Santé

Le CGRI a contribué à la diffusion du COVID-19, affirment des experts

Sultan al-Barei à Riyad

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Un avion de Mahan Air sur le tarmac de l'aéroport de Damas. Selon les experts, l'Iran utilise cette agence privée pour transporter des armes, du matériel militaire et des combattants étrangers vers diverses zones de conflit au Moyen-Orient. [Photo fournie par Mohammed al-Abdoullah]

En contournant les passages officiels aux frontières et les procédures pour déplacer des miliciens dans la région, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien pourrait avoir accéléré la propagation du nouveau coronavirus (COVID-19), ont estimé des experts.

« Le CGRI transporte des activistes de toutes nationalités en Syrie et en Irak à bord d'avions civils et par voie terrestre et maritime de manière illégale », a indiqué le chercheur en affaires iraniennes Sheyar Turko à Al-Mashareq.

Beaucoup de ces miliciens sont transportés discrètement, soit par des passages illégaux, soit sans être soumis aux procédures officielles du gouvernement, a-t-il fait savoir.

« Des groupes de recrues de la région du Golfe et des pays arabes se rendent également en Iran, en Irak ou au Liban pour suivre un entraînement militaire dans les camps du CGRI sans que leur passeport ne soit tamponné à l'arrivée ou au départ », a rapporté Turko.

Ce non-respect de la procédure établie vise à « maintenir le secret de leur affiliation et à empêcher les autorités locales de tracer leurs visites dans ces camps », a-t-il expliqué.

« Les autres moyens comprennent l'infiltration par mer dans des bateaux rapides, par des passages sur terre dans des convois militaires ou à bord d'autobus et en empruntant des vols iraniens », qui sont connus pour avoir échappé aux contrôles de sécurité en Syrie, au Liban et en Irak, a-t-il déclaré.

Contournement des dépistages de santé

Pour empêcher la propagation du COVID-19, de nombreux pays ont mis en place « des procédures strictes de dépistage médical à leurs frontières et dans leurs ports terrestres, maritimes et aériens », a déclaré le Dr Jamil al-Masoudi, responsable de terrain au ministère saoudien de la Santé.

L'objectif est d'identifier les voyageurs qui sont infectés ou qui présentent des symptômes d'une possible infection afin de prendre les mesures nécessaires, telles que le traitement, la surveillance ou la quarantaine, a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

En contournant ces procédures, les déplacements du CGRI au Moyen-Orient et dans les pays du Golfe « mettent en danger la sécurité sanitaire de ces pays », a-t-il affirmé.

Il a souligné que « le CGRI utilise ses propres moyens de transport pour déplacer les conscrits et les activistes entre l'Iran et d'autres pays où il a des filiales, comme l'Irak, le Liban et la Syrie ».

Cela augmente la probabilité que le virus se propage dans la région sans être détecté, et « se transmette d'une personne à des dizaines d'autres », a-t-il indiqué.

Un autre facteur qui pourrait contribuer à la propagation régionale du virus sont les « visites effectuées par certains des conscrits et miliciens sur les sites sacrés, qui sont des zones très densément peuplées », a-t-il déclaré.

Al-Masoudi a accusé l'Iran de gérer l'épidémie de coronavirus « avec une grave négligence qui a conduit à sa diffusion à grande échelle dans toutes les provinces iraniennes ».

« Les autorités ont gardé le silence sur le nombre d'infections et de décès jusqu'à la fin des élections législatives », a-t-il noté.

Ce retard dans le signalement a permis au virus de se propager à grande échelle, a-t-il fait remarquer.

Premiers cas liés à l'Iran

« Il a été confirmé que les habitants de nombreuses régions du Golfe ont été infectés par le coronavirus après des voyages en Iran », a déclaré le journaliste syrien Mohammed al-Abdoullah à Al-Mashareq.

Les premières infections signalées dans la province saoudienne de Qatif, au Bahreïn et au Koweït ont été attribuées à des personnes qui se sont rendues en Iran dans le cadre de pèlerinages religieux ou pour d'autres raisons, a-t-il rapporté.

Les autorités saoudiennes ont bouclé la province de Qatif après qu'il eut été confirmé que beaucoup de ses habitants s'étaient rendus en Iran récemment, a-t-il noté.

« Le danger est toujours là, car le nombre réel de personnes qui se sont rendues en Iran n'est pas connu, étant donné qu'elles ne parlent pas de ces visites de peur d'être harcelées par les autorités de sécurité », a déclaré al-Abdoullah.

Ceci en dépit des assurances données par les pays concernés « que leur sécurité et celle du grand public est ce qu'il y a de plus important et passe avant toute autre préoccupation », a-t-il ajouté.

Les milices soutenues par le CGRI comprennent des combattants de pays tels que le Pakistan, l'Afghanistan, le Yémen, le Liban, l'Irak et la Syrie, a-t-il déclaré, et le CGRI gère de nombreux camps d'entraînement et sites militaires où se côtoient nombreuses nationalités.

Cela renforce grandement « la probabilité que les personnes infectées transmettent le virus à d'autres », a affirmé al-Abdoullah.

Ces combattants retournent ensuite dans leur pays sans subir aucun contrôle ou test médical, et y transmettent le virus, a-t-il ajouté, facilitant ainsi la propagation du virus sur de vastes zones géographiques.

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