à l'intérieur du camp et y a ajouté de nombreux articles, notamment des vêtements à bas prix pour hommes, femmes et enfants ».

Bakkar consacre également une partie de son magasin à la coiffure et au maquillage, répondant aux besoins nuptiaux des femmes du camp.

Ce cours lui a appris « comment fixer le prix et commercialiser les articles, traiter avec les commerçants et tenir sa comptabilité », a-t-elle conclu. « J'ai beaucoup d'expérience que j'espère mettre à profit dans mon pays à notre retour. »

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